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…/… Bilan immédiat 7 interpellés, pas d’incidents.
Nous les rassemblons pour que les Officiers de Police Judiciaires via le truchement des traducteurs puissent leur notifier les droits propres à toute personne placée en garde à vue –Avis Avocat, Avis Famille, Droit à un examen médical-. L’odeur est difficilement soutenable, des mares croupies se dégagent des effluves improbables. Le linge encore détrempé pend sur des semblants de lignes électriques détournées (ce type de branchement illégal très dangereux motive des opérations menées avec EDF comme nous en ferons une jeudi prochain).
Le chien des douanes renifle partout en faisant l’aspirateur (par ces chaleurs il ne peut pas travailler pendant plus de 30 minutes…), il va découvrir quelques cailloux (doses de crack), un peu d’herbe de Marijuana mais rien de probant nous avons heureusement un dossier de surveillances en béton.
Nous découvrons du matériel HIFI volé (les cambriolages sont encore trop nombreux ici, nous devons mettre en insécurité permanente les receleurs). Madame T substitut du Procureur qui est présente sur place, tient dans ses bras un nourrisson, c’est l’enfant de la jeune femme qui se trouvait dans l’appartement qui m’avait été assigné en objectif. Tout est fouillé de façon systématique, c’est long, c’est sale, cela me rappelle les lieux les plus sombres du 9.3. C’est une plongée dans un livre de Zola !
40 minutes plus tard nous quittons la place, une quinzaine de squatteurs nous attend lorsque nous regagnons les véhicules, pas d’animosité dans leur regard, ils savent qu’ils ont échappé aujourd’hui à cette opération ! Je m’arrête quelques instants près d’un infirme en fauteuil, c’est un maillon essentiel de ce trafic, il a une résidence de haut standing dans un pays limitrophe, il sait que je sais… cela nous autorise des échanges francs, je lui indique que nous reviendrons pour lui prochainement ! – ce qui s’est confirmé trois semaines après avec la destruction de son squatt dans le cadre d’un arrêté municipal -
Nous jetons les gilets pares balles dans les véhicules, ils sont à tordre ! Nous les portons le plus souvent possible, mais parfois lorsque nous rentrons au service il nous arrive de les ôter quelques minutes tellement il fait chaud dès le début de matinée. Les housses s’usent si vite que certains sont rafistolés artisanalement avec des velcros ! A quand un gilet pare balle à port apparent ?! – Olivier cette question s’adresse bien à toi
– Le thermomètre affiche 37 et le véhicule est à l’ombre !
Je vide une bouteille d’eau, l’acclimatation est un peu difficile, je suis admiratif devant certains de mes effectifs qui arrivent à supporter ces chaleurs sans sourciller. J’ouvre ma portière, l’homme au fauteuil se rapproche de notre véhicule, il me regarde et d’une voix à peine perceptible me lance à la volée
« Chef tu as la montre, moi j’ai le temps… !». Il n’est pas menaçant juste philosophe.
12H30 dans un premier temps je raccompagne madame le substitut au TGI qui est face à notre commissariat, la radio crache un vieil air de musique Cubaine qui me laisse indifférent. Puis arrivé au service, je demande au Commandant de la Brigade de Sureté Urbaine de rédiger le TG – télégramme d’information pour aviser la DCSP du résultat de l’opération – cela paraît pesant mais l’information et sa remontée sont des éléments essentiels pour mener une action concertée et cohérente. Ce qui n’est pas rédigé n’existe pas pour notre Direction d’Emploi, c’est aussi le rôle du Commissaire de Police que de veiller au respect de cette chaine d’avis successifs.
12H45 l’opération squat est terminée, peu de matière saisie mais nous avançons pas à pas vers la réhabilitation de ce quartier. C’est à l’insécurité de reculer pas à la police ni à la population majoritairement respectueuse des lois de la République !
J’arrive dans le bureau du Directeur Départemental, je lui rends compte – je l’informe – entre deux bouchées de sandwich, du résultat de la matinée. Petit passage par notre secrétariat pour vérifier les appels urgents, je retourne ensuite dans mon bureau distant de quelques mètres, je pose mon arme dans le coffre en attendant la prochaine sortie. Je vois que depuis ce matin mes parapheurs se sont multipliés, un sourire, un soupir, le téléphone sonne, c’est reparti.
J’attrape mon stylo d’une main, mon tampon patronymique de l’autre avec une seule ambition traiter cette pile avant 14h puis passer à autre chose de plus motivant. Mon dieu plus d’encre!
