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J’avais entendu parler de ce carnaval en lisant les guides touristiques, dans l’attente de mon affectation à la DDSP de Cayenne, mais j’avoue que le vivre au quotidien est plus exotique encore. Imaginez un peu, sept semaines consécutives de festivités hebdomadaires, et pour terminer une dernière ligne droite de quatre jours : La Grande Parade avec 58 groupes dont certains composés de plusieurs centaines de danseurs et musiciens, puis les trois soirées des jours gras, une institution ici.
La première à une thématique fille-garçon – les filles se déguisent en garçon et inversement – puis la seconde, c’est le rouge et le noir, et enfin pour l’ultime soir de liesse, le blanc et noir sont à l’honneur avec des costumes plus magnifiques les uns que les autres. Des valses de couleurs et de rythmes endiablés, tout cela serait idyllique dans un monde parfait, mais ici, à Cayenne, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours !
Sur les quatre derniers jours du carnaval, notre organisation pour gérer les quelques 30 000 personnes présentes est identique. Le centre ville de Cayenne avec la Place des Palmistes est interdit à la circulation. Il faut imaginer un grand rectangle de 500 mètres sur 300, bordé de palmiers centenaires de 25 mètres de haut. Le parcours des groupes qui défilent est codifié, ils doivent faire deux boucles dans la ville avant de se disperser et c’est à ce moment là que tout peut basculer.
Le carnaval est un exutoire, nous sommes ici en terre Sud Américaine. Il permet souvent aux différents quartiers de se donner rendez-vous pour s’affronter. La règle est simple, derrière les groupes, et surtout ceux des cités, se tiennent des voltigeurs qui peuvent être plusieurs centaines, vêtus de treillis le plus souvent, le visage dissimulé, ils sont aussi agités que pris de boisson. Ce sont des éléments à risques, ils scandent frénétiquement le nom de leur quartier « MANGO », « CHICAGO », « la RENOVATION »… Et pour prouver leur bravoure, ils se défient par des jeux de gifles jusqu’au moment où l’un des protagonistes demande grâce et se retire, conspué par ses pairs. Cela dégénère souvent, les rixes sont brèves mais très violentes, les armes blanches s’invitent souvent, comme cela m’a été signalé à différentes reprises. Cette année, il en va de même avec des fusils à canons sciés.

17h30, je suis dans mon bureau et comme mon collègue, le DDSP, nous allons commencer une seconde journée de travail, après la première consacrée depuis très tôt ce matin aux préparatifs du voyage officiel du Président de la République et de cinq ministres prévu pour le lendemain du dernier jour gras. C’est la loi de Murphy !
J’enfile mon gilet pare-balles. Je prépare mon sac à dos, les gestes sont habituels : une radio, une écharpe tricolore pour faire les sommations en cas de nécessité absolue un lanceur de 40mm, une grenade de désencerclement – qui projette des éclats caoutchoutés -, une grenade lacrymogène, une bouteille d’eau des serreflex – sorte de colliers pour entraver un individu aux poignets -, un bâton lumineux chimique et une pomme !!!
Je vais voir le DDSP pour les dernières consignes. La fatigue se lit sur son visage avec ces sept week-ends consécutifs sur le pont, j’imagine que je ne suis pas dans un meilleur état. Nous nous répartissons les rôles, il sera à la tête des unités en tenue, moi des civils de la BAC. Notre mission : identifier les casseurs potentiels, les neutraliser si possible avec l’aide des unités en tenue qui font une bulle de sécurité autour de nous. Nous avons peu d’effectifs, deux sections (+/- vingt personnels en tenue et une dizaine de civils). C’est peu lorsque l’on a comme moi connu l’opulence des services parisiens !
Notre dispo sera classique, nous suivrons le groupe le plus agressif de voltigeurs qui se signale quotidiennement par sa bêtise et sa violence, ils sont derrière le la formation musicale KASSYALATA. Je me positionne avec mes six civils et un officier sur le bord de l itinéraire. Les groupes me passent devant, féérie des sons et des images, des mois de préparation pour une ambiance débridée et sympathique. Il y a de nombreuses familles présentes, ce n’est pas simple pour nous. Une intervention mal coordonnée pourrait avoir de graves répercussions.

