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Toujours essayer de mieux faire !

Mardi 6 février 2007

SonarC’est l’hiver et nous avons à faire face à plusieurs interventions spécifiques et difficiles. L’eau est à 5 ou 6°C et le courant est fort.

Première demande : la Brigade Criminelle nous a saisi. Il faut rechercher une voiture dans le canal Saint-Denis. Rien ne prouve qu’elle ne soit immergée là mais les pistes ont conduit les enquêteurs dans les parages. Il s’agit de « fermer les portes », comme on dit en « langue police ». Cela signifie qu’il n’y a aucune certitude que la voiture ait été immergée et encore moins qu’elle soit dans cette zone. Néanmoins, on doit s’en assurer et explorer toutes les pistes. Nous avons donc plongé dans la zone décrite par la Brigade Criminelle. Dans ces cas là, les enquêteurs nous accompagnent la première fois sur zone puis nous continuons seuls les jours voire les semaines qui suivent, tant que nous n’avons pas couvert la zone ciblée, tout en informant la Crim’.

Mais, chercher un objet dans une telle zone, même une voiture, revient àSonar chercher une aiguille dans une meule de foin. En effet, les recherches se font au toucher car à l’aveugle. C’est long et fastidieux. Alors, nous sommes toujours à l’affût de nouvelles techniques et de nouveaux matériels qui pourraient nous faciliter la tâche. En effet, nous sommes souvent démarchés par des commerciaux vantant (et vendant) des matériels de haute technologie. Ce qui marche à la Fluv’ peut être considéré comme solide et performant, vu le régime que nous appliquons à nos matériels (pneumatiques, combinaisons de plongée…). En plus, c’est porteur pour ce qui est de la réputation. Nous sommes également de fervents visiteurs du salon Milipol. Récemment, on nous a présentés un sonar de petite taille pouvant être mis en œuvre par un plongeur seul, sous l’eau, ou à couple d’un bateau, en quelque sorte à la traîne. Cet appareil reconstitue une image presque similaire à une image vidéo, à partir de relevés acoustiques. Le résultat est très intéressant. Nous avons donc sollicité le fournisseur pour faire un test grandeur nature et chercher la voiture. Nous en avons trouvé quelques unes mais pas la bonne.

Deuxième mission : une jeune femme s’est jetée dans la Seine en pleine nuit dans Paris. Malgré une intervention très rapide de notre part et des pompiers, elle a sombré. Les recherches entreprises immédiatement dans la zone présumée du saut sont restées vaines. Le courant est très fort et l’eau très sombre en cette période. Il n’est pas possible de savoir exactement où le corps a dérivé. Il peut avoir coulé à pic ou avoir dérivé quelques temps avant de couler. Ce n’est pas une science exacte. Il n’y a que dans la série « Les Experts » qu’ils arrivent à déterminer exactement où est allé un corps dérivant sur plusieurs kilomètres. Nous faisons alors de nouveau appel au sonar. La zone couverte ne recelait pas le corps. C’est dommage car nous aurions préféré pouvoir remettre le corps à la famille. Mais nous allons continué avec nos méthodes traditionnelles dès que nous pourrons plonger en sécurité tout en assurant les missions nouvelles qui ne manquent pas de survenir.

P.S : Entre temps, nos collègues de Valence m’ont appelé pour savoir si le sonar donnait de bons résultats. Ils ont alors sollicité la société pour les aider dans leurs recherches du petit garçon disparu à Valence aux alentours des rives du Rhône.


21 réponses à “Toujours essayer de mieux faire !”

  1. ulievka a dit:

    Bonjour Michel!

    Quel courage et quel entrainement pour plonger dans de telles eaux!! Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça illustre l’expression « donner de sa personne »!

    Cela semble judicieux de partager ses expériences liées au matériel, le faites-vous aussi avec les services de l’Armée ou est-ce plus cloisonné?

    Lorsque vous opérez sur un canal, comment cela se passe au niveau de la circulation fluviale? Tout est arrêté?

    En souhaitant que vos recherches soient productives, je vous souhaite bon courage. Prenez soin de vous!

