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C’est mon sang

Mardi 13 juillet 2010

Une journée de juin 2010. 13h10. L’appel des effectifs de l’après-midi est terminé, chacun prend son poste. Je profite de ce moment de mise en place pour prendre le café avec les officiers de quart et évoquer les missions de la vacation.

A peine installés, le téléphone sonne : un des collègues de la ligne frontière « départs » vient de découvrir une fiche de recherche. Il explique que la personne recherchée est un bébé de trois mois, et que la conduite à tenir apparaissant sur la fiche est « interpeller ». Il doit y avoir une erreur. Forcément.

D’après les premiers éléments, la fiche a été activée par les Pays-bas. Dès lors, pour avoir plus d’info, nous devons passer par le biais de S.I.R.E.N.E. France. SIRENE est l’acronyme de « Supplément d’Information Requis à l’Entrée Nationale » : il s’agit d’un service qui, installé dans chaque État Schengen, permet l’échange d’informations additionnelles ou supplémentaires sur les signalements entre les États. Ces bureaux communiquent des informations supplémentaires sur les signalements et veillent à ce que les mesures appropriées soient prises en cas d’arrestation d’une personne recherchée, lorsqu’une personne qui s’est vue refuser l’entrée dans l’espace Schengen essaie d’y entrer à nouveau, lorsqu’une personne disparue est retrouvée, quand un véhicule ou un document d’identité est saisi, etc.

A notre grande surprise, SIRENE confirme l’info : le bébé est recherché et la fiche a été activée la veille. N’ayant pas davantage d’informations, SIRENE doit contacter les autorités hollandaises pour pouvoir nous communiquer le motif de la recherche et la conduite à tenir.

Les parents sont là, assis au poste de police du terminal, s’occupant tranquillement de leur enfant. Pour le moment, on temporise, on pose les questions de base sans trop axer sur le bébé : situation de famille, éventuel divorce de l’un ou de l’autre, enfants d’un précédent mariage… Un examen de situation qui est censé nous permettre de sentir d’où peut venir le problème à l’origine de la fiche. Et là… Rien. Enfin, rien de particulier. La maman est hollandaise, le papa syrien et le petit a la double nationalité. Le mari a deux autres enfants, qui sont dans la famille en Syrie, il s’est marié avec la mère du bébé il y a 4 ans. Ils vivent aux Pays-Bas, où le petit est né, et ils partent en vacances dans la famille en Syrie. Ils sont venus en voiture à Paris où ils ont passé 2 jours avant de prendre leur vol… Et maintenant, ils sont là… Calmes… Pas vraiment curieux de la raison pour laquelle ils sont retenus chez nous, et c’est bien ce qui nous fait penser que, contrairement à nous, ils savent pourquoi.

Le temps passe, et SIRENE a du mal à obtenir les informations. Le consulat de Syrie m’a déjà contacté pour savoir ce qui se passe et je ne peux rien leur répondre. Je décide d’activer le consulat hollandais, espérant pouvoir obtenir des infos par leur biais. Mon interlocutrice est déjà au courant de la situation et vient de recevoir les documents que nous attendons désespérément depuis des heures… en hollandais… forcément. Elle se propose alors de nous les traduire et de nous les faxer. Quoique cela ne soit pas très orthodoxe, j’accepte et la remercie, avec un peu de chance, elle ira plus vite que SIRENE.

Quelques minutes plus tard, SIRENE nous faxe finalement des éléments : nous apprenons alors que la mère de l’enfant est sortie il y a quelques jours d’un hôpital psychiatrique et que la veille, un juge hollandais a placé l’enfant dans une famille d’accueil, sous tutelle des services de protection de l’enfance. Le tout, bien sûr, assorti d’une interdiction de quitter le territoire hollandais. Le problème étant que les parents n’étaient plus chez eux lorsque le jugement aurait dû leur être notifié et l’enfant leur être enlevé.

Et les parents sont là, assis au poste de police du terminal, s’occupant tranquillement de leur enfant… que NOUS allons devoir leur enlever, alors qu’eux sont libres.

Le consulat m’informe qu’effectivement, deux membres des services de protection de l’enfance se mettent en route depuis le nord des Pays-Bas, en voiture, pour venir récupérer l’enfant. Ils ne seront donc pas chez nous avant au moins 5 heures.

Ayant enfin toutes les informations, nous rappelons alors le magistrat de Bobigny dont nous dépendons pour que celui-ci nous donne les instructions adéquates.

Sans nous l’avouer, nous croisons les doigts pour qu’il nous dise de garder tout le monde chez nous en attendant les services hollandais. Certes, c’est compliqué, les locaux sont inadaptés, inconfortables, par toujours très propres, bruyants, parfois pas très bien fréquentés… mais je crois que je préfère ça à devoir leur annoncer que je leur retire leur bébé de trois mois.

Mais le magistrat prend la décision logique, qui s’impose, mais celle que l’on ne voulait pas entendre : l’enfant va être placé en foyer en attendant d’être pris en charge par les Pays-Bas.

Alors on enclenche la procédure de placement auprès de l’aide sociale à l’enfance.

L’officier de quart passe sa tête par la porte de mon bureau et prononce la phrase que je redoute depuis un moment : « bon, on ne peut plus repousser, il va falloir qu’on leur dise… ».

Comment ? Comment annoncer à des parents qu’on leur retire leur bébé de trois mois ? On ne parle pas la même langue, ils ne sont pas dans leur pays, je suis en uniforme… Comment ? Quels mots ? Et à qui ? Aux deux parents simultanément ? A la mère ? Non, au père.

Alors je fais venir le père, et un interprète. Je ne sais plus ce qu’on lui a dit. Mais je me souviens de sa colère d’homme, puis de ses larmes de père, et de cette phrase qu’il m’a dite en anglais, pour que je la comprenne sans interprète : « it’s my blood ». C’est mon sang.