« Kassyalata » arrive, leur nom est parfois scandé par la foule, nous savons tous que les « Bad boys » ont toujours fait vibrer le cœur des belles. Ils sont encore plus nombreux que la veille nos voltigeurs. Impossible de donner des descriptions, ils se ressemblent tous, même maquillage, même accoutrement. Au sein de ce groupe se trouvent quinze agents de sécurité, des GOLGOTHS 12 !!!!!
1m90 en moyenne, 120kg de muscles. Ils sont là pour neutraliser dans l’œuf les velléités des plus violents. Cela se passe souvent de la même façon, les cris, puis les gifles, et des mouvements de foules brefs et désordonnés. Les agents agissent vite, les échanges sont brefs et virils. Si nous intervenions de prime abord au milieu de la foule, nous risquerions que tous les groupes se tournent contre nous. Subtile équilibre du maintien de l’ordre, ne pas générer plus de troubles que ce que nous cherchons à régler. La police municipale, présente en nombre aussi, joue un rôle important. L’ensemble des forces de sécurité dispose d’un poste de commandement opérationnel qui gère les liaisons radios et facilite la transmission d’informations dans une bonne synergie.
Au fil des heures, l’alcool et les rythmes endiablés s’enchaînant, il devient de plus en plus difficile de travailler. Nous déplorons des blessés par arme blanche. Une jeune fille est neutralisée alors qu’elle vient de « planter » un individu. La lame est encore maculée de sang. Là, un second est blessé à la joue, on voit sa dentition apparente ! Mais rien n’arrête la marée humaine qui s’ébranle dans les rues. Certaines artères ne sont plus éclairées, c’est l’occasion de rapines, de violences gratuites. Un autre est signalé armé au milieu de la foule, la densité du groupe est telle que nous ne pouvons intervenir, c’est frustrant !
Les effectifs sont soumis à rude épreuve, les bâtons télescopiques sortent souvent pour nous protéger ou séparer des belligérants armés. Mon rôle est aussi de protéger mes gars contre eux-mêmes parfois. Quand on est provoqué pendant des heures, la tentation de répondre est compréhensible, mais nous ne devons pas, et là, cela relève de ma responsabilité. Je suis garant et responsable de l’utilisation de mes effectifs.
Comme pour mon collègue avec qui je reste en constante liaison téléphonique ou radio, il nous faut être sur le terrain. Nous sommes secondés utilement par les officiers qui maîtrisent parfaitement la topographie, les coutumes locales ! Quant aux gradés, gardiens et ADS, cela renforce notre autorité d’être à leurs côtés au contact des groupes à risque. Les feuilles de chêne sur mes épaules ne suffisent pas à me faire respecter sur le long terme. Je ne suis pas un super officier, ou un super gardien de la paix, nous avons tous nos prérogatives, nos obligations, mais il est bon que parfois « je mouille la chemise » comme eux sur le terrain et parfois c’est long !

Entre 8 et 10 km chaque jour. Les dernières heures, tous les soirs, sont très tendues. Les groupes s’arrêtent de jouer au second tour de parade, et les voltigeurs regagnent ensuite leur quartier, nous ne les perdons jamais de vue. La pluie nous a beaucoup aidé cette année, elle disperse parfois des cohortes de jeunes avinés plus sûrement qu’un escadron de gendarmes mobiles qui, je dois le souligner, nous ont mis à disposition en réserve un de leur peloton, les quatre derniers jours du carnaval !!!
23h, la journée, commencée à 06h, va se terminer, enfin c’est ce que je croyais !!! Les premières barrières Vauban sont défaites, mon GSM se met à vibrer, j’espère que c’est l’ordre du DDSP de « plier » mais la teneur de l’appel est toute autre. « Mr le commissaire ? C’est le responsable des services techniques de Cayenne, je récupère les barrières pour le voyage officiel du Président de demain, pourrions-nous voir ensemble leur lieu d’implantation ? » et c’est reparti… pour un voyage officiel que je vous raconterai dès que possible dans un prochain post.
Pas encore couché c’est sûr ! Mais c’est aussi cela être un commissaire de police en sécurité publique.
D’ici notre prochaine rencontre, ne lâchez rien !!
