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- « Allô…Lieutenant ? Oui, on vient de nous prévenir qu’on avait un malaise grave à bord du Chicago… Les SP (Sapeurs Pompiers) et le SMU (le Service Médical d’Urgence de Roissy) ont déjà été avisés, vous pouvez y aller ? »
Bon. Un malaise, ça va. Un malaise grave, ça craint.
Je prends un collègue avec moi. Nous sommes accueillis en porte d’avion par l’un des membres de la compagnie qui nous explique ce qui se passe : une femme, de nationalité américaine s’est effondrée dans le couloir pendant le voyage. Elle est accompagnée de son mari.
Nous pénétrons dans l’avion. Tous les passagers ont été maintenus dans l’appareil, déjà au contact depuis 10 bonnes minutes. Il fait une chaleur moite, étouffante. La tension est palpable, et je comprends vite pourquoi.
Depuis l’entrée, je vois au bout du corridor un pompier en train de prodiguer un massage cardiaque sur la femme, allongée au sol dans l’allée… vaguement cachée par une couverture que tient un autre pompier. Autant dire devant tout le monde.
Le mari, visiblement complètement dépassé, a été assis plus loin pour ne pas avoir à assister à cela.
Les médecins du SMU arrivent sur place, et le diagnostic tombe immédiatement : décédée.
Bon. Cette fois c’est sûr, ça craint vraiment.
J’explique à l’un des agents de la compagnie comment nous allons procéder. Il se propose immédiatement de prendre en charge le mari de la victime afin de l’assister dans les premières formalités. Je lui suis extrêmement reconnaissant. C’est une chose difficile d’accomplir des actes de police dans un lourd contexte émotionnel, et qui s’avère encore plus compliquée du fait de la barrière de la langue : certes, je parle un peu anglais, mais être aidé par un civil bilingue, dans ces situations, c’est un vrai luxe !!
Après un entretien rapide avec le mari qui évoque un lourd passé cardiaque, et l’examen du corps, qui me paraît durer une éternité, observé par une centaine de paire d’yeux, le médecin conclut à une mort naturelle.
Nous faisons alors débarquer les passagers, qui sortent enfin, visiblement soulagés de pouvoir reprendre le cours normal de leur vie.
Puis, étape par étape, il faut faire son boulot : transport du corps au service médical, constatations, audition du mari (préparée à l’avance afin de le préserver), remise des effets personnels de la femme (que les médecins m’avaient confiés) au mari, récupération des bagages, contact avec la famille aux Etats-Unis… Autant de démarches chargées en émotion.
Et puis voilà, je suis arrivé au bout de mon rôle… Il faut ensuite expliquer au mari quelles démarches il devra accomplir seul, dans un pays étranger et dans une langue qu’il ne maîtrise pas… et lui dire au revoir, bon courage… Tous ces mots qu’il n’entend même plus…
Je retourne à mon bureau, cinq heures après en être parti. Vidé. En essayant de me persuader que j’ai fait ce que j’aurais voulu qu’on fasse pour moi dans une pareille situation : qu’on me traite avec professionnalisme.


Mercredi 9 décembre 2009 à 16:28
Triste histoire
Mercredi 9 décembre 2009 à 21:08
Courage pour la suite lieutenan il y aura encore énormemen de personne qui auront besoin de vous!!!!
Vous faite un très beau métier vous pouvez en etre fiere beaucoup de
personne aimeraient etre à votre place notammen moi moi!
Jeudi 10 décembre 2009 à 7:53
Bonjour Loïc,
Etre « flic » c’est ça: professionnalisme, rigueur et empathie. Avoir les mots justes et les gestes précis. Bravo.
Je ne suis certes pas Lieutenant et je n’ai pas, ce jour là, eu a faire les démarches pénibles auprès des proches de la victime mais lors de mon premier stage en commissariat, lors de ma première sortie en Police Secours comme élève gardien, je suis intervenu sur un suicide dans une station RER aux heures de pointes.
Moment douloureux du genre à vous faire sentir si vous avez choisi la bonne voie.
Heureusement ce jour là (j’ai terminé assez tard car pour la petite histoire nous avons aussi fait un décès à domicile lors de cette même vacation!), ma voiture était en révision, j’ai pu me confier à mes parents venus me chercher (en urgnece?). Eux n’étaient pas convaincu que je supporterai cette tension nerveuse très longtemps. J’espère toujours qu’ils se trompaient.
Ah oui, un dernier détail: la sucidée du RER était une jeune Lieutenant des Renseignements Généraux, née la même année que moi!
C’est aussi en passant par des moments comme ceux-là que nous, policiers, acquiérons ce qui est l’essence de notre métier: l’expérience. Et le recul nécessaire pour repartir travailler le lendemain.
A bientôt ici ou ailleurs.
Jeudi 10 décembre 2009 à 21:55
Dur journée moi je n’aurais pas pu accomplir la tache car je n’ai jamais vu de tells situations…
Mais je pense que c ‘est dur a digérer. Bon courage a vous tous moi je ferais parti de la police dans 3 ans Bref autant vous dire que même si y’a des situations comme celle la cela n’arrêtera pas ma passion.