Et alors l’inquiétude prend le dessus : Qui va s’en occuper ? Personne ne sait s’en occuper comme nous ! Que va-t-il manger ? Où va-t-il dormir ? C’est un bébé…

Il veut fumer… dans nos putains de locaux non-fumeurs… Je lui enlève son fils, et je ne peux même pas le laisser fumer. Alors on sort. Je l’accompagne fumer dehors. L’officier de quart reste avec nous, certes par sécurité, mais aussi pour partager ce poids. L’interprète aussi nous accompagne. L’homme nous parle. De son fils, de son appartement, de sa femme, nous montre des photos de son bébé prise avec son portable les jours précédents, quand leur vie semblait normale.

Il nous demande s’il peut l’annoncer lui–même à sa femme. Pour faciliter les choses, c’est ce que nous voulions. Nous les laissons seuls quelques instants. Enfin presque seuls : la mère ayant un passé psychiatrique, nous ne l’avons jamais laissée seule avec son enfant.

Le responsable du foyer est là, il prend note des heures de sommeil, de repas, de la marque de lait, prend quelques habits que les parents sélectionnent. Et part avec l’enfant. Au moment de partir, il me dit : « vous savez, si on leur retire, ce n’est quand même pas pour rien… ».

Il a raison. Je sais qu’il a raison.

Les parents quittent à leur tour nos locaux, il est 21h15. Ils ne sont plus que deux. Et me remercient.

Je sais qu’il a raison.


58 réponses à “C’est mon sang”

  1. Fatima a dit:

    Bonjour Loïc,
    pour commencer, très bel article, cela témoigne bien que quelque soit le métier qu’on entreprend, on est parfois boulversé et touché par certaines situations.
    J’aimerais travailler à la PAF, je viens d’envoyer mon dossier de demande d’inscription en ligne pour le concours « gardien de la paix » au vu des recherches effectuées sur Internet sans trop de précisions, je ne sais pas comment procéder? est-ce après avoir obtenu le concours externe de gardien de la paix que je passe le concours de la PAF en interne?
    Merci de m’aiguillier…
    A bientôt!

  2. FrancePol a dit:

    Bonjour à tous,

    Est ce quelqu’un pourrait me décrire une semaine type à l’École Nationale des Officiers de Police?
    Je cherche l’info partout sur le net, en vain.. est ce quelqu’un connaît par hasard, la moyenne d’âge dans la Police pour tout les corps?

    Rémy

  3. Emilie75015 a dit:

    Bonjour,

    Je suis actuellement en 4ème année de droit, et je souhaiterais passer le concours de lieutenant de police à la fin de ma scolarité.
    Cependant une question me préoccupe. Je souhaite de me faire un tatouage au niveau de l’épaule mais je ne sais pas si cela est autorisé ?!

    Merci d’avance de votre réponse.

    Bonne continuation.

  4. candidat potentiel a dit:

    Bonjour,

    et merci pour ces témoignages toujours très intéressants…

    J’aurais une question concernant la scolarité en école, question qui après de nombreuses recherches est restée sans réponse.

    D’après ce que je pense savoir, la scolarité à l’Ensop se fait en internat.
    Le régime de l’externat semble possible, à condition de résider à proximité de l’école. (30km?)
    Est-ce une condition absolue?
    J’habite le sud de Paris, et je vais prochainement devenir père.
    Dans ces conditions, il m’est difficile d’envisager d’être loin de ma famille 5 jours par semaine.
    Je ne pense pas que ceci constitue une incompatibilité avec les fonctions d’officier.
    Je suis persuadé que je ne suis pas le premier à me poser cette question, et je me demande s’il existe des précédents concernant cette « dérogation » à l’internat.
    Je ne sais pas si je pose la question au bon endroit ; mes excuses si mon message est totalement hors sujet.

    Je vous souhaite une bonne continuation.

    A bientôt.

  5. Lex a dit:

    Bonjour, je suis actuellement en L2 de droit à Nancy, je passe également un DU de criminologie et envisage me concours d’officier de Police l’an prochain. On nous demande déjà de réfléchir à notre parcours en L3. Je voulais savoir si vous aviez des conseils à me donner afin de mettre toutes les chances de mon côté. Dois-je prendre un parcours droit privé ou droit public? Quels sont les TDs et les mineures que vous me conseillez? Y’a-t-il des organismes sérieux de formation que je pourrais intégrer en plus de la fac? Merci beaucoup.

    Alex

  6. Nessa a dit:

    Bonjour lieutenant,
    Ma question est d’ordre médical: j’ai passé dernièrement un examen médical au sein de la gendarmerie nationale. Après avoir passé le test auditive, le médecin a constaté que mon oreille gauche avait un petit souci. En effet, apparemment je n’entend pas les tous petits sons. Est-ce que cela freinera mon concours d’entrée à la police nationale. Je suis titulaire d’un master droit, et cette année j’envisage de le passer.
    Merci par avance de votre réponse.

    Bien à vous.
    Nessa

  7. Elodie a dit:

    Bonjour lieutenant,
    J’ai 19 ans, je suis actuellement en 1ère année de BTS Assistante de manager et j’ai un baccalauréat professionnelle secrétariat. Mon rêve est de rentrer dans la police. Et je me pose de nombreuses questions. Au début je voulais faire une licence et passer le concours de lieutenant de police mais maintenant j’aimerais tenter le concours de gardien de la paix cette année et arrêter mon BTS car c’est j’y arrive pas…
    Je voulais savoir s’il faut être quand même sportif et quelles sont réellement les missions de gardien de la paix. Et si ce concours est vraiment dur ? Quelles sont aussi les différentes écoles de police ?
    Cordialement.
    Elodie.