Joël


Vendredi 26 février 2010 à 19:27
Bonsoir,
Un article haletant, et très intéressant !
Ce genre d’opération n’est pas de tout repos, on ressent une certaine tension, mais maitrisée par l’expérience.
J’imagine que le cocktail fete, excitation et chaleur n’arrange pas la situation. Souhaitant devenir commissaire, ce genre de situation doit etre passionnante à gérer : voir comment progresse un mouvement de foule et adapter, gérer le mouvement « des troupes » en conséquences.
Je pense que pour un jeune commissaire la tache doit etre exaltante, mais terriblement stressante. Vous n’etes bien sur pas dans la situation d’un policier débutant, mais pouvez vous me dire, je vous prie, quel est le plus gros écueil au cours d’une telle opération ?
J’attends avec impatience votre post sur le voyage du Président de la république.
A bientot
Cordialement
Kévin
Vendredi 26 février 2010 à 19:40
Bel article. Encore une fois c’est vraiment dommage que les fêtes soient gâtées par la violence bête et gratuite. Bon courage à vous.
Cordialement
Eric
Samedi 27 février 2010 à 13:55
Salut Joel,
Comme toujours, un excellent post et de très belles photos…Tu as raison, le carnaval est le moment de l’année à Cayenne cela draine du monde beaucoup de monde et une bonne dose de violence. Sept semaines c’est long dans un tel contexte mais la carnaval peut aller jusqu’a 11 semaines c’est un engagement long pour les fonctionnaires qui sont aussi sur leurs moments libres carnavaliers…
Ceci dit comme tu le soulignais les effectifs guyanais connaissent bien le principe et c’est sûrement ce qui permet une gestion autant en douceur avec aussi peu de personnel.
Je te souhaite bon courage pour ton VO ça aussi c’est lourd à gérer (interdiction de circuler sur De Gaulle et nettoyage des abords pour que les VIP puissent se déplacer à l’aise, j’ai connu cela aussi là bas.)
@ +
Samedi 27 février 2010 à 23:26
en réponse à KEVIN
Merci de vos commentaires et de votre question.
Le M-O pour Maintien de l’Ordre ou la gestion de l ordre public en général sont des domaines ultras sensibles pour bien des raisons.
le Commissaire en tant qu’autorité civile s’il est engagé directement en M-O à une responsabilité importante. Nous ne devons jamais perdre de vue que nous sommes la pour la protection des Libertés Publiques.
A ce titre le Droit de manifester est un droit fondamental dans notre République, mais parfois des excès sont commis et il est nécessaire que nous agissions sans jamais perdre de vue que dans le cadre de manifestations il nous faut toujours réajuster le curseur entre prévention et repression.
De plus une « erreur » d’appréciation tant que l’on respecte la Loi dans le cadre d’une procédure judiciaire ne porte pas forcement à conséquence lorsque l’on est commissaire, cela n’est pas le cas en M-O !
Ne pas adapter notre intervention a une situation, trop tarder pour agir, ou anticiper au contraire sont des actions souvent reprochées à postériori lorsqu’il est évident de « refaire le match » autours d’un verre dans un salon capitonné ! Sur le terrain lorsqu’il fait nuit, froid, qu’il pleut que la visière est baissée et que les coctails molotovs pleuvent nous n’avons parfois que quelques secondes pour prendre une décision fusse t’elle mauvaise !
Dans des grandes agglomérations, le commissaire n’est pas seul, les salles de commandements fournissent des indications précieuses, les forces sont réactives et nombreuses mais en province parfois c’est plus difficile. Il faut alors savoir préparer autant que possible en amont son service . Pour le V-O présidentiel de 3 heures en Guyane nous avons travaillé 3 semaines non stop !!!
AUtres élément indispensable savoir s’entourer de collaborateurs qui pourront utilement vous conseiller Officiers ou Gradés et gardiens. Lorsque j’etais Officier en 1999 je me suis retrouvé dans une position ultra délicate dans une manifestation ou nos véhicules étaient éperonnés par des individus ultra violents armés de poteaux signalétiques affutés ! J’etais un peu perdu et un vieux major m’a alors dis « Lieutenant nous pourrions peut être utilement manoeuvrer ainsi. ce jour là « Petit Louis » nous a sauvé d’une sacré déroute et m’a appris à me remettre en question rapidement !!!