Un problème en chasse un autre
, dire qu’il y a dix minutes j’étais sur la voie publique avec des préoccupations d’une autre importance. Je change machinalement la cartouche, -rechargement tactique comme au stand – mais non cette fois plus question de 9MM à introduire dans un chargeur de 15, c’est juste de l’encre pour mon plume ! Voilà la vraie richesse de mes journées de policier, comme le dirait très justement Aurélien F « Un commissaire de police se doit d’être polyvalent … »!!!
Ici Cayenne à vous la métropole !
A bientôt
Joël
*PS : Les protagonistes interpellés lors de cette descente en Juillet sont passés en jugement il y a peu. Bilan pour eux, de lourdes peines prononcées allant de 1 à 4 ans de prison ferme.


Jeudi 12 novembre 2009 à 15:39
Bonjour Monsieur,
Je m’interroge.
Je me suis rendue dans un forum des métiers dernièrement, où j’ai pu m’entretenir avec des policiers, qui m’ont indiqué que le métier de commissaire ne correspondait pas à mes attentes. Je veux être sur le terrain, et non derrière un bureau.
Ils m’ont dirigé vers le métier de gardien de la paix, m’expliquant que j’avais plus de chance de me retrouver dans un service adapté à mes attentes.
Et là en vous lisant vous faites exactement ce dont je rêve……..
Pourtant un de vos collègues dans un commentaire redéfinit le métier de commissaire et précise que ce que vous faites n’est pas le quotidien d’un chef de service.
Vous-même, laissez entendre dans vos commentaires que vous êtes frustré et que vous regrettez votre ancien statut.
Que dois-je faire ? Tentez le concours de commissaire ou celui de gardien de la paix ?
Je suis vraiment attirée par l’opérationnel et le judiciaire.
En attendant votre réponse
Cordialement,
Sofia.
Ps : Une dernière petite question. Pourquoi portez vous une tenue militaire.
Jeudi 12 novembre 2009 à 17:40
Bonsoir,
Je pense que la tenue de camouflage et portée en fonction du terrain et de la mission, en tout cas merci Monsieur le Commissaire pour cette seconde partie.
Cordialement
Jeudi 12 novembre 2009 à 18:07
Bonjour Sofia,
Merci de votre post ,
Votre question mérite non seulement d’être posée mais est à mon sens très plus pertinente. Je suis Policier avant tout mais également Commissaire de Police, en ma qualité de chef de service adjoint ici en guyane, mes journées sont partagées entre différentes taches, je suis polyvalent.
Dans la même journée je peux être animateur de réunion, controleur financier, procédurier , et me retrouver le soir à recevoir des associations pour expliquer une intervention de police. C’est Ca la réalité de mon quotidien.
Mais dans le même temps dès que possible -comme ce matin par exemple- je vais sur les opérations parce que mon rôle de Chef c’est aussi d’être présent avec mes hommes dans les situations délicates, très tôt le matin ou tard le soir !
Je suis entré dans la Police par choix en conscience et ce qui m’attirait c’était le terrain 15 ans plus tard c’est toujours le cas même si mes responsabilités sont différentes. Objectivement plus on monte dans la hiérarchie et plus cela devient difficile. La Sécurité Publique permet de conserver ce contact avec le terrain même si ce n’est pas possible tous les jours soyons clairs à ce sujet.
Je ne suis absolument pas frustré et ne regrette en rien mon ancien statut d’officier, cela fait partie intégrante de ma personnalité, de mon parcours. Sans cela je n’aurai pas eu l’opportunité via la V-A-P de devenir Commissaire. Ma seule certitude est d’être un citoyen policier et Commissaire j’assume tout cela parfaitement.
Je n’ai absolument pas la prétention de représenter tous les Commissaires, je suis juste un commissaire de sécurité publique parmi d’autres, avec cette spécificité d’être affecté dans une région bien différente de la métropole en Amérique du Sud.
Concernant ma tenue, c’est simplement parceque nous intervenons dans des zones pleines de vase, limites marécageuses. Dans les quelques effets vestimentaires ramenés lors de mon premier voyage entre Paris et Cayenne c’est ce que j’avais de plus adapté. Le plus souvent au bureau je porte la tenue POLICE « classique » que vous pouvez voir tous les jours lorsque vous croisez des policiers en tenue dans la rue mais quand j’interviens en zone péri-urbaine je m’adapte.