  8. petitjean a dit:

    Bonjour,
    j’ai réussi le concours de Gardien de la paix d’Avril 2011. Est-ce que vous pourriez me renseigner sur le concours interne de lieutenant ? J’aimerais savoir s’il y a beaucoup de place chaque année, le pourcentage de réussite.

    Merci beaucoup

  9. Nicolas a dit:

    Bonjour Lieutenant,
    J’ai 14 ans et je rêve d’entrer dans la Police depuis un bon moment déja
    J ai été accepté un début d’année en Seconde option internationale au bac et on nous a expliqué que l’opportunité de poursuivre nos études à l’étranger ( notamment aux Etats-unis ) était envisageable. Comme vous, je souhaiterais rentrer dans la Police en tant que lieutenant, ou au moins pouvoir accéder à ce grade par concours interne aprèsavoir passé celui de gardien de la Paix. Je voudrais donc savoir si les diplômes décernés à l’étranger était pris en compte pour les concours et si les diplômes d’études supérieur, comme le « bachelor » ou le « master » américain » pouvait égaler leurs équivalents français, notamment pour les unités telles que la PAF où une bonne connaissance linguistique est importante.
    J’espère que vous pourrez me répondre bientot si vous en avez le temps
    Merci beaucoup d’avance
    Nicolas

  10. Chloé a dit:

    Bonjour Loïc,
    Voilà, je viens d’apprendre que mon dossiers d’ADS était validé et que je serai affecté à la PAF du 78 après avoir finis mes 3 mois d’école.
    Peux tu m’en dire plus sur le rôle des ADS au sein de la PAF?
    Merci d’avance
    Chloé

  11. Sabrina a dit:

    Bonjour,

    intéressant votre blog. Je me destine au même métier et j’aurais aimé vous poser quelques questions qui émanent de ma curiosité si cela ne vous dérange pas?

    Merci

  12. hacene a dit:

    sa montre l’efficacité de la police française et son professionnalisme , et bravo pour le récit vous devez vous pencher plus vers la littérature car c’ été beau de lire sa
    bon continuation

  13. yann67 a dit:

    bonjour, je vous écrit car j’ai passé le concours de gardien de la paix au titre des emplois réservé et en voyant les résultats vendredi, je suis sur liste complémentaire. donc je voudrai savoir si je rentrerai quand même en école ou si je rentrerai en école uniquement si il y a des désistements? et si ce n’ai pas le cas je perd le bénéfice du concours

  14. Nafissa a dit:

    Salut Loïc,
    J’espère que tu te souviens de moi, j’ai fais l’ENSOP avec toi et même qu’on étais dans le même groupe (10), j’étais déléguée des auditeurs étrangers. Comment va ? Je suis ravie de te lire. Je vis actuellement dans le 78 avec mon mari, je viens d’avoir ma nationalité française et je suis en plein démarche pour intégrer la police. Tu peux m’écrire sur ma boite mail. Et encore bravo pour ton courage, ton professionnalisme et surtout ton grand coeur et ton humanisme tout simple. Bisous.

  15. elodie a dit:

    bonjour mon lieutenant
    ce témoignage pas interpellé en effet le métier que vous exercer est la perspective de carrière que je souhaite entreprendre. en effet je suis actuellement en deuxième année droit et donc j’entreprend de passer le concours d’officier l’année prochaine. par contre j’ai une question importante à vous poser que je n’arrive pas à résoudre malgré mes nombreuses recherche en effet j’aimerais avoir l’habilitation d’OPJ sachant qu’une ancienneté de 3 ans est requise pour les gardiens de la paix je me demandais si cette ancienneté est la même pour les officier de police judiciaire ou si le fait de passer le concours d’officier nous octroyait cette habilitation directement.
    dans l’attente de vous lire,
    cordialement

  16. Cécile a dit:

    Bonjour Loic,
    je souhaiterais devenir Lieutnant de Police et donc faire les concours… Je travaille actuellement dans un tout autre secteur. J’ aurais souhaité pouvoir de poser des questions sur le concours, le métier en lui même, la formation, etc pour préparer mon projet.
    Merci par avance,
    Cécile

  17. lucie a dit:

    Très bel article, poignant.. !

    Je vous écris ici pour une demande de renseignements ( je n’ai trouvé que ce site intéressant comparé à la masse de sites internet) . Je suis titulaire d’une licence de droit et souhaite devenir lieutenant de police. Pour ce faire, il faut que je passe le concours. Mais je souhaite faire une préparation au concours, car il se trouve qu’il est difficile à obtenir, et surtout qu’il est national…

    Mais quelle préparation choisir? dans quelle ville?
    si vous avez quelques renseignements… :/ ou des conseils…je prends :)

    D’avance merci,
    Lucie

  18. Loïc a dit:

    @Chloé:

    Bonjour Chloé,

    J’aurais tendance à t’orienter vers un troisième choix, qui est celui d’aller jusqu’à la licence et de passer alors les deux concours. En effet, ces concours sont de plus en plus sélectifs et en passant les deux, tu augmentes tes chances de rentrer dans la police, quel que soit la porte d’entrée !!
    Il n’y a toutefois pas de recette miracle, tout dépendra de ta motivation à poursuivre tes études ou à rentrer plus rapidement dans la vie professionnelle.
    Mais tu dois aussi garder à l’esprit que ce sont des concours, et qu’il est malheureusement possible de ne pas les réussir. C’est pourquoi je ne peux que te conseiller d’aller le plus loin possible dans tes études pour te donner le maximum de chances…

    Bonne journée, et bon courage !