  2. parisienne a dit:

    quel exploie je narriverai jamais a sa jai 15ans et serieu je souhaiterai devenir comme vous c est 1 travaille qui vau la peine

  3. Michel de la Fluv' a dit:

    pour Ulievka :
    Bien sûr que le « bouche à oreille » fonctionne entre les différentes administrations. Mais ce sont plus les techniciens qui se mettent en contact pour échanger leurs expériences que des rendez vous bien précis entre Armée Police Gendarmerie ou Pompiers par exemple. Toutefois des politiques de mutualisation de moyens peuvent se mettre en place. C’est ce qui est en train de se passer en les Pompiers de Paris et nous. Pour certains domaines nous allons mutualiser nos moyens pour essayer d’être plus efficaces (et aussi pour des raisons évidents de coûts).
    Mais les besoins des militaires ou d’autres ne sont pas toujours similaires aux notres car nos missions finales ne sont pas les mêmes. Par exemple les nageurs de combat ont besoin de matériels très spécifiques non détectables quand ils vont faire des actions commando (pas de bulle sous l’eau, pas de détection magnétique…). C’est du matériel très cher qui nous serait inutile.
    Pour ce qui concerne l’arrêt de la navigation, nous essayons de le faire qu’en cas d’extrême nécessité car il y a une activité commerciale et il est délicat de couper un canal toute une après midi. Nous avisons par radio les mariniers de ralentir et de passer loin du plongeur quand c’est possible. De toute façon le plongeur ne remonte jamais quand il entend des bruits de moteur.

  4. ulievka a dit:

    Bonjour Michel!

    Merci pour votre réponse rapide!

    J’aimerais savoir comment on intègre la brigade fluviale. Faut-il être déjà plongeur et averti avant? Existe-t-il des tests particuliers pour y être intégré?

    De plus, est-ce que vous enquêtez sur des affaires de trafique de stupéfiants, de produits non déclarés ou autres? Comment intervenez-vous, seuls ou avec d’autres types de brigades?

    En fait, je ne vous connais pas assez et suis curieuse de découvrir vos différentes activités. A bientôt et bon courage.

  5. Michel de la Fluv' a dit:

    pour ulievka :
    pour votre première question lire mon article « comment intégrer la Brigade Fluviale » et pour les barêmes voir la réponse faite à Clément dans l’article « un verre… ».
    pour ce qui est de la 2ème question, nous intervenons seuls pour les missions qui sont de notre compétence : police de la navigation, procédures d’accidents, sauvetage…
    Pour les recherches judiciaires nous intervenons à la demande des services de police judiciaire enquêteurs. Bien sûr comme tout policier agent ou officier de police judiciaire nous serions juridiquement apte à faire des stups ou des vols etc…
    Mais s’il existe des services spécialisés c’est bien qu’il y a une raison : on ne peut être bon partout quand il s’agit d’affaires importantes.
    Il y a aussi des commissariats généralistes où l’on traite toutes sortes d’affaires mais d’importance moindre que celles traitées par les services spécialisés. Et c’est dans ces services qu’on a tous débuté et qu’on apprend le métier.
    Quand j’étais aux stups (voir 1er article) je faisais du stup et c’était bien assez !
    Maintenant nous pouvons bien sûr donner un coup de main à tous les services si nos moyens particuliers peuvent leur être utiles.

  6. ulievka a dit:

    Quelle réactivité! J’ai ainsi toutes les informations nécessaires… Merci beaucoup!

  7. Alexandre futur policier a dit:

    bonjours jaimerai renté dans la police national cé un metier trop bien

  8. Xavier a dit:

    Enfin !

    Je viens d’integrer l’ENPP et en tant que Maitre Nageur titulaire de BEESAN et Moniteur de premiers secours, je souhaite integrer depuis toujours votre brigade.

    Les tests de selections et les postes disponibles sont-ils frequents ?

    Merci pour ce blog et à bientôt.

    Xavier

  9. civelle a dit:

    Bonjour !