Pour terminer si vous avez la possibilité passez les deux concours faites le, et si vous réussissez celui de GPX dans un premier temps, profitez en pour réaliser vos rêves en fonctions des filières spécialisées. Après quelques années il vous sera toujours possible de repasser en interne celui de commissaire.
Dans tous les cas ne lachez rien Sofia et j’espère vous lire prochainement;
A bientot
Joel
Jeudi 12 novembre 2009 à 21:32
Bonjour. Bravo pour cette seconde partie et…bravo pour le résultat. Les procs ont l’air plus…mordants chez vous que chez nous. A la prochaine.
Cordialement
Eric
Vendredi 13 novembre 2009 à 9:17
Pour répondre à Sofia et compléter ce que mon cher collègue vient d’énoncer…
Il me semble important de préciser à l’ensemble des lecteurs de ce blog que ce que l’on entend par « faire de l’opérationnel » ne touche pas tant au grade mais bien plus à la mission exercée.
En effet, je connais de nombreuxmembres du corps d’encadrement et d’application (c’est à dire les gradés et gardiens) qui exercent des tâches aussi essentielles que la gestion d’un bureau d’ordre et d’emploi ou se trouvent chargés du matériel, mais qui ne sont pas à proprement parler des fonctions opérationnelles.
Je peux aussi vous parler d’officiers de police exerçant leurs compétences au sein d’une direction régionale de la formation ou comme chef de bureau d’une cellule statistique qui ne vont jamais sur le terrain.
A l’inverse, un Commissaire de Police qu’il soit par exemple:
- chef ou adjoint dans un Service Départemental de Nuit en province,
- chef des unités opérationnelles d’un district à la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation à Paris,
- ou encore chef d’une brigade de recherche et d’intervention dans une direction de police judiciaire,
ne fait presqu’exclusivement que de l’opérationnel et se trouve presque qu’en permanence sur le terrain.
Ceci étant dit, il est bien évident qu’il y a plus de gardiens de la paix, exerçant en Brigade Anti Criminalité que de Commissaires de Police, Chef ou adjoint au chef d’une BRI. On peut expliquer cela d’un point de vue mathématique, car il y a naturellement plus de gardiens (environ 110000) que de commissaires (1490) et d’un point de vue organique, le commissaire de police, chef de service, se doit de le connaître et le gérer de l’intérieur plutôt que de se trouver à l’extérieur.
Notre administration offre à tous les niveaux des opportunités pour ceux qui savent être motivés et intéressés pour les exercer sur la voie publique ou ailleurs.
Je suis bien conscient qu’avec un regard extérieur à notre institution, il n’est pas toujours évident d’en distinguer toutes les subtilités. Mais, sachez que le récit de Joël-Patrick n’est pas une fiction mais une illustration juste de la diversité de notre charge, loin de tout cliché télévisuel…
Cordialement,
A
Vendredi 13 novembre 2009 à 11:43
En réponse à Mohamed
Bonjour Mohamed, la tenue que je porte -d’origine US ACU DIGI-, est un présent qui me vient d’amis policiers US qui servent aujourd’hui en Irak- ! Lorsqu’ils ont su que je venais ici ils ont tenu à m’équiper allant même jusqu’à me faire livre un gilet pare-balles INTERCEPTOR de 9 kg ! Ils ont certainement confondu Bagdad et Cayenne par ignorance…
Le packetage Police Outre-Mer ne comprend pas de telles tenues, mais lorsque l’on sait que les fonctionnaires de la DPAF effectuent des missions en foret pour lutter contre l’immigration clandestine on peut légitimement penser que cela pourrait être parfois très utile.
Les effectifs « civils » ici BAC, BSU ou autres revetent souvent des pantalons de ce type au quotidien, cela n’a ici rien de choquant lorsque l’on prend en compte la dimension topographique locale. La Guyane est recouverte à plus de + 95 % par une foret tropicale très humide.
Bonne Journée Joel.
Vendredi 13 novembre 2009 à 11:52
En réponse à AFCE
Bonjour AFCE qui est à la fois collègue et ami.
Merci pour ton éclairante participation, je pensais faire prochainement un billet spécifique pour expliquer à nos lecteurs cette pluralité de métiers au sein du corps des commissaires maisà la lecture de ton post je pense que de facto cela devient inutile dans l’immédiat !
Effectivement Sofia, il y a autant de façons de pratiquer le métier de commissaire de police que de commissaires, en nuancant cela par le fait que nous avons des impératifs incontournables imposés par notre statut et nos fonctions.
Ces incontournables seront évoqués au fil du temps sur ce blog.
