Au coeur de la Cellule 34
Lundi 11 octobre 2010
Un policier, à la financière, travaille très souvent seul. Une banqueroute ou un abus de biens sociaux ne nécessitent certainement pas l’emploi d’un groupe entier de fonctionnaires. C’est un peu frustrant, je vous avoue mais, en même temps, cela permet de ne compter que sur sa technique procédurale et ses propres connaissances et ce côté-là est valorisant. Mais à la brigade criminelle ou aux stups, le groupe d’enquête prend toute son importance.
Crédit photo : ©DRCPN
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La tintinophilie, vous connaissez ?
On pourrait croire le titre d’une fable de Monsieur De La Fontaine, mais non, c’est juste le titre d’une aventure de la Brigade Financière et de la BRI de Montpellier. Cela fait quelques semaines que le groupe « fausse monnaie » de la Division Financière enquête sur un réseau de piégeurs de DAB. Les services de sécurité des banques ont réussi à les avoir sur les bandes vidéo et ils ont leurs « tronches » sur papier glacé. Autant dire que l’affaire part sous de bons auspices.
C’est Audiard qui le disait dans un de ses films : « je suis expert en comptabilité, pas expert comptable ». Le type que j’ai rencontré ben… il a été… un expert en comptabilité… et il est devenu un « suicidé » de très belle « facture ».
Un drôle de titre pour une drôle d’histoire.
S’il est une qualité indispensable à un flic, c’est bien d’être obstiné, voire… extrêmement obstiné !!!! Et ce mot me semble bien approprié à l’aventure qui va suivre. La dernière fois, je vous avais laissé sur une enquête mettant en scène, c’était le cas de le dire, un… metteur en scène et un flic… persuasif. Cette fois-ci, voici un flic… obstiné. Encore une fois, cette aventure va commencer aux plaintes. Je tiens à dire à tous ceux qui vont entrer dans la police et plus spécialement à la Police Judiciaire… Les plaintes, c’est un vivier d’excellentes affaires. C’est certain que c’est… chi… mais c’est là où tout se passe.
Un samedi aux plaintes de la PJ du XIII ème arrondissement de Paris. C’est long les week-ends, et c’est triste les plaintes. Non présentation d’enfants, dégradations de véhicules, vols, cambriolages, coups, violences, les stigmates d’un vendredi soir comme il s’en passe partout en France. Sauf que…
Les plaintes dans un commissariat de quartier c’est formateur mais très ennuyeux, pour un jeune policier affecté à l’investigation. On écoute la misère du monde. On tape des plaintes à longueur de journée. On garde les enquêtes les moins passionnantes et on doit « laisser » les plus croustillantes à la DPJ. C’est ça les consignes. Un flic ça aime pas « laisser » ses enquêtes à un autre. Alors, des fois, on oublie de « shooter » à la DPJ et on enquête soi-même. Et on trouve le voleur et on se fait « enguirlander » par le patron de la DPJ. Mais on voit un léger sourire sur ses lèvres lors de l’engueulade et deux semaines après…
C’est du Polonais et cela veut dire en français : Pourquoi tu as voulu le tuer ?
Mes menottes entravent ses poignets. Du sang coule de sa tête… Des sirènes, les pompiers, des collègues qui courent… J’ai encore le son des coups de feu dans ma tête. J’ai tiré sur un homme… Non, ce n’est pas ça la vérité. J’ai tiré sur un type qui voulait me tuer. Il est pris en charge par les secours. « Il est encore en vie », lance un pompier en découvrant sous sa chemise un gilet pare balle en kevlar. Un kevlar en 1993 ??? Même nous, les forces de l’ordre, nous n’avions pas ce genre de protection. Qui est ce type ? Qui sont ces types ? Armés jusqu’aux dents, protégés par des gilets, porteurs de talkie-walkie…