  19. Loïc a dit:

    @ Alexis77:

    Bonjour,
    Il est bien sûr possible de rester à la PAF toute sa carrière.
    Il faut cependant bien distinguer la PAF en général et Roissy en particulier. Tu peux rester à la PAF si la matière t’intéresse, et changer de région en intégrant par exemple une Brigade Mobile de Recherche (B.M.R.), qui dépendent de la Direction Centrale de la Police Aux Frontières et qui ont des antennes partout en France.
    Tu peux donc aussi rester à Roissy plus particulièrement, en sachant qu’en général, les changements de grade s’accompagnent quasi-systématiquement d’un changement de poste.
    Certains de mes collègues sont ainsi à Roissy depuis toujours, et auront fait le tour de tous les services de la plateforme lorsqu’ils prendront leur retraite !!

    Il ne faut par ailleurs pas oublier que notre profession offre une multitude de services auxquels il est « relativement » facile d’accéder. C’est une richesse à ne pas négliger!!

    Bonne continuation !

  20. Chloé a dit:

    Bonsoir,
    Je suis actuellement en première S et je souhaite rentrer en police en tant que lieutenant. Je souhaiterais savoir s’il était judicieux de passer le concours de gardien de la paix pour ensuite passer le concours interne d’officier ou bien d’obtenir une licence en droit pour passer directement le concours en externe d’officier. Je trouve beaucoup d’infos mais toutes ne se ressemblent pas ; j’attends de vos nouvelles et je vous souhaite une bonne soirée.

  21. alexis77 a dit:

    Bonjour,
    Voilà, en prenant l’exemple de Roissy, est-il possible de rester dans la PAF toute sa carrière ou bien doit-on obligatoirement changer de service ?
    Merci d’avance et bon courage

  22. Loïc a dit:

    @Marie (et re-Laetitia)

    Il est clair que dans notre profession, certains postes sont beaucoup plus « chronophages » que d’autres…
    Ainsi, les rythmes infernaux de la police judiciaire ne sont pas des mythes et exigent une énorme disponibilité, de même que certains services de renseignements.
    Il n’y a toutefois pas de règle absolue.

    A titre d’exemple, je peux vous parler de Roissy:

    La grande majorité des effectifs à Roissy ont des rythmes dits « décalés », c’est à dire qu’ils ne sont pas calés sur les horaires de bureau classiques, ce qui permet la présence de fonctionnaires 24/24, 7/7. Dans ces cas, les « heures sup’ » sont relativement exceptionnelles car il y a toujours des collègues pour te relever à la fin de ta vacation et éventuellement poursuivre les affaires que tu as commencé.
    Les Lieutenants d’aérogare, dont je fais partie, sont en « hebdo décalé ». C’est à dire que nous couvrons la plage horaire 05’30-13’30 et que nous sommes relevés à 13’00 par un collègue qui va travailler jusqu’à 21’00. Il n’y a pas d’officiers de nuit à ce poste. Nos fonctions font que, hormis situation exceptionnelle, nous ne faisons que rarement des heures sup’.
    Il exite parallèlement des Officiers de nuit, qui eux, ne font que des nuits et sont les représentants des Commissaires pendant la nuit.

    A l’inverse, le service judiciaire de Roissy est organisé sur un rythme hebdomadaire (08’30-18’30 approximativement), mais si une affaire arrive à 18’00, il faudra la traiter, et il est alors possible d’être amené à travailler jusqu’au milieu de la nuit.

    Globalement, l’évolution de l’emploi des Officiers tend à nous confiner à des horaires hebdomadaires « de bureau », avec des fonctions plus administratives, ne conduisant pas à des horaires ingérables.
    Il faut parallèlement accepter le fait que notre mission de service publique s’impose parfois à nous, et qu’il faut être en mesure de répondre à ces exigences. Ainsi, il faut être conscient que la routine peut très facilement être chamboulée par l’évènement.

    C’est pourquoi il faut par exemple avoir un conjoint compréhensif lorsque tu l’appelles à 17h57 pour lui annoncer que tu ne peux pas aller chercher le petit qui sort de l’école dans 03 minutes, où que tu annules le dîner dans ta belle-famille, pourtant prévu depuis 3 semaines …. ;-D
    De fait, beaucoup de policiers sont d’ailleurs en couple avec des policiers…

    Mais, une fois encore, la diversité des métiers au sein même de notre profession ouvre le choix à des possibilités multiples. C’est ensuite à vous de définir vos priorités et de faire les bons choix !!

    Bonne continuation à vous 2 et bon courage…

  23. Loïc a dit:

    @Laetitia:
    Bonjour Laetitia,

    Concernant les concours, qui peut le plus peut le moins, alors passe les deux !! Si tu as le concours de gardien et pas celui d’officier, tu auras au moins expérimenté le concours et rien ne t’empêche de le repasser une fois à l’école de Gpx, ou plus tard… et alors tu sauras à quoi t’attendre.
    La difficulté de ce type de concours ne vient pas forcément de la difficulté des épreuves mais de la sélection drastique qui en découle. C’est tout le problème des concours: tu peux être excellent, et échouer s’il y des candidats meilleurs que toi… !!

    Pour ce qui est de la vie de famille, chaque cas est particulier. Regarde dans ma réponse suivante, je fais d’une pierre deux coups ;-)

  24. Loïc a dit:

    @Alex:
    Bonjour Alex,
    Ce sont des questions difficiles que tu me poses…

    Notre métier n’est un obstacle à rien. Mes amis, mes vrais amis, étaient là avant et seront encore là longtemps, et ce quel que soit leurs professions respectives… je suis même ami avec des gendarmes et des douaniers, c’est pour dire…!!! ;-) )

    Il y a une formule que j’entends parfois qui dit que l’on a pas d’amis dans la boîte, juste des relations imposées par l’administration.
    Pourtant, je me suis aussi fait de vrais amis dans la « boite », pas juste des relations de travail, des vrais amis.