Bonne journée à vous 2 je vous laisse pour ma première réunion de la journée.
joel
Vendredi 13 novembre 2009 à 12:29
En réponse à Eric
Merci de vos encouragements cela fait du bien. Je ne peux me prononcer en qualité de commissaire sur les décisions pénales prises, mais je tiens à préciser sur ce blog que la qualité des relations entre le Procureur de la République de Cayenne et la DDSP de Guyane sont particulièrement cordiales.
La plupart des magistrats ici comme les commissaires de police d’ailleurs sont des volontaires, c’est une impérieuse necessité au regard des difficultés quotidiennes rencontrées ici dans l’exercice de nos métiers respectifs.
Le DDSP ou moi même échangeons très régulièrement avec le Parquet : par Mails, appels téléphoniques, lors de rencontres informelles -quand nous achetons les sandwichs à la meme enseigne- et pour terminer dans le cadre de réunions planifiées ou necessitées par l’urgence opérationnelle -homicides, plaintes particulières, erreur de nos services etc….
Nous vivons ici dans une communauté réduite par sa taille – la presque ile de Cayenne – mais pas par son activité. Entretenir de bons rapports avec le Parquet est une necessité au regard de l’activité délinquante très soutenue ici et particulièrement violente à l’image de l’Amérique du Sud.
La collaboration entre la Justice, la Police et de façon générale tous les services de l’Etat majoritairement sous la conduite de Monsieur le Préfet de région permet de faire face avec des logiques concertées à une problématique commune.
En conclusion sans franchir le Rubicon, je peux juste indiquer qu’à mon sens la sanction pénale prononcée pour nos interpellés dans le cadre de l’affaire motivant mon post, semble avoir été « adaptée » au regard des circonstances, de la procédure et de leurs antécédents !
La lutte contre ce fléau continue.
Bonne journée Eric à très bientôt
Joel
Vendredi 13 novembre 2009 à 14:12
Merci pour toutes ces précisions.
Cordialement,
Sofia
Dimanche 15 novembre 2009 à 17:42
Bonjour à tous,
Encore une fois jolie travaille à votre équipe et vous. Peut-être qu’un jour je viendrai exercer le même travail qui sait.
Remarque: votre costume me plait bien ^^.
Lundi 16 novembre 2009 à 23:12
En réponse à david
Bonsoir David, merci de votre post. la porte de notre profession reste grande ouverte pour les personnes motivées.
Bonne soirée
joel
Lundi 23 novembre 2009 à 21:08
Bonsoir Joël
J’attendais avec impatience la fin de ton affaire pour en connaître les aboutissants et je pense qu’elle s’est bien fini puisqu’ils ont été jugé coupable des faits reprochés.
J’attends toujours avec autant d’impatience vos réçits afin de vibrer derrière mon ordinateur en m’imaginant avec vous sur les lieux en cours d’intervention.
Tout ceci me manque affreusement et cela en devient même parfois douloureux de vous lire mais cela me permet de me croire encore des votres et me donne l’espoir de repasser mon concours en espèrant qu’il ne tienne pas compte des anciens dossiers.
Sinon ma blessure en service pourrait me porter préjudice alors qu’elle est bien rétablie maintenant après plusieurs opérations et une longue rééducation pénible et douloureuse et que mon genou marche très bien ce qui n’était plus du tout le cas il y a 8 ans.
J’attends donc la prochaine session de gardien de la paix avec impatience et un peu de crainte quand même car il a énormément changé depuis 1998 que je l’ai passé. Autant en sport qu’en écrit. Bref du changement qui j’espère me sera bénéfique et que je réussirais cette fois encore.
Dans l’attente de te lire à nouveau, je te souhaite bonne continuation.
Abreuves nous encore de tes délicieuses histoires et fais nous rêver par procuration.
Et la tenue est magnifique en armée autant qu’en bleu marine, j’adore.
Trés bonne soirée et à très bientôt.
Déborah
Mardi 24 novembre 2009 à 1:37
Slt mon Joel, moi je suis gardien de la paix depuis 10 ans déjà et je vois que tes journées sont biens pleines. Tu as perdu mes coordonnées?? Je vois également que pas mal de personnes s’interessent au travail du policier en Guyane. Tu vas finir par leur mettre l’eau à la bouche et bientot il n’y aura plus de place là bas pour les originaires. Je vois aussi que madame T. est tjrs en Guyane, c’est une femme très gentille et droite. Bon, ben pense à me donner de tes nouvelles en dehors du site du ministète. T’chimbé rèd Commissaire.