Il m’a conseillé sans imposer, j’ai décidé en tenant compte de son avis. Etre Commissaire c’est assumer ce que l’on fait, mais également utiliser avec discernement les informations dont on dispose. Il n’y a pas que la situation présente qui compte mais les conséquences de nos actions fussent elles légales. Dans une société de l’image comme la notre la perception de notre action est aussi importante que l’engagement des forces sur le terrain.
Equilibre précaire qui explique parfois que le M-O même si c’est un exercice passionnant ne passionne pas les foules dans nos rangs car il n’y a pas de fiche réflexe pour chaque situation. Il faut s’entrainer, se préparer, rester humble et bien souvent savoir improviser !
La France dispose d’un vrai savoir faire dans ce domaine reconnu par de nombreux pays, le respect de la vie humaine des manifestants est placé tout en haut de nos préoccupations même dans des situations ou parfois nos forces sont engagées de plus en plus souvent par des individus armés !
J’espère avoir répondu à vos attentes.
A bientot Kevin et ne lachez rien
Joel
Samedi 27 février 2010 à 23:29
En réponse à Eric
Bonjour Eric, quand je parlais à mon grand père gendarme en suisse à partir de 1924 il me racontait que déjà à cette époque les fêtes communales finissaient de façon assez chaotiques
Dans les grands rassemblements comme dans les mariages le plus dur n’est pas d’arriver mais de repartir lol . Ce que je conseille toujours aux familles c’est de partir dès la fin des feux d’artifices, ou après les dernières notes d’un concert et ainsi il n’y a que rarement de soucis.
A tres vite
Joel
Dimanche 28 février 2010 à 14:13
En réponse à BAC 24
Merci du commentaire. C’est clair qu’il est necessaire de gérer avec tact les situations les plus difficiles, et dans ces cas là une bonne connaissance des us et coutumes locales est indispensables.
Les effectifs ont enormément donné cette année encore. cela n’est pas étranger au fait que nous n’ayons pas eu d’homicide cette année pendant le carnaval. Le bilan est plutot bon si l’on peu dire.
Les personnels ont eu peu de temps pour se reposer puisque le VO a eu lieu le lendemain de la dernière soirée des jours gras !
Les charmes de l’Amérique du Sud surement !
bientôt
Joel
Lundi 1 mars 2010 à 11:03
Bonjour Joël,
Il s’agit d’un très bon article, digne de la 59ème promotion !
Petite pensée pour toi et bon courage mon ami…
On essaie de s’appeler bientôt…
Bon courage et gaffe aux caïmans!
Lundi 1 mars 2010 à 12:07
En réponse à AFCE
Bonjour mon ami, merci de ton intervention !
Le 09 mars prochain, je surveille ici les épreuves du concours de TI. 2 candidats pour la Guyane…
Ca doit te rappeller de bons souvenirs, cette angoisse au creux du ventre, la boule dans la gorge, les dernières minutes d’angoisse avant la délivrance lorsque LE SUJET est enfin revellé !
Restons forts, toutes mes pensées pour l’ensemble des collègues au service de la population métropolitaine au lendemain de cette tem^pête devastatrice pour notre pays.
Bien à toi.
Joel
Lundi 1 mars 2010 à 19:41
J’ai vécu à Cayenne 10 ans, le carnaval était à sa hauteur, l’amusement etait de rigueur.
DE TRES GRANDES FETES, en Métropole depuis 15 ans, je trouve déplorable ce comportement d’agressions, ou la Guyane était un havre de paix.
Lundi 1 mars 2010 à 21:07
Merci d’avoir pris sur votre temps précieux afin de répondre à ma question, monsieur le commissaire.
A bientot
Bonne continuation.
Kévin.
Mardi 2 mars 2010 à 11:16
En réponse à Clerc
La notion d’alcoolémie « extrême ou dépassée » est aujourd’hui très souvent associée aux débordements dans les grands évènements festifs, même pour de très jeunes carnavaliers comme c’est le cas ici qui parfois n’ont pas 13 ans !. une perte de repères, la notion d’appartenance à un groupe anonymisé facilite les passages à l’acte.
Cela gache souvent la fête qui dans 95 % des cas se passe bien quand même.