    Mais tout cela n’est pas propre à la police, c’est le cas pour tout le monde et partout. J’ai tendance à me dire, au delà des divergences d’idées, que si des gens m’ont tourné le dos en apprenant mon boulot, c’est qu’ils ne partageaient pas mes valeurs et que je n’aurais de toutes façon pas pu persister dans des relations de ce type.

    Et niveau vie sociale, ça va, je ne me plains pas… ;-)

    Bonne continuation, et ne t’inquiète pas pour ce genre de choses… les relations sociales ne sont que ce que tu en fais…

  25. Marie a dit:

    Bonjour Loic,
    Votre article prend vraiment, et il est vraiment beau.
    J’ai 15 ans et je rêve de travailler dans la police depuis mon plus jeune âge, depuis environs 4 ans je me suis fixer sur le poste de lieutenant de police, je sais tout ce que je dois faire pour rentrer dans le métier. Mais en continuant de rechercher des informations sur mon futur métier j’ai pu voir que c’est un métier dans lequel il faut être disponible et où la vie de famille n’est pas ce qu’il y a de plus « pratique » (je ne savais pas comment dire ça autrement :) . Comme chaque jeune fille de mon âge j’ai déjà réfléchis à ma vie qui m’attend après et j’aimerai vraiment avoir une famille assez grande. Est ce que c’est une mauvaise idée de me lancer en tant que lieutenant de police, si je veux une grande famille ?! Est ce vraiment dur de gérer les 2 ?!
    Merci beaucoup et bon courage pour la suite. :)

  26. Laetitia a dit:

    Bonjour,
    Je suis titulaire une licence d’espagnol, et me suis réorientée en droit avec le désir cher d’intégrer la Police Nationale. Je suis actuellement en 2ème année, et me suis inscrite aux concours de gardiens et d’officiers de cette année. Seulement, j’aurai voulu un avis concernant le concours notamment d’officier. Premièrement, je sais que les personnes se présentant à ce concours sont en général issus de Master, et du coup avec le boulot de la fac de droit, même si j’ai beaucoup fait de pénal et de civil en TD, je ne sais pas si ca vaut le coup que je tente officier (en connaissance de cause étant donné le nombre très réduit de places) ou s’il vaut mieux que je donne le tout pour le tout à gardien, évidemment plus accessible quit à grimper ensuite en interne. Le concours d’officier est si difficile qu’on le prétend?
    Pour finir, j’aimerais en terminer avec les « on-dit » et savoir si le métier de lieutenant est compatible avec une vie de famille relativement normale ou si le métier de gardien de la paix permet davatange d’être disponible. En gros, s’il y a des différences au niveau horaires notamment entre les 2 corps, comment se déroule leurs vies au quotidien^^.
    Merci beaucoup pour ces informations.
    En espérant très rapidement rejoindre la Police Nationale.
    et Merci pour ce site passionnant^^

  27. Alex a dit:

    Bonsoir Lieutenant,
    Merci de la réponse :)
    J’admets que je suis un peu tiraillé entre le fait de vouloir un job stable, posé, tranquille mais avec un risque de routine, et un métier plus « terrain », mais aussi plus fatiguant. C’est pour ça que je vois deux alternatives, sorte de compromis entre ces deux choses: journaliste ou Lieut’ de police. Chose amusante, journaliste, c’est d’ailleurs ce que vous vouliez faire au départ !

    Mais j’ai encore un peu peur sur quelques détails : niveau relations sociales, ça se passe bien ? Je veux dire, vos amis, votre famille, vous a soutenus et gardé contact en sachant que vous alliez devenir flic ? car maintenant l’image de la police se dégrade de plus en plus aux yeux des gens, ce que je trouve vraiment idiot mais bon…
    Vous vous entendez bien avec vos collèges, vous avez des amis hors police etc ?
    Merci encore et bon courage pour la suite :)

  28. Loïc a dit:

    Bonjour Imen,

    Malheureusement, je ne suis pas le plus à même de te renseigner… Peut-être peux-tu utilement consulter les témoignages d’Anaïs, qui écrit sur ce blog en tant qu’ADS au CSP de Vitry, et qui a déjà décrit les différentes étapes de sa formation, et de son affectation.

    J’espère que tu y trouveras les réponses à tes questions.

    Cordialement.

  29. imen a dit:

    bonjour voila je souhaiterai rentrer à la PAF Jusqu’a
    aujourd’hui personne n’a pu me renseigner et répondre à mes
    question totalement. J’aimerai savoir comment y accéder je sais que
    je dois passer le concour adjoint de sécurité et ensuite comment sa
    se passe ? Ya-t-il un autre concours? est-ce un choix que ej dois
    faire o terme de la formation? J’espere avoir de vos nouvelles
    merci

  30. briscoe a dit:

    Bonjour Lieutenant

    Très bon témoignage des conditions parfois éprouvantes d’un métier si passionnant.

    Je suis aussi intéressé par le concours d’officier de police, dont les dates de concours viennent de paraître. Pour m’y préparer, j’ai consenti à une préparation auprès du CNED qui est un sacrifice financier, mais qui me permettra d’appréhender certaines épreuves.

    Actuellement dans « la maison d’en face » et titulaire du diplôme d’OPJ, j’espère que cela me permettra de me surpasser dans le domaine du droit pénal général.

    Il n’y a plus qu’à donner un bon coup de pédale jusqu’au 22 mars prochain. Il y aura sûrement beaucoup d’élus et seulement quelques places pour tout ce petit monde. Bon courage à tous.

  31. Maxence a dit:

    Je vous remercie lieutenant pour votre recherche d’information. J’ai suivie votre conseil et j’ai appelé le 0800220800. Merci encore et bonne continuation.

  32. Loïc a dit:

    @l’étranger de Camus:

    Bonjour à toi,

    Effectivement, certains Officiers de Roissy ont pris cette problématique à bras le corps et se sont énormément investis dans ce domaine, afin de tenter d’y apporter des solutions, notamment par le biais d’associations présentes sur la plate-forme.
    L’hommage que tu rends à leur travail les touchera certainement.