Mardi 24 novembre 2009 à 13:05
En réponse à DEVINE
Bonjour à tous, depuis 36 heures nous avons la visite en Guyane de Madame Fadela AMARA, Secrétaire d’Etat en charge de la Politique de la Ville. Cela bouleverse un peu les emplois du temps, c’est un sujet sur lequel je reviendrai à l’occasion pour vous expliquer comment se prépare et est géré un Voyage Officiel dans notre Région.
Pour répondre plus précisément au post de devine
, cela me fait plaisir que certains portent un intérêt à cette région ultra marine et à son atypisme. A 8000 km de la métropole on peut rapidement avoir l’impression de ne plus compter -loin des yeux, loin du cœur-. Nous sommes confrontés aux difficultés d’acheminement du matériel, très long et couteux.
Mais la DCSP en ce qui nous concerne est consciente de ce fait, nous échangeons quotidiennement sur nos besoins, nos doléances nos spécificités, même avec 4 heures de décalage, merci l’internet !!!
Ici le matériel souffre beaucoup en raison de l’hydrométrie supérieure à 80% toute l’année. J’avais amené du matériel perso lors de mon arrivée ici – gilet tactique, lampes, etc…- pour qu’il soit testé par les effectifs locaux. Le gilet tactique est resté dans ma penderie depuis 45 jours, lorsqu’il a été question de l’utiliser, j’ai constaté que les attaches métalliques étaient déjà rouillées !!!. Cela oblige quotidiennement à une vigilance accrue dans l’entretien des matériels.
On dit souvent « La logistique est un acte de guerre », cela est encore plus vrai ici !!! Nous luttons tous les jours contre la petite te la moyenne délinquance et il est hors de question que notre matériel nous lâche par défaut d’entretien.
En raison de ces conditions extrêmes nous sommes rendu régulièrement destinataires de matériels en test en qualité de « BETA TESTEURS », à ce titre merci au STSI, au BAMT, au BAPP et au bureau des matériels de la DCSP. Cela ne dira rien aux lecteurs extérieurs à notre institution, mais ce sont des collègues qui œuvrent souvent silencieusement pour faciliter notre quotidien.
Si en plus de cela, des candidatures spontanées sont révélées par ce blog pour que les effectifs postulent pour la Guyane, que demander de mieux ?! je ne pense pas que cela puisse lèser les
policiers originaires des DOM-COM la pluralité des origines de recrutement étant toujours une richesse.
private joke : pour me joindre il reste l’adresse mail du Ministère, il ne faut pas hésiter Devine
Bonne journée à tous
joel
PS : depuis 48 heures la saison des pluies pointe le bout de son nez toujours 35 °, mais il pleut des trombes d’eau, espérons que le V-O ne sera pas trop perturbé.
Mardi 24 novembre 2009 à 13:49
En réponse à Déborah
Bonjour Déborah ;
Concernant votre ancienne blessure je ne suis pas à même de me prononcer, cela relève des médecins de l’administration, ce qu’il faut dans tous les cas c’est constituer un dossier qui démontrera le cas échéant qu’aujourd’hui vous avez retrouvé vos pleines capacités.
Pour ce qui est du contenu de mon article, cela n’arrive que 4 ou 5 fois par semaine pas plus. Je me fais un devoir de « monter » sur la plupart des O.P dans les quartiers sensibles : opérations administratives et/ou en partenariat avec la PAF, le GIR ou les autres structures locales.
Je passe beaucoup de temps avec le DDSP a réfléchir sur comment nous pourrions améliorer l’efficacité et l’efficience de notre service. Nous travaillons en ce moment sur le volet de la Police Administrative en relation étroite avec les services de la Préfecture de Guyane. Pour exemple en Guyane il n’y a ni permis de pêche ni de chasse. Il est donc très fréquent de croiser dans les véhicules des conducteurs armés. C’est aussi « culturel », devant cette situation nous devons prendre des mesures pour tenter d’assurer une traçabilité des armes achetées ici. Ce n’est guère aisé mais nous nous y employons. Nous travaillons dans la même veine sur les établissements de nuit, qui si ils assurent le coté festif de Cayenne, drainent également des clients au comportement souvent vindicatif au moment de la fermeture vers 05h00 du matin.
Comme dirait un collègue de promotion ancien du 9.3 comme moi que je ne manque pas de saluer, « Qui tient ses bars , tient sa Circo !! ».