Restons positifs…
bonne journée.
Joel
Mardi 2 mars 2010 à 11:18
En réponse à Kevin
Pas de quoi c’est la mission des « bloggeurs » sur ce site. Tenter d’expliquer nos missions, nos problématiques ce qui fait que par bien des cotés notre métier est Unique et si passionnant.
A bien^tot
Joel
Mercredi 3 mars 2010 à 10:35
Salut Joel,
bonjour, avant tout je tiens à vou féliciter pour votre parcours, je respecte les gens qui en veulent…Et merci pour les infos et du quotidien du métier et des coutumes de Guyane, très intéressants.
Je me présente brièvement, j’ai grandi en Guyane, 19 ans, autant dire plus de la moitié de ma jeune vie (j’ai 27ans). Actuellement je suis militaire (depuis 6 ans),plus précisément sous officier dans un commando parachutiste dans l’armée de l’air. J’ai choisi ce métier pour tout ce qu’il offre en émotion et en expérience hors du commun (la vie en guyane n’est rien à coté). Je vous avoue que je me suis épanoui dans ce métier et eu beaucoup d’opportunité que j’ai su saisir, sans compter les opérations extérieures riches en expériences palpitantes. J’ai également eu l’occasion de cotoyer l’élite des forces armées françaises et quelques une étrangères, ce que je ne pourais faire nulle part ailleurs. Je dois l’avouer, j’en suis assez fier.
Arrivé à un tournant de ma carrière, j’ai désormais l’occasion de me lancer définitivement dans cette voie et acquérir un statut qui me hisserait vers une carrière sûre parmi les meilleurs de ma spécialité. Mais, je ne ressens plus ce besoin de rencontrer l’inconnu. Je n’éprouve plus la même sensation lors des activités, aussi intense soient elles. Le fait de se préparer à lutter contre un ennemi indéfini, parfois abstrait, ne me passionne plus. L’entrainement continu dans le but unique d’être réactif le moment venu n’est plus à la hauteur de mes exigences. Jai besoin de concret, de palper l’action, de renouveau.
J’ai donc pris la décision de tourner cette page. Je veux passer à autre chose. J’ai toujours sû que ce moment viendrais. Il ne s’agit pas ici d’une vocation tardive. Juste le besoin de mettre mon energie et mes compétences au service d’une autre institution. Je sais également que le cadre de vie extra professionnel commence à se faire ressentir (plus de la moitié de l’année en déplacement ne laisse pas beaucoup de place pour la famille). Aussi, je dois être sincère, la guyane (les gens peuvent dire tout le mal de ce département) reste le département qui ma vu grandir, je ne peux imaginer faire toute ma carrière loin d’elle.
C’est donc pour ces raisons que je me suis lancé un nouveau défi, je souhaite passé le concours de gardien de la paix déconcentré en guyane. Je sais que seul les plus déterminés y parviennent, et les plus motivés et mieux préparés aussi. Je me suis renseigné déja, je vais postuler en interne par mon administration (je vais demander la guyane). Mais je ne sais pas s’ils prennent en compte la Guyane ou si le passeport militaire (nouveau dispositif de reconversion) n’est valable que pour la métropole. Je me suis également inscrit pour le prochain concours national de gardien de la paix (à titre de préparation). Je confesse que je n’ai pas vraiment envi d’être muté en métropole. J’ai déja servi l’Etat assez longtemps ici, mon choix est exclusivement porté sur la Guyane. Je sais qu’une campagne de recrutement locale sera effectuée bientôt afin de constituer un vivier pour Saint Georges (d’après la SATP de cayenne). Je commence sérieusement à me préparer dès à présent.
Je vous demande simplement quelques informations :
Pensez vous concrètement qu’un concours déconcentré sera effectivement réalisé cette année en guyane? Et si oui, je ne sais pas si le nombre de place est limité ou si les candidatures sont nombreuses. Je dois connaitre à peu près le degré de difficulté que je vais devoir affronter.Pouver vous me dire si les besoins sont réels en effectifs nouveau?
Je vais mettre toutes les chances de mon coté. J’aimerais si c’est possible que vous me donniez quelques conseils, le cas échéant, pour mes révisions.