    Je me pose une question un peu simple , mais peut-être pourriez vous me répondre : quelle conduite conseillez vous aux témoins de tenir,en cas d’homme à l’eau, en dehors de vous prévenir?(je me permet de poser la question parce que je ne sais pas quelle durée l’on peut nous tenir, sans protection, dans une eau à 7-10°, au milieu d’un traffic fluvial un peu dense ? mais sans doute vaut il mieux se jeter à l’eau!)

    Je me demandais aussi si vous pouviez peut-être expliquer de quelle facon vous procédiez ?Faites vous traiter cette personne par le personnel médical sur votre bateau, où prenez vous le temps de le débarquer?(C’est parce que les berges ne semblent pas faciles d’accès, peut être avez vous des endroits prévues à cet effet, dans diverses zones?).

    Et encore une question bête !(la dernière) :pourquoi ne trouve-t-on pas à proximité des piles de pont(où peut-être dessous, si c’est trop génant au dessus), des bouées des sauvetage, comme l’on trouve sur les ports, où de boitiers émetteurs pour vous joindre? (Comme remonter une berge ne doit pas être évident,attendre avec un poids doit peut-être être plus facile dans l’eau?!),

    Bon courage à vous, et merci!!

  10. Michel de la Fluv' a dit:

    pour Xavier :
    il y a au moins un recrutement par an parfois deux. Les conditions ont été précisées dans un de mes précédents articles mais en résumé il faut être affecté à la Préfecture de Police et être titulaire.

  11. Michel de la Fluv' a dit:

    pour Civelle :
    Bien sûr la première chose à faire lorsqu’on aperçoit une personne à l’eau est de prévenir les services de secours. Sur tous les ponts de Paris sont apposées des plaques avec les coordonnées de la Fluv’ et des Pompiers. C’est très important. Maintenant un témoin doit-il se jeter à l’eau ? Tout est dit dans l’article 223-6 du Code Pénal (site Légifrance). En résumé on doit porter assistance sous peine de poursuites mais SANS SE METTRE SOI MEME EN DANGER. Tout est là. Se jeter à l’eau, certes mais sans se noyer soi-même. Alors vous pensez bien que je ne peux vous définir une doctrine stricte. Ce que je peux dire c’est qu’il faut faire tout son possible pour aider cette personne. Mais on ne peut exiger qu’un quidam saute systématiquement à l’eau. On a vu quelquefois une personne qui avait fait le pari de nager en Seine se trouver en difficulté, un témoin sauter à l’eau pour l’aider. Et finalement le témoin s’est noyé et le nageur stupide s’en est sorti.
    Pour ce qui est des bouées, pendant longtemps elles ont été présentes sur les ponts. Mais jeter une bouée à une pesonne qui dérive n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Et puis à notre époque laisser des bouées très accessibles est assez compliqué vu le vandalisme ambiant. Idem pour d’éventuels émetteurs qui seraient d’ailleurs inutiles car tout le monde a un portable. On le constate sur les autoroutes où les bornes oranges (pourtant plus adaptées) sont moins utilises que les portables.
    Enfin, pour ce qui est du traitement de la victime, tout dépend de son état, de sa température, etc. Elle peut être débarquée au plus près d’un endroit accessible à une ambulance ou transférée directement à l’hôptial Georges Pompidou par notre bateau « sanitaire » (cf articles précédents).

  12. kathy a dit:

    Mes encouragements à vous tous, pour le beau métier que vous exercés !!
    Polynésienne et française de 30 ans habitant à Tahiti depuis toujours!
    Je tenais par ce message à vous renouveler toute ma fascination quant au boulot que vous exercés!
    En effet, hier soir j’ai suivi un reportage sur votre brigade qui a été rediffusé sur nos antennes télévisées, tardivement c’est sur, mais à mon grand plaisir, puisque j’été scotchée à mon poste de télévision tellement j’été captivée par le reportage.
    Ce que vous faites, va au delà de la profession, je pense notament à cette passion qui vous anime tous, et qui est celle de sauver la vie d’autrui !!!
    Certes, plonger dans les eaux de la seine, n’a rien à voir avec la plongée dans les lagons de Polynésie, mais permettez moi de vous dire que vous effectuer un travail noble, et que bons nombres de citoyens français vivant en Polynésie admirent ce que vous faîtes.
     » Faaitoito et Maururu » à tous !!! ce qui veut dire Bon courage et merci à tous !!!