    Bon courage pour la suite, et peut-être un jour nous croiserons-nous à la cantine ;-) ?

  33. Loïc a dit:

    @ Julien:
    Bonjour Julien,

    Je t’invite à consulter les différentes rubriques de la page « infos concours et métiers » afin de découvrir quels sont les choix qui s’offrent à toi.

    Bon courage, et à bientôt.

  34. Loïc a dit:

    @ Alex:
    Bonjour Alex.
    Concernant les restrictions de postes, il est clair qu’automatiquement, cela conduit à une limitation d’accès au concours. Mais, parallèlement, les Officiers sont aussi amenés à occuper des postes de plus en plus « responsabilisant », et à manager de plus en plus de fonctionnaires. Le recrutement s’annonce (et est d’ailleurs déjà) très « select », du fait, d’une part de la réduction imposée du nombre d’Officiers, mais aussi car c’est le pendant de notre passage à la catégorie A, c’est-à-dire des cadres de l’administration.
    Alors l’évolution annoncée est celle qui est déjà entamée: de moins en moins de poste de terrain pour les officiers, qui vont de plus en plus être cantonés à des tâches de management et de gestion…

    A propos des prépas, elles ne peuvent qu’être utiles. Renseigne toi quand même sur leur taux de réussite au concours, mais parallèlement à ta formation juridique, une prépa est forcément un bon complément, car axée sur les matières que tu auras au concours, ainsi que sur les méthodes pour travailler.

    Enfin, concernant les tests psychotechniques et les entretiens, je crois que la formule a changé depuis que j’ai passé le concours, alors mes infos sont à vérifier. Le test psychotechnique est un questionnaire écrit, qui traite à la fois de ta logique (suite de nombre, phrases dans le désordre…), de ta connaissance de la langue (synonymes, définitions…), mais aussi de ta personnalité (réaction face à telle situation, traits de caractères…). Ce test n’est pas éliminatoire.
    Il sera ensuite entre les mains du psychologue lors de l’entretien oral d’évaluation, pour interprétation éventuelle de tes réponses.

    J’espère avoir répondu à tes questions,

    Bon courage pour la suite et accroche toi, car malgré tout, ça vaut le coup !! ;-)

  35. Loïc a dit:

    @ Maxence: Bonjour, je suis loin d’être un spécialiste des équivalences, mais, j’ai fouillé ce site, et ai trouvé cette information:

    « Le candidat doit être titulaire d’un baccalauréat.

    Sont admis en équivalence d’un baccalauréat tout diplôme, titre de formation ou attestation établie par une autorité compétente prouvant que le candidat a accompli avec succès un cycle de formation au moins de mêmes niveau et durée que ceux sanctionnés par les diplômes et titres requis, qu’ils soient nationaux ou étrangers (européens ou non).  »

    Je peux difficilement t’en dire plus. Recherche sur ce site les informations dont tu as besoin, et n’hésite pas à contacter l’équipe recrutement, qui saura sans doute plus que moi entrer dans les détails !

    Bon courage

  36. l'etranger de camus a dit:

    Bonjour Lieutenant,
    J’ai travaillé à roissy en temps que travailleur social avec emmaus, j’ai été amené souvent à bosser avec des collègues à vous et que je trouvais super humains meme plus humains que des travailleurs sociaux notament sur la problématique des SDF à roissy.

    Vous savez lieutenant, je ne peux pas etre flic puisque je ne suis pas français mais si un jour je le serai je voudrai bosser à roissy..j’adore le cadre et l’envireonnement meme si je sais que cela ne doit pas etre une partie de plaisir d’entendre en permanence les réacteurs des avions ou le bruit des travaux sur les routes de services…

    Mon passage par roissy m’a appris une face cachée chez les policiers, celle du travailleur social en uniforme!

    Roissy me manque, j’aimerai y retourner un jour en temps qu’officier parce que cela me passionne désormais…et entre nous je vous avoue aussi que je suis un amoureux de la cantine de roissy…

    Mes respects lieutenant

  37. julien a dit:

    bonjour
    je souhaiterait m’engager dans la police nationale
    j’ai 19 an mai le problème c’est que je n’ai pas de diplôme
    j’aurait voulu savoir ce que je devait faire
    merci

  38. Alex a dit:

    Bonjour Lieutenant,

    Très bel article, c’est vrai que ça doit faire parti du métier, mais c’est déjà bien de reflechir à ça sans agir bêtement, ça prouve qu’on reste humain après tout…

    J’ai quelques questions, j’ai bientôt 18 ans, je suis actuellement en terminale Eco & Sociale et je compte faire une fac de droit l’an prochain pour justement passer le concours d’Officier plus tard. J’ai vu le problème des restrictions de postes, et je me demandais si à l’avenir cela pourrait peut être évoluer d’ici 5-6 ans, d’après vous.

    De plus, j’ai vu que des prépas à ce concours existaient, pour vous ca pourrait être une bonne idée? Ou bien il suffit de bien bosser le concours, sachant que de plus je fais une fac de droit ?

    Ensuite, pour l’histoire des entretients des tests psychotiques, je dois avouer que je comprends mal ce que c’est exactement… C’est un entretient oral, avec une sorte d’examen de la personne ?
    Merci d’avance !