Enfin, je suis tout à fait réaliste, je sais que la route est longue, et aussi que quelqu’un de motivé et determiné est toujours le bienvenu dans la maison (surtout quelqu’un qui a un « passé » technique et tactique, qui parle couramment le portugais et le créole et qui connait bien les recoins de cayenne), mais je dois quand même faire mes preuves lors du concours et si tout se pase bien convaincre le jury.
Pouvez vous donc me dire si ma démarche peut porter ses fruits? C’est en tout cas ce que je me suis fixé comme obectif.
J’attendrai votre réponse avec impatience.
Dici là, portez vous bien !!!
tchinbé rèd, pa moli !!!
Mercredi 3 mars 2010 à 17:16
En réponse à Christian
Jodla !
, lointain souvenir de l’Aspi que j’etais, tout comme les 3 mois d’hosto qui ont suivis à LAMALOU-LES-BAINS !!!
Votre maison mère a du être Nimes EFFCMC, j’y ai également servi naguère comme Aspirant chez les Fusco avant de percuter un peu trop fort la planète à Pujault
les reconversions sont nombreuses chez nous il n’est pas rare d’avoir d’anciens légionnaires, d’anciens pilotes d’hélicos ou démineurs qui un jour tournent la page. Je sais que des filières passerelles sont prévues mais je dois avouer que je n’en maitrise pas les subtilités. Le N° vert de la formation qui est donné sur le site doit pouvoir utilement vous renseigner.
Concernant le concours déconcentré, je ne sais quoi vous répondre; je n’ai pas d’informations vérifiées aujourd’hui quand a savoir s’il y aura prochainement un concours déconcentré ici.
le nombre de candidats qui arrivent aux oraux est en moyenne de 5 candidats pour un poste ce qui est un bon ratio, dans tous les cas à m’appeller en passant par le secrétariat de l’Hotel de Police de Cayenne, nous trouverons bien un moment pour converser de vive voix.
D’ici n’oubliez pas qu’il faut être et durer.
SICUT AQUILA
joel
Vendredi 5 mars 2010 à 18:45
Bonjour mr le commissaire,
Je m’appelle Patrick, j’ai 21 ans et je me destine a épouser votre profession. Je vous remercie de nous faire partager quelques moments de votre quotidien. A la lecture de vos articles je m’interroge sur votre métier. Pensez vous que votre expérience là bas soit représentative de la profession de commissaire en général ?
merci et bon courage pour la suite, j’attends votre prochain article
patrick59
Vendredi 5 mars 2010 à 22:48
TEL L’AIGLE,
Ravi d’apprendre que vous avez servi dans notre maison, mais pour info la maison mère est actuellement à Dijon et c’est l’EFCA (Escadron de Formation des Commando de l’Air). Et on continue toujours à percuter la planète, sauf que des fois on fait aussi de la chute ce qui est bien plus intéressant et moins traumatisant.
Merci pour vos informations et d’avoir pris le temps de répondre. Je me suis un peu renseigné de mon coté et parait il qu »on peut demander la guyane lors de notre demande d’emploi reservé ( ce que je compte faire bien sûr. Et comme je suis un peu entêté je vais quand même me préparer pour passer les éperuves du concours dès que l’occasion se présente.
Je ne manquerai certainement pas de vous contacter, peut être qu’on aura même l’occasion de se rencontrer lors de ma visite annuelle à la famille…
D’ici la je tâcherai de préparer ma reconversion tout en continuant de m’entrainer avec mon équipe pour de futures missions, les denières…
Juste un pti point qd même, elle ressemble vraiment à une tenue américaine la votre, est ce que je me trompe?
En attendant soyez fort, commissaire ! Et , c’est vrai, il ne faut surtout pas oublier de regarder en haut …
Christian
Dimanche 7 mars 2010 à 12:12
En réponse à patrick 59
Bonjour
On me pose souvent cette question quand à savoir si mon expérience ici est représentative de ce que font les commissaires de police.
je répondrai OUI et NON en meme temps, « facile » direz vous mais je vais argumenter mon propos.
Je compare souvent la profession de Commissaire de Police et de Médecin, les deux mondes ont beaucoup de ressemblances. Est il possible de dire qu’un médecin ressemble à un autre ? entre le généraliste rural et le spécialiste de chirurgie cardiaque qui travaille dans un centre ultra spécialisé il y a deux mondes.