    Bien amicalement, une polynésienne française de Tahiti

  13. Lolo a dit:

    Salut

    Comment déterminé un corps d’une souche, ou de tout autre objet se trouvant dans la seine ? Pour la voiture je peux comprendre, le réponse sonar doit être claire, mais pour une victime se trouvant au fond de l’eau ?! A chaque doute il faut aller voir, n’est ce pas fastidieux ?

    Sinon heureux d’avoir des nouvelles… Bjr aux OPJ…

    ex de l’uct

  14. Michel de la Fluv' a dit:

    pour Lolo :
    Ce sonar bien qu’acoustique, recontitue pratiquement une image. On distingue donc un corps d’un objet et le plongeur ne s’immerge que lorque c’est nécessaire. Mais cette méthode n’est utilisée que lors de longues recherches car elle est assez contraignante à mettre en oeuvre. Lorsqu’il y a une petite zone à couvrir, le plongeur reste la bonne solution car plus rapide à mettre en oeuvre.

  15. Lolo a dit:

    ok merci ;-)

  16. mission recrutement a dit:

    Bonsoir mon capitaine. Merci pour le Chat de lundi et pour le déj. Vivement la Foire de Paris! mp :-)

  17. sab77 a dit:

    bonjour Capitaine
    voila je suis adjoint de securité et j ai obtenu le concours de Gardien de la Paix Versailles et Paris et je voudrais me renseigner pour les depart en école,
    je suis maman de deux enfants et mes petits bout de chou veulent en savoir plus du depart de leur maman.
    super votre blog bisous a tous et bonne continuation

  18. Vincent a dit:

    Bonjour Michel,

    Toujours très intéresé par votre unité, j’attend mon affectation en école (Lyon).

    En attendant je suis sur le point d’amorcer ma formation niveau 4 du côté de Thonon les Bains.
    Ma question est la suivante : avant de m’engager financièrement je souhaite savoir si une fois dans l’administration et ou dans votre unité il est possible de suivre une formation N4.
    Pouvez-vous me répondre précisement car je dois attaquer dimanche 1 avril pour passage de l’examen les 2/3 juin.

    Merci et à très bientôt.

  19. Michel de la Fluv' a dit:

    Pour Vincent :
    Pour ce qui concerne la Fluv’, il y a des tests d’entrée (voir articles et réponses antérieurs). Une fois recrutés les plongeurs sont formés, en partie à Paris en partie à Antibes au sein de l’école de plongée de la gendarmerie, encadrés par des moniteurs « police ». cette formation a lieu en deux étapes, l’une donnant une équivalence N2 la seconde l’équivalence N4.
    Au RAID ou chez les CRS des stages ont également lieu qui amènent également au N4.
    Mais quand on est passionné, on ne compte pas toujours sur l’administration…

    Pour Sab 77 :
    Les affectations en école se font dans toute la France. Il est difficile de préciser la la date et le lieu d’entrée en école. Votre DRRF pourra vous renseigner utilement.

  20. chanteloup a dit:

    bonjour,je suis actuellement élève gardien a l’ENP de ROUBAIX . Avant j’étais moniteur de plongée et la brigade fluvial me passionne,j’aimerai intégrer la Brigade.
    Que dois-je faire? merci

  21. sport_920 a dit:

    Bonsoir michel,
    Je désire savoir comment devenir maître nageur sauveteur à la police nationale.
    Est-ce que c’est l’école de police qui forme pour la délivrance de ce diplôme , sinon faut-il déjà posséder ce titre et intégrer le ministère.
    Quelles – sont les procédures pour intégrer ce diplôme (après combien nombre d’années).
    Merçi de la réponse.

    Natacha



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