  39. Maxence a dit:

    Bonjour lieutenant ,
    Voilà je me présente je m’appelle Maxence j’ai 17 ans et je suis en première année de CAP installateur sanitaire. Et si je vous écrit c’est pour que vous me donniez un conseil. Voilà je ve devenir Gardien de la paix, faut-il après mon CAP faire un brevet professionnel (équivalent baccalauréat ) ou passer par la filière des cadet de la république. Merci et très Belle article que vous avez rédigé:-)

  40. Loïc a dit:

    Bonjour Martin,

    Il m’est difficile de donner des conseils. Il est sûr que ta formation est un énorme avantage: le fait d’avoir touché très récemment aux matières principales du concours pendant tes années de droit est un énorme atout.
    Ma formation, en l’occurrence mon M2 en droit pénal des affaires a été l’essentiel de ma préparation ! ! Il faut évidemment se forcer à apprendre les autres matières, et c’est là la tâche la plus ardue.

    L’un des conseils généraux que je pourrais te donner est d’être vigilant sur le temps de l’épreuve de synthèse et de bien répondre à la question (une question y est souvent associée) sans se limiter à résumer les docs. Attention à ne pas essayer à tous prix d’étaler des connaissances qui risqueraient, soit de t’amener sur une pente glissante vers le hors sujet, soit lors de l’oral, de tendre des perches au jury qui n’hésitera pas à les saisir pour te « piéger ».

    Enfin, je ne peux que te conseiller d’y aller sereinement, en sachant que c’est un concours, et que par définition, tout le monde y a ses chances…

    Quoiqu’il en soit, je te souhaite un bon courage, et n’hésite pas à me contacter si tu as des questions plus précises !

  41. Loïc a dit:

    Merci JRB.
    Content que tu aies pris du plaisir à me lire. ;-)

  42. Martin a dit:

    Bonjour Lieutenant,

    j’avais une question à vous poser : quel conseil donneriez-vous à un candidat pour réussir le concours de lieutenant ?

    J’ai bientôt 25 ans, un M2 de droit pénal en poche, et je vais tenter l’année prochaine ce concours. Pour cela, j’aurais aimé savoir dans quelles conditions vous êtes-vous préparé ?

    Je vous remercie par avance,
    bien cordialement.

    Martin

  43. JRB a dit:

    Bonjour,
    Très bon article, toujours aussi bien écrit.

  44. Replay a dit:

    C’est bon j’ai enfin trouve après quelques recherches, merci quand meme.
    Quand a votre article, malheureusement, ça fait parti du métier… J’espère ne pas vivre une situation pareille un jour.

  45. Replay a dit:

    Bonjour lieutenant, je suis egpx de la 221 bientôt affecte a Roissy, ce n’est plus qu’une histoire de semaine ^^
    j’aurais voulu savoir s’il y avait un bureau syndical au sein de l’aéroport (mgp ou alliance peut importe) et si oui, si vous avez leur coordonnées téléphoniques je suis preneur ;)
    Merci et bonne continuation, et peut être a bientôt =]

  46. Loïc a dit:

    @Chris75003:

    Merci de ton commentaire…

    Je veux bien te contacter, mais… est-ce que l’on se connait??? ;-)

    Bien à toi.

  47. Loïc a dit:

    @ D’aramitz:
    Je te remercie d’avoir explicité ce qui était sous-entendu dans mon texte.

    Je tiens toutefois à précier que mon but dans ce blog, comme d’ailleurs beaucoup de mes co-bloggeurs, est justement d’apporter ce coté humain, en racontant comment, nous, nous vivons ces évènements qui font notre quotidien.
    Cela aurait tout de même moins d’intérêt si nous devions raconter froidement des procédures, réciter des cours de droit, ou lire des brochures de recrutement…

    Pour finir, contrairement à ce que tu penses avoir compris, je souhaite insister sur le fait que mon jugement n’a jamais été altéré par une quelconque implication personnelle. Mon propos était simplement d’insister sur le fait que le traitement d’une affaire ne peut se faire que par la prise en compte de la spécificité des gens que tu rencontres… attitude que tu dois d’ailleurs très bien connaitre du fait de ton expérience des mineurs !!

    Bien cordialement,

    Bonne continuation.

  48. chris75003 a dit:

    Bonjour Loïc,
    Bravo pour cet article ! Bel humanisme.
    N’hésite pas à me contacter.
    Bien à toi.
    Cordialement.

  49. d'Aramitz a dit:

    Cher confrère,
    Laisser un fond d’humanité s’exprimer dans notre profession est tout à ton honneur et nul policier ne devrait s’en départir. Néanmoins ma réaction à ton récit se voudra moins empathique que les posts précédents. L’affect ne doit pas influencer à l’excès nos décisions et nos actes ni nous torturer l’esprit. Faute de quoi, au vu des milliers de situations pathétiques rencontrées sur une carrière, nous terminerions avec une dépression aigüe…
    Malgré ta jeune carrière tu as bien entendu suivi la procédure adéquate. Le policier n’a pas à interpréter les décisions de justice, principalement s’il n’a pas connaissance du dossier. Tu ne connaissais pas l’histoire familiale de cet enfant, ni les parcours des deux parents. Tu ignorais également si cet enfant allait être bien traité en Syrie ce qu’il y serait devenu. J’ai travaillé plusieurs années en Brigade de protection des mineurs et ce qui nous préservait, mes collègues et moi, était le recul professionnel que nous devions porter continuellement sur les affaires traitées. Et pourtant nous connaissions déjà les histoires familiales en détails. Ce n’est pas VOUS qui enlevez l’enfant, c’est le comportement des parents (car si la mère est malade, le père ne doit pas présenter les conditions de sécurité requises pour conserver seul la garde de l’enfant ) qui conduit à cette situation.
    La situation était certes incommode, mais effectivement, le directeur du foyer avait raison !
    Bonne continuation

  50. Loïc a dit:

    Bonjour Hervé,

    Merci pour cette histoire. Ce qui peut apparaitre comme une anecdote au regard d’une carrière participe clairement à la construction de notre propre histoire. De ces aventures que l’on n’oublie pas, et qui, comme tu le dis, nous touchent bien au delà de notre uniforme.