Que de chantiers à traiter ! Mais une certitude une fois l’aspect administratif traité nous passerons au coté opérationnel sur le terrain, ce qui me donnera l’occasion de retourner sur la voie publique avec le plus grand plaisir. Polyvalence quand tu nous tient …
Bonne fin de journée déborah et ne lachez rien de vos rêves !
Joel
Mardi 1 décembre 2009 à 2:00
Bonjour Joel,
Je pense que tu te souviens de moi, je suis passée te voir en septembre dans ton bureau et nous avons pris l’avion le dimanche 28/09 toi pour des réunions et moi mon retour de vacances (toujours trop court).
Je viens de te lire pour la première fois sur le blog et je retrouve l’ambiance que j’ai connu il y a
dix ans à Cayenne lorsque j’y étais flic la nuit. Les interventions à la crique où il n’est pas question d’intervenir les mains dans les poches.
Les interventions de differends familiaux qui en Guyane sont très violents. Une fois qu’il ont tout cassé dans la maison ils font appel à la police. Je me souviens de cette femme qui voulait trancher la gorge de son mari avec un sabre parsqu’il l’avait trompée. J’ai pu la maitriser grace à mon tonfa en impressionnant mon collègue qui venait d’arriver en Guyane. Combien d’interventions « chaude » comme celle-ci, j’en ai des tas en souvenirs.
Je me souviens aussi d’avoir traverser le bidon ville d’eau lisette en pleine nuit (que toi tu n’as pas connu) avec un collègue Yann dit « l’araignée » (il est au raid maintenant d’après les collègues de Mario P), alors que nos collègues ne voulaient pas venir avec nous en disant que c’était de la folie de faire çà….
Bref des tonnes de BONS souvenirs de « flic », même si ma carrière était déjà bien remplie avant la Guyane. BAC civil à Paris au forum des halles et à la BAC 75.
En fait Joel, la Guyane est un terrain pour nous les policiers ou « malheureusement » on n’a pas le temps de s’ennuyer. Entre la drogue, les vols, les vols violences et le reste, les journées sont
bien remplies….
Et pour ceux qui veulent venir travailler en Guyane, il faut savoir que l’on ne travaille pas ici de la même manière qu’en métropole. La diversité des races, des cultures de l’Amérique du sud de la chaleur en fond un endroit mais tu le dis toi même « Atypique » qui font que la Guyane ont l’aime de suite ou pas du tout .
Pour ma part, qui ai fait 4 ans à Cayenne, je suis rentrée en 2001 mais je reviens régulièrement
car d’une part j’y ai des amis et d’autre part, la Guyane est dans un coin de mon coeur et me
manque, pour le boulot car il n’y a pas besoin d’y être « baqueux » ou dans un super service pour
attraper des bandits et parce que hormis le boulot, cela reste un merveilleux endroit où la nature et les animaux nous apportent du bonheur à l’état pur tous les jours. Je ne parle pas de sport car
c’est bien en Guyane que j’en ai fait le plus (6 jours sur 7).
Un dernier point pour ceux qui ne connaisse pas la Guyane car j’ai souvent entendu « La Guyane
c’est humide »… Oui certe mais je préfère 90% d’humidité quand il fait 35° que comme en ce
moment où il fait 5° et 80% d’humidité (en seine et marne).
Voila Joel, j’espère que tu vas bien et je vois que tu prends du plaisir au travaille mais ça je le
savais déjà.
Bon courage à toi, a bientôt
Josy
Mardi 1 décembre 2009 à 12:25
Bonjour Joel,
J’ai longuement lu ton parcours et je te félicite car tu transmets ton savoir et permet de mieux apprehender le milieu.
Actuellement je peine à trouver la méthode pour retrouver un stage que je pourrais homologuer dans le cadre de mon master 2 . En effet en sujet de memoire sur lequel je travaille depuis plus d’un an je travaille sur des « problématiques » de sécurité liés aux frontières.
j’aurais souhaité investir sur un sujet qui serait tres utile et j’ai noté des sujets de fonds dans tes propos qui pourraient faire l’objet d’étude approffondi jusqu’à l’application de textes legaux ( ex :permis de chasse)
Peux tu m’indiquer une methode pour m’orienter vers quelqu’un qui pourrait me permettre de concretiser ma demande de stage. Sachant que ce travail d’étude sera fait en partie à Paris car je dois poursuivre mes cours.
Merci
Jeudi 3 décembre 2009 à 14:45
En réponse à Célia
Bonjour Célia, merci de votre post.