Il en est de même pour les commissaires. Je suis un commissaire au sein d’une direction : la DCSP qui se veut généraliste. Cela n’a rien à voir avec des directions spécialisées telles que la DCRI, le SPHP ou d’autres. En ce sens nous ne faisons pas le même métier. Au sein même de ma Direction d’Emploi « généraliste » il n’y a pas un mais des métiers de commissaire. On va dire qu ma filière est celle d’un Commissaire polyvalent qui dans la même journée peut se retrouver comme interlocuteur du Préfet dans une réunion, puis assister un huissier, superviser une opération de terrain, et passer deux heures a signer des parapheurs de demandes de jonction, de factures, et de procédure à adresser au Parquet. Ceci est la réalité. Alors NON il n’y a pas UN mais DES métiers pour un commissaire.
D’un autre coté on peut répondre que mes fonctions sont représentatives de la profession de commissaire, car comme mes collègues nous dépendons du même ministère, nous avons un cursus initial de formation commun, nous avons des responsabilités communes celles inhérentes à notre Corps d’appartenance au sein de la fonction publique.
Les commissaires sont aussi percus comme une entité, les « gens » en général ne font pas la distinction entre nos « métiers » nous faisons parti d’un Tout. Les médias et les fictions ne sont ps étrangers à cet état de fait.
Pour terminer -cela fait dix fois que je tente de terminer ma réponse, car ma fille de 24 mois est décidée à ne pas me donner 30 » de calme !!!
-, j’ai la chance ici en Amérique du Sud au sein d’une Direction généraliste de bénéficier d’une très grande d’autonomie et autorise une certne decontraction dans notre présentation par exemple.Je ne porte jamais la cravate, il faut s’adapter aux conditions locales…
Cela n’est pas forcément le cas pour tous mes homologues de métropole, mais d’un autre coté nous ne sommes pas très nombreux ici ce qui impose une disponibilité pour les commissaires de tous les instants jour et nuit. C’est la contre partie de notre marge de manœuvre.
en conclusion, je n’ai ABSOLUMENT PAS la prétention de dire que je représente l’ensemble des commissaires dans ce que je fais au quotidien,modestement je suis juste UN commissaire avec des missions et des responsabilités qui correspondent à un poste dans un département ultra marin atypique.
J’espère avoir répondu à vos attentes. Au plaisir Patrick 59, et comme vous vous destinez à épouser notre profession comme vous dites, je ne peux que vous inviter à lire la revue CIVIQUE du Ministère de l’Intérieur qui vous présentera d’autres commissaires dans leurs missions journalières dans des directions très différentes.
joel
Dimanche 7 mars 2010 à 12:15
en réponse à Christian !
j’espère avoir bientôt de vos nouvelles ! D’ici là continuez vos préparatifs pour passer les concours, votre expérience sera de toute façon valorisée dans notre administration.
Au plaisir joel
Dimanche 7 mars 2010 à 19:43
pour christian suite :
pour la tenue effectivement, un cadeau d’amis US. tenue ACU MARPAT complète qui ici me sert très très souvent des que nous quittons les sentiers battus urbains parfaitement adaptée aux conditions climatiques locales. C’est INCREVABLE.
voilà
joel
Lundi 8 mars 2010 à 15:57
Et ouais,Je voit Beaucoup l’effort de la police pendant le carnaval,J’y etait pendant toute les journée main il y a des moments que la police donne une impression de PEUR,la plupart tu temps en aurait dit qu’il attendent que les bagarres ce termine pour intervenir.En voit des jeunes en pleine foule avec leur KALI ou des mineurs avec de l’acool,Tout cela ne devrirait pas Arriver,
Suis D’origine Bresilienne ,et une chose que je sait qu’au bresil la police ne blague pas,Les tit jeune qui rude les rue de cayenne entrain de faire le gaide ,Main malhuereuxement je trouve que la police FRANCAISE est trop Mole ,
Main malgrée vos defaut ,c’est ce que je desire de faire dans le future !
A+
Lundi 8 mars 2010 à 22:51
Salut mon ami!!!