Vendredi 11 décembre 2009 à 13:26
Bonjour Loïc, Vous être très courageux et vous faites un métier admirable. Je suis en poste dans les Douanes depuis près de 30 ans (dans les bureaux) et je ne suis pas certaine que je tiendrais le coup à votre place
Vendredi 11 décembre 2009 à 16:14
Il faut avoir comme on dit la tète sur les épaules …. mais je pense avoir bien choisi. Je prépare actuellement les différent concours pour rentré dans la police
Vendredi 11 décembre 2009 à 17:20
Bonjour loïc je trouve que votre métier est l’un des plus beaux. Aider les gens, les écouter et les protéger c’est ce que j’ai toujours eu envie de faire c’est pourquoi j’attends avec impatience le concours pour rentrer dans la police nationale. Un métier formidable même si défois cela ne doit pas être toujours facile. Courage à vous. A bientôt peut être!
Dimanche 13 décembre 2009 à 0:50
C’est un représentant de l’ordre comme vous qui me pousse chaques jours à me sortir les tripes pour pouvoir rejoindre la police.
Je suis jeune, je ne sais pas encore ce que c’est de vivre en tant que gardien de la paix mais je ne suis pas inquiet tant qu’on aura des exemples à suivre.
Une bonne continuation.
Dimanche 13 décembre 2009 à 8:04
Bonjour à tous,
Une très belle façon de partager votre expérience avec nous qui souhaitons vous rejoindre, merci encore Lieutenant.
Cordialement
Mercredi 16 décembre 2009 à 20:21
Bonsoir Loïc,
Merci de nous faire partager votre expérience. On aimerait tous être capables d’un tel professionnalisme ! Je ne sais pas moi non plus si une fois lieutenant de police j’arriverai à faire face à de telles situations… Mais j’aimerais pouvoir réagir comme vous !
Courage !!
(je suis étudiante et j’ai un dossier à rédiger sur le métier de lieutenant de police ; serait-il possible que je vous contacte par mail afin de vous poser quelques questions ?)
Dimanche 20 décembre 2009 à 7:07
Merci à tous pour vos encouragements.
@ Hervé : Ce genre de premières expériences marque pour toute une carrière… Lors de mon premier stage, un mois après mon entrée dans l’école (donc dans le même état d’esprit que celui dans lequel tu te trouvais), j’ai du intervenir sur un suicide sur une voie ferrée… Passer du statut d’étudiant en droit à celui de policier qui mesure la distance entre chaque partie d’un corps, c’est un vrai processus !!!
Chacun réagit differemment aux situations difficiles, en fonction de sa propre expérience professionnelle, de son histoire personnelle, de son caractère, de son état de fatigue… l’essentiel est de trouver le bon moyen d’évacuer la pression !!
Dimanche 20 décembre 2009 à 7:13
@Audrey: Je ne sais pas si je pourrais t’aider, mais si je le peux, je le ferais volontiers.
Je te propose de passer par les collègues d’info-recrutement,
(info.police-recrutement@interieur.gouv.fr ) qui te communiqueront l’adresse de ma messagerie professionnelle.
Mercredi 6 janvier 2010 à 19:30
Merci, finalement j’ai déjà bien plus d’informations que je n’en ai besoin ! Et j’ai appris beaucoup déjà en te lisant.
Jeudi 7 janvier 2010 à 20:36
Bonjour Lieutenant,
Pouvez vous me dire si vous avez des adjoints administratifs au sein de votre service et m’indiquer les missions confiées à ces derniers?
Bien respectueusement
Lundi 11 janvier 2010 à 19:54
Merci de nous faire partager votre expérience !
Il est , je pense , important de savoir comment ça se passe » en vrai » , raconté par un homme ayant vécu les situations plutôt que de se laisser influencer par la télé et les séries , et croire en un métier alors basé sur des illusions
Merci encore .
Mardi 12 janvier 2010 à 12:03
@Kikou: Je te recopie la réponse que j’avais donnée à la même question sur mon autre sujet: « Après recherches, il s’avère qu’il y a 54 adjoints administratifs à la PAF Roissy, répartis dans presque tous les services. En effet, ils exercent leurs missions au service des « laissez-passer » qui délivrent les badges d’accès et de circulation sur la plateforme, au service des contraventions, à la logistique, au bureau du peronnel… »
Vendredi 15 janvier 2010 à 15:21
Coucou je me présente je m’appel patrick et je viens de suresne. Je suis a la recherche d’un emploi car avant je travaillais dans une société qui faisait des rubicub’s, mais la crise est passée par là et j’ai perdu mon emploi, j’ai vendu quelque rubicub’s sur les marchés et braderies mais cela ne marchait pas très bien. Voila mon histoire personnelle qui est beaucoup moins enrichissante que le lieutenant loic.