Sujet d’un grand interet que la sécurité aux frontières. Ici c’est une problématique quotidienne qui occupe a temps plein mes collègues de la PAF.
a ce titre vous pourriez utilement vous rapprocher de la Direction de la PAF de l’aéroport, de Roissy, d’Orly ou de Cayenne.
N’hésitez pas à m’appeler à ce sujet via mon secrétariat, je tacherai de vous orienter utilement.
Bonne journée et ne lachez rien Célia.
Joel
Jeudi 3 décembre 2009 à 14:57
En réponse à Josy
Bonjour Josy merci pour ton post qui éclaire utilement les gradés et gardiens qui trouvent un interet pour notre beau département de Guyane.
Depuis ton passage rien n’a changé dans le fond, à y réfléchir si, le pont du Larivot est fermé à la circulation, il présente des faiblesses structurelles préoccupantes. -c’est le pont qui permet de relier cayenne aux deux autres villes St Laurent et Kourou-
Résultat avant cela les collègues comme moi, qui résident entre Cayenne et Kourou mettaient une heure a venir travailler, aujourdhui c’est 3 heures le matin et autant le soir avec un allongement de parcours de presque 70 km. la déviation est une route à une seule voie de circulation de chaque coté, et 4 ponts à franchir avec une circulation alternée, une horreur !!!!
Nous tentons de faire face en proposant des aménagements d’horaires temporaires -journées continues-, mais la Guyane est vraiment coupée en 2 c’est très problématique, même si le bac comme il y a 30 ans est en place pour assurer le passage des camions.
Guyane TERRE D AVENTURE lol
Au plaisir de te voir
joel
Vendredi 4 décembre 2009 à 0:10
Bonjour Joel,
j’aurais une question qui vous a surement été posé. Comment se passe les mutations par exemple dans les région comme la Guyane, la nouvelle calédonie…Les demandes sont-elles forte pour être muté dans ces régions particulière et pourtant française?
Merci
Vendredi 4 décembre 2009 à 12:15
En réponse à Philippe
Bonjour philippe,
Les mutations en Guyane sont possibles dans le cadre d’un mouvement qui peut se faire de différentes façons pour les gradés et gardiens.
1°) Certains postulent dans le cadre de Télegrammes d’ouvertures de postes dans un vivier national. c’est le cas pour Mayotte et la Guyane. Une fois les conditions préalables remplies -constitution d’un dossier etc….
Ils sont ensuite recus lors d’un entretien à la Direction centrale avec des évaluateurs multiples afin d’évaluer leur potentiel, leur motivation. Une fois cette étape franchie, il restera un entretien avec un psychologue avant l’éventuelle intégration dun « vivier ».
Le délai entre l’intégration et le départ est fluctuant !!!
2°) Une autre possibilité est de passer un concours déconcentré en Guyane directement, en cas de réussite, c’est un départ pour une année de scolarité en métropole avant un retour certain vers la Guyane.
3°) Pour les commissaires et les officiers, c’est un mouvement de mutation « classique ».
La durée d’affectation ici pour les métropolitains est comprise entre 2 et 4 ans, pour les personnels issus du recrutement déconcentré il n’y a pas de limitation bien entendu.
Une fois la periode de 4 ans passée, on peut demander une prolongation exceptionnelle de 1 an, puis si l’on souhaite rester définitivement -ce n’est pas possible pour les commissaires, mobilité oblige- on constitue un dossiser de sédentarisation.
L’acceptation n’est pas automatique, il faut le savoir.
Pour terminer je dirai qu’une affectation en DOM-COM est une vraie aventure professionnelle et personnelle qui ne doit pas se décider su un coup de tête. La vie ultramarine n’est pas paradisiaque tous les jours, il faut être fort dans sa tête, et bien entouré familialement pour s’épanouir. Les échecs sont fréquents, et il n’est pas rare que des fonctionnaires repartent en métropole avant la fin de leur contrat ce qui a forcément des répercussions financières pour eux.
Voilà !! Sachez que de mon coté je ne regrette rien, même s’il m’arrive quotidiennement de pester contre les prix, le peu de choix sur de nombreux articles, l’ archaisme de certains services
qu’en tant que citoyen je suis amené à utiliser. La Guyane reste une région fabuleuse pleine de défis pour l’avenir.
Bonne journée et ne lachez rien !
joel
Vendredi 4 décembre 2009 à 12:49
Merci Joel de cette longue réponse, je n’en attendais pas moins.
Mais c’est clair que travailler en Guyane doit être une vraie aventure professionnelle et personnelle. Et puis tu as sûrement la possibilité durant tes congés de pouvoir te déplacer dans le continent sud ou nord américain.
