La Police est en deuil
Jeudi 31 décembre 2009
À la mémoire du brigadier Major Patrice P… tombé en service décédé le 30 12 2009. Ce matin 30 décembre j’arrive à la DDSP, je fais le tour des bureaux afin de prendre le pouls du service, mon humeur est joyeuse, cela ne va pas durer… Je me connecte sur Internet, je branche machinalement une radio nationale que je ne peux qu’écouter sur Internet (…) Et là stupeur ! « Le major Patrice P, âgé de 51 ans, grièvement blessé dimanche dernier par deux cambrioleurs qui tentaient de s’enfuir à bord d’un 4 x 4 volé dans un pavillon de Montévrain, est décédé la nuit dernière des suites…










Un drôle de titre pour une drôle d’histoire.
Il est un peu plus de 6h, l’horoscope en créole à la radio se termine, je commence à comprendre peu à peu cette langue très chantante. Après 2 heures de route sinueuse – fermeture du pont du Larivot oblige…- j’arrive au service. Deux coups de klaxon brefs comme de coutume pour que l’opérateur de la salle radio deux étages au dessus déclenche l’ouverture de la double porte qui défend le parking de l’hôtel de police très vétuste de Cayenne. Je croise les « hiboux » – les nuiteux – qui terminent leur nuit de travail, je réponds avec un sourire matinal aux « Bonjour Patron !». Le service commence a s’éveiller, un passage un peu appuyé…
Comme mes collègues blogueurs avant moi, je me lance dans la rédaction de mon premier article. Je m’appelle Christophe, j’ai 39 ans, je suis Brigadier Chef de Police affecté depuis 4 ans au sein de la brigade mobile de recherches (B.M.R.) de la police aux frontières à Lille. Après quelques années passées sur les bancs de la faculté de droit de Lille, je suis entré dans la police en 1997. La Police, une institution que je connaissais un peu, à travers le regard de mon oncle et surtout de mon père, qui ont pu la servir en qualité de Commissaire de Police. Enfant, je venais, de temps en temps, voir mon père à son bureau. Pendant que je jouais…
Il est des lundi matins encore plus pénibles que les autres…
Depuis l’accession de Grenoble en Ligue 1 de football, nous passons un week-end sur deux au stade. Non pour aller assister à un match, mais pour encadrer ce que j’appelle maintenant les «pseudos supporters». Certes à des années lumières du hooliganisme anglais que nous connaissons, mais les codes sont toujours les mêmes, la haine, l’alcool et la violence… Le dispositif pour la réception de Nancy aujourd’hui, c’est trois équipes canines avec six chiens. Nous sommes parfaitement intégrés au dispositif du service d’ordre qu’il ne faut pas confondre avec du maintien…