J’ai découvert le blog depuis peu et je suis tombé sur ta photo et tes posts. (et quels posts).
Un seul mot « impressionné » que dire dire d’autre !!!!
N’oublie pas de profiter un peu du hamac !!
@+ Denis (de lyon)
ps : n’oublie pas ma proposition pour le mois d’aout.
Mardi 9 mars 2010 à 13:49
en réponse à Denis
Merci de ton message.
. le « supporter de foot fondamentaliste » est un adversaire coriace qui n’a pas sa place dans une tribune de stade. je ne doute pas que dans le respect de la déontologie, du CPP et des valeurs qui nous animent tu travailles avec tes effectifs à pacifier le stade !
Moi aussi suis impressionné par les résultats de la S-I-R de Lyon
Pour le mois d’Aout j’y travaille, un stage adapté à notre culture locale pour les effectifs CDI et BAC sera le bienvenu.
Take care
« au delà des grades, au delà des unités une même ferveur anime les soldats de la République » !
joel
Mardi 16 mars 2010 à 19:25
Bonjour,
c’est en surfant sur le net et particulièrement à la recherche d’info sur le travail des collègues de Guyane que je suis tombé sur votre blog.
Nous nous sommes « croisés » sur le 1er au Forum, j’étais adjoint à Phil DI….aux îlots. Félicitations pour le parcours et prenez soin de vous.
Peut-être à bientôt à Cayenne.
Séb PIC
Mardi 13 avril 2010 à 10:09
Bonjour Joël,
Depuis le début, je suis vos évenements au sein de CAYENNE. Je souhaite un jour pouvoir, travailler comme vous.
Depuis tout jeune, je suis quelqu’un qui aime le gout de l’action et des grandes responsabilités. J’ai toujours souhaité devenir un jour COMMISSAIRE DE POLICE. Malgré des problèmes familiaux qui m’ont empeché malheureusement de continuer mes études.
Je me suis inscrit en tant ADS dans le sud de la FRANCE METROPOLITAINE pour avoir un pied dans le métier, et un autre moyen de passer dans le CEA. Je suis originaire de la GUYANE via ma famille maternelle. J’ai, d’ailleurs, des parents plus ou moins éloignés qui sont collègues en GUYANE.
Je sais qu’il est dur désormais, de commencer en bas de l’échelle pour en finir au sommet. Mais je ferais tout pour y arriver. Même un jour, passer le concours GPX déconcentré GUYANE. Dans mon service, l’ambiance est conviviale, le travail est sérieux. Cependant beaucoup de déception s’acumulent, tel que le respect du métier des citoyens, ou même des propres collègues ou patrons qui manquent de respect humain envers tout grade, ou encore des acquis qu’on enlève aux fonctionnaires de police. Des faits qui me démotivent.
Grâce à ce que vous contez dans vos articles, la motivation revient petit à petit malgré des sessions de concours interne offrant très peu de postes GPX. Vous expliquez, les raisons de votre engagement, et ceux duquel un jour je désirerez en jouir.
Alors je vous dis simplement, merci de m’avoir en quelque sorte remonter le moral.
et j’espère qu’on pourra suivre encore vos aventures.
CORDIALEMENT
JONATHAN C.
Samedi 24 avril 2010 à 16:25
Bonjour Joël ,
Tout d’abord sa fait un petit bout de temps que je suis vos articles et je tiens moi aussi a vous féliciter pour votre parcours , pour ce que vous faites ainsi que pour vos très beau articles .
D’autre part , j’aurais aimé avoir un renseignement , notamment de la part d’une personne comme vous , à savoir ai-je une chance en passant le concours d’officier de police en ayant DUT et une licence en Génie civil ? Sachant que le génie civil est un domaine passionnant aussi mais qui n’a rien avoir avec celui de la Police et pour lequel je n’ai plus tellement d’attrait .
Je vous remercie , bonne continuation .
Cordialement
Antoine .
Mardi 11 mai 2010 à 12:52
Bonjour joël ,
je suis futur gardien de la paix , et j’aimerais savoir, si les mututations dans les Dom-Tom durant la carière de policier sont Nombreuses ?? Et, ai-je plus de chance d’obtenir une mutation en Etant gradé ( lieutement par exemple) ???
Merci à vous et Bon courage !!