J’espère qu’en sortant d’une école de gardiens de la paix, si mon classement est bon, je pourrait aller travailler dans un DOM-TOM…
Merci encore de tes explications.
Dimanche 6 décembre 2009 à 4:38
Bonjour Joel,
Madame AMARA est venu en Guyane dernièrement, je ne pense pas qu’elle ai pu voir tous les problèmes liés à son ministère mais as-tu des échos d’éventuelles améliorations qu’elle aurait pu proposer si elle en a proposé ?? Car il ya du travail à ce niveau !
Effectivement, j’imagine le pont du larivot fermé, ça doit être le bazar. Ceci dit, il était temps qu’ils le réfectionnent. Ils en ont pour combien de temps?
Bon courage et patience « La vie douce. »
Josy
Lundi 7 décembre 2009 à 15:53
En réponse à Josy.
Concernant les suites de la visite de madame la secrétaire d’Etat à la Ville, je n’ai pas eu d’echos
particuliers, la Guyane a bien des retards et tout observateur objectif le constate quotidiennement;
Pour ce qui est du pont de Larivot il en va de même, nous recevons 2 nouvelles ministres cette
semaine je sais que ce sujet sera au coeur du débat, cela me fait penser à une problématique cardiaque… Il faut sauver le Pont Larivot et les quelques 20 000 personnes impactées quotidiennement par sa fermeture.
A bientot
Joel
Vendredi 11 décembre 2009 à 12:04
Bonjour Joel,
Nous nous connaissons de Paris (Même pallier à Romainville), j’ai eu l’occasion de bosser 4 ans à Cayenne, le quotidien y est souvent exigeant mais j’y ai trouvé une expérience humaine et professionnelle d’une richesse incroyable, incomparable même.
Mais vu de la métropole peu d’informations filtres malheureusement. Les résultats exceptionnels de tous les services de Cayenne en font un Commissariat qui pourrait en remontrer souvent à beaucoup ici.
C’est donc une excellente chose de communiquer comme tu le fais.
Encore bravo et salutation aux effectifs que j’ai pu connaitre et qui me manquent pour beaucoup.
Bac24
Vendredi 11 décembre 2009 à 14:27
en réponse à BAC 24
Comment vas tu ju ? je suis content de ton post , car effectivement le travail ultra marin n’est que trop rarement apprécié à sa juste valeur. Non nous ne sommes pas toute l’année en vacance, non l’océan n’est pas bleu turquoise mais plutot couleur orcre foncé ici !
Enfin comme dans toutes les zones difficiles « meme si nous n’avons pas ce statut administrativement parlant, ce qui parait à minima étonnant » nous avons peu de temps pour couper les cheveux en quatre. L’ambiance interne au service est excellente !
Après la Seine Saint denis je ne suis pas dépaysé ici.
je te laisse j’ai un V-O sur le feu si l’on peut dire….
Au plaisir de te voir ici ou ailleurs, bises à toute la petite famille.
Joel
Vendredi 18 décembre 2009 à 17:03
bonjour je souhaite rentrer dans la police en outre mer et faire exactement ce que vous faite j’habiteen france par quoi dois-je commencer pour arriver a votre resultat
ps: je n’ai que 19ans.
Lundi 21 décembre 2009 à 22:34
En réponse à ANT
Pour commencer, à vous de définir le parcours qui vous semble le plus adapté à votre situation.
Vous pouvez entrer dans notre administration en passant le concours d’ADS, puis celui de GPX, d’Officier et pourquoi pas de commissaire.
je connais quelques colègues qui ont commencé par GPX il y a quinze ans et qui sont aujourd’hui commissaires de police.
Sinon par la voie externe, vous pourrez présenter des concours en fonction de votre bagage scolaire. je vous invite si vous souhaitez faire des études à vous orienter vers une filière de droit. cela semble souvent le plus adapté/
Pour ce qui est du recrutement seuls les postes d’ADS et de GPX peuvent se voir délocalisés. Pour le concours d’officier pour les DOM il n’y a pas de recrutement spécifique. C’est uniquement un concours national; Bien des possibilités qui vous sont expliquées en détail sur le
site ce site.
dans tous les cas une fois entré dans la maison POLICE, vous trouverez toujours des opportunités pour évoluer sous réserve de fournir un travail intense et d’accepter de gros efforts personnels et familiaux. Les promotions sont souvent à ce prix;
Ne lachez rien.
Bonne soirée.
Joel