Je viens de lire l’histoire et j’ai été très ému j’ai eu la même sensation que lorsque je regarde un bon film devant la tv. Mais je pense que vous avez réagi en vrai pro.
ma question : Après des histoires pareilles, est ce qu’il y a des psys pour les victimes et les gens qui ont assisté à la scéne? Merci d’avance et continuez.
Mardi 19 janvier 2010 à 6:27
@ Patrick de suresne : Pour ce genre de situations, qui restent relativement courantes et dont l’impact sur le public est limité, il n’existe pas de cellules psychologiques telles qu’elles peuvent être mise en place suite à des évènements dramatiques.
Il appartient donc à chacun de se tourner vers des spécialistes en cas de besoin.
En revanche, il existe pour les fonctionnaires qui en ressentent la nécessité la possibilité de contacter un service psychologique, dont les membres sont formés aux difficultés spécifiques que rencontrent les policiers.
Bonne continuation à vous et bon courage!
Samedi 23 janvier 2010 à 16:50
Mes respect mon Lieutenant ,je l’ai prie au de mon cœur .Je me présente :Élève GARDE DU CORPS a l ‘ACADÉMIE DES HAUTES DE SÉCURITÉ INTERNATIONAL au SÉNÉGAL .Vous êtes un grand éducateur et un bon exemplaire de fonctionnaire .Je prie que le BON DIEU vous guide dans toutes vos pas et un très bon santé
Jeudi 4 février 2010 à 17:05
Bonjour Lieutenant,
Tous mes meilleurs voeux très très en retard tout d’abord. Franchement, belle gestion de l’événement car il faut expliquer le comment du pourquoi à la personne proche de la victime. Certaines situations nous dépassent du fait que des personnes sont en colère parce que les médecins n’ont pas pu sauver leur proche et c’est compréhensible même si les médecins ont fait de leur mieux. Félicitations en tout cas pour cette maîtrise et cette gestion exemplaire!
A bientôt!
Diana du CSP Metz.
Lundi 8 février 2010 à 16:29
Quel métier!
Quel sang froid!
Quel courage!
Certes c’est un métier qui est dur mais c’est un métier qui en vaut la peine
Mais est ce que j’en suis capable
telle est la question!
J’aimerais passer le concours de gardien de la paix mais peu de places et beaucoup de candidats qui eux sortent de BAC +5 et qui ont du mal!
Alors est-ce inaccessible?!
Bravo Loic
Samedi 13 février 2010 à 10:31
Bonjour , je voudrait savoir pour etre Lieutenant de Police a la Crim ( Brigade Criminelle )
es-ce obliger d’aller en géneral ?
ou peut on faire un Bac Pro
Merci d’avance.
Samedi 13 février 2010 à 10:32
& si non comment faire pour integrer cette brigade
Merci.
Mardi 23 février 2010 à 14:11
Bonjour Loïc, moi j’ai une histoire aussi triste…bonne continuation
Mardi 2 mars 2010 à 6:53
Tout d’abord, merci à tous pour vos encouragements.
@Alyssa: Tu peux suivre la voie de ton choix, l’essentiel étant de se présenter à l’inscription du concours en remplissant les conditions requises (que tu peux consulter sur ce site!)
L’accès aux services que tu rêves d’intégrer (et aux autres…) se fera dans un premier temps en sortie d’école : en fonction de ton classement, tu pourras choisir dans la liste des postes offerts. Si à cette occasion, tu n’obtiens pas un service qui te conviens, ou si, tout simplement, tu as envie de changer au bout d’un certain temps, tu peux postuler lors des « mouvements de mutation », et croiser les doigts pour être choisi!!!
Mercredi 3 mars 2010 à 3:36
bonjour lieutenant, très prochainement candidat au concours d’officier (vers le 13 mars…), j’aurais voulu savoir si l’école offrait un régime d’interne ou s’il fallait se loger de nous meme? si c’est en internat, est ce obligatoire? et en cas d’echec de ma part, je souhaiterais si mon dossier est retenu intégrer la prépa officier qui se déroule au sein de l’école: connaissez vous le régime (internat?).
merci d’avance.
bonne continuation dans votre beau métier…
Samedi 13 mars 2010 à 16:40
Merci de mavoir repondu
Lundi 29 mars 2010 à 12:29
@Romain:
Désolé de te répondre si tardivement…d’ailleurs, peut-être déjà eu ta réponse.
L’école offre effectivement un régime d’internat en chambre individuelle (normalement…), et en pension complète. Les élèves lieutenant s’acquittent tous les mois du paiement de cette cantine.
Toutefois, l’internat n’est pas obligatoire et si tu disposes d’un logement à coté, tu peux effectivement éviter l’internat.
Ceci dit, il ne faut pas négliger l’ambiance et l’esprit de corps qui peut découler d’1 an 1/2 de vie en collectivité !!!
Lundi 29 mars 2010 à 12:34
@Romain: Pardon j’ai validé avant d’avoir répondu à toute la question.
En ce qui concerne la prépa intégrée, je sais qu’il y a également un régime d’internat, en revanche je t’avoue que je ne pourrais pas t’en dire beaucoup plus sur les détails.
Bon courage pour la suite des épreuves !