    Notre métier, c’est aussi ça, se rendre compte que la tenue que nous portons n’est pas une carapace indéfectible.

    En y rajoutant une note d’humour, l’on pourrait résumer ces aventures en disant que sous cet uniforme, il y a un petit coeur qui bat… ;-)

    A bientôt, ailleurs ou ici…

  51. Hervé a dit:

    Bonjour Loïc,

    Bien que Brigadier de Police respectueux de la hiérarchie, j’ose m’adresser plus à l’homme qu’à l’officier.
    J’ai senti de l’humanité dans ce texte et ceux qui me connaissent sur ce blog, je pense à Eric, notamment, savent à quel point je suis persuadé que ce qui fait un bon flic est son humanité. Vous êtes un bon flic et c’est aussi pour ça que je suis fier de faire partie de cette « bande d’humains » chargée de faire respecter la loi, l’ordre et la sécurité.
    Dans une autre vie, lorsque j’étais en tenue, j’ai arraché une petite fille de 5 ans à sa mère hystérique, armée d’un couteau et cloîtrée dans la cuisine. Pourquoi? Tout simplement parce que ses propres parents, les grands parents de la petite, avaient déclenché une procédure contre leur fille qu’ils estimaient inapte à élever sa fille. Ils ont eu gain de cause. Ce jour là, mes collègues et moi nous sommes trouvés bien seuls et désarmés. « La police c’est formateur! » m’avait dit un jour un ancien. Certes mais à quel prix!
    Un détail: je me rappelle que la mère, enfin calmée, après plus de trois heures de négociations, m’avait dit, en larmes, « c’est pourtant moi qui l’ai portée! C’est moi qui est souffert pour la mettre au monde. Elle avait tout mon amour… »
    Autre endroit. Autre époque. Même douleur.

    A bientôt ici ou ailleurs.

  52. Loïc a dit:

    Bonjour Korkmaz,

    Dans ta question, tu évoques deux aspects totalement différents.

    L’interprétariat pour la police comporte en lui-même deux pans:
    - Dans un cadre judiciaire, tu peux faire le tour des commissariats, déposer des cartes de visite, et éventuellement être requise pour faire de l’interprétariat, tu seras alors rémunérée (à l’heure) par le Tribunal de Grande Instance dont dépend le commissariat.
    Tu peux aussi te faire reconnaitre interprète auprès de la Cour d’Appel et ainsi apparaitre sur la liste officielle des interprètes judiciaires.

    - Dans un cadre administratif, à Roissy, nous avons recours à 2 sociétés fournissant un service d’interprétariat.
    L’une à Roissy même, mettant à notre disposition des interprètes physiquement présents pour mener à bien les procédures administratives dans les langues les plus courantes.
    L’autre est une société d’interprétariat par téléphone, qui nous permet de bénéficier des services d’interprètes dans des langues ou des dialectes plus rares.

    Mais surtout, tu fais une confusion importante: tu ne peux pas « être interprète auprès de la police pour assister les étrangers ». Les interprètes auxquels nous avons recours, que cela soit en matière judiciaire ou en matière administrative, ne font que traduire objectivement et ne peuvent pas se poser pas dans une logique d’assistance.

    Si tu te situes dans une optique d’aide, tu dois plutôt te tourner vers les associations d’aide aux migrants, dont je pense que tu pourras trouver facilement les coordonnées sur internet.

    En espérant avoir répondu à ta question,

    Cordialement,

    Loïc.

  53. Korkmaz a dit:

    Bonjour,

    je suis une jeune fille de 24 ans étudiante en 2ème année d’histoire. je voudrais savoir comment je peut être interprète auprès de la police pour assister les étrangers dans les centres de rétention? Je suis bilingue français turque. J’habite sur Montpellier.

    En attente d’une réponse favorable de votre part.

    Cordialement.

  54. Loïc a dit:

    Merci à vous pour ces messages. Et content d’être parvenu à partager ce moment, qui restera l’un des plus marquants de ma jeune carrière… au moins jusqu’au prochain…

    Bon courage à tous.

    Loïc.

  55. Eric a dit:

    Bravo. Très bel article pour une affaire pas banale et vraiment pas simple à gérer…je vais garder mes chefs d’entreprises…véreux..je sais quoi leur dire.
    Brovo pour ton article et bravo pour ton boulot.
    Cordialement
    Eric

  56. tini toon's 62 a dit:

    Bonjour,
    et merci de nous avoir fait partager cette histoire.
    Je vous avoue avoir frissonné jusqu’au dernier mot !
    et ne vous en faite pas lieutenant, c’est vrai : « il a raison !!! »
    Ici dans le nord, c’est tout les jours qu’on voit des petits retirés de leurs parents, pour des soucis d’alcoolisme ou de facture impayé, mais il faut penser a l’avenir des enfants, c’est important quand meme.
    Bref, je vous apporte mon soutien, dans cette experience qui a du etre douloureuse a vivre.
    Et puis qui sait, peut etre qu’il vous remerciera plus tard !
    comme on dit chez moi « celui qui grandit sans probleme, vous remerciera sans gêne »
    a bientot

  57. Fred a dit:

    Très bel article qui nous montre combien dès fois notre métier peut être difficile…

  58. Baboso a dit:

    Wouaw… Un récit poignant, qui retourne les tripes… Et qui pose la question de savoir si le policier se doit d’agir avec son coeur ou avec sa tête. Bien sûr, chacun connaît la réponse : agir en fonction des ordres, c’est la loi du « système ». Mais un policier reste un homme, et vous décrivez très bien ce sentiment qui peut nous traverser tous face à une telle situation, surtout en étant confronté aux parents de ce bébé.
    Bravo pour votre courage, il en faut pour vivre de pareilles situations.

    David.

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