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	<title>Blog recrutement Police nationale &#187; Eric</title>
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	<description>Découvrez le blog police nationale recrutement</description>
	<lastBuildDate>Tue, 27 Jul 2010 08:38:20 +0000</lastBuildDate>
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		<title>« Vol 714 pour… L’arnaque »</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 09:38:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1737" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/tintin_fusee.jpg" alt="" width="231" height="296" />La tintinophilie, vous connaissez ?

Y'a des choses bizarres sur cette terre et pour moi... Tintin, c'est bizarre ! Pourquoi ? Me demanderez-vous... 

Déjà, je n'ai pas lu les BD du p'tit bonhomme à la houppette et de son chien chelou... 

Et en plus... Ça me rappelle trop le boulot !

Bref résumé des faits : Un SRPJ, une collègue de la Sûreté, Tintin et votre serviteur.

Mon téléphone sonne alors que je viens tout juste de réussir à retirer ma combinaison de pluie moto après m'être tortillé dans tous les sens sans me vautrer lamentablement au beau milieu de mon bureau. 

Hé oui, il pleut parfois sur Montpellier et la moto sous la pluie... Je ne vous fais pas de dessin...

Crédit photo : ©DAPN/MAPR]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La tintinophilie, vous connaissez ?</p>
<p>Y&#8217;a des choses bizarres sur cette terre et pour moi&#8230; Tintin, c&#8217;est bizarre ! Pourquoi ? Me demanderez-vous&#8230; Déjà, je n&#8217;ai pas lu les BD du p&#8217;tit bonhomme à la houppette et de son chien chelou&#8230; Et en plus&#8230; Ça me rappelle trop le boulot !</p>
<p>Bref résumé des faits : Un SRPJ, une collègue de la Sûreté, Tintin et votre serviteur.</p>
<p>Mon téléphone sonne alors que je viens tout juste de réussir à retirer ma combinaison de pluie moto après m&#8217;être tortillé dans tous les sens sans me vautrer lamentablement au beau milieu de mon bureau. Hé oui, il pleut parfois sur Montpellier et la moto sous la pluie&#8230; Je ne vous fais pas de dessin.</p>
<p>- « SRPJ Montpellier, Financière, j&#8217;écoute.</p>
<p>- Eric ! salut c&#8217;est Sabine de la SD. Ca va ?</p>
<p>- Ouais ça roule. Et toi le boulot ? »</p>
<p>Sabine, c&#8217;est l&#8217;étage&#8230; d&#8217;en face. La sûreté départementale. Le service qui gère les affaires courantes mais ardues qui n&#8217;arriveront pas au SRPJ. Il y a une Crim, les Stups, les Mineurs et tout un tas d&#8217;autres services avec des acronymes des plus surprenants.</p>
<p>- « Ouais ça va le taff .Tiens, j&#8217;ai un truc qui pourrait peut être te brancher. Une de mes connaissances tient une société de livraison de fuel sur Montpellier. Il a des doutes sur l&#8217;honnêteté du gérant. Il ne comprend pas tout en comptabilité&#8230; et moi non plus je t&#8217;avoue. Il peut venir te voir avec le bilan de la boîte et tu pourrais y jeter un coup d&#8217;œil juste pour le rassurer&#8230; et me retirer une épine du pied ?</p>
<p>- Heu&#8230;ben là j&#8217;ai pas mal de boulot et puis&#8230; Je suis flic, pas comptable. Il a un comptable ton pote ? »</p>
<p>Faut avouer que nous n&#8217;aimons pas trop donner des « conseils » en compta. On n&#8217;est pas des comptables, et en plus, les règles de ce noble art changent aussi souvent que les jours qui se succèdent. Alors, je cherche difficilement à botter en touche comme on dit dans la « boîte ».</p>
<p>- « Ouais, il a un comptable mais le mec, il lui cause chinois, en parlant de grands livres, d&#8217;état de rapprochement, de balance et plein d&#8217;autres « gros » mots. Allez sois cool&#8230; Juste quelques minutes&#8230; Tu le rassures, tu lui dis que tout roule et hop tout le monde est content », insiste ma copine.</p>
<p>C&#8217;est acharné et persuasif un flic, et c&#8217;est pire quand c&#8217;est une flic. Je vais céder&#8230; Je sens que je vais céder.</p>
<p>- Bon ok. Demain matin au bureau avec les trois derniers bilans de la boite. On va voir ça.</p>
<p>- Yes, t&#8217;es sympa. Je te revaudrai ça, claironne mon amie, contente d&#8217;avoir réussi ce qu&#8217;elle voulait depuis le début&#8230; C&#8217;est-à-dire, me passer le « bébé ».</p>
<div id="attachment_1741" class="wp-caption aligncenter" style="width: 328px"><img class="size-full wp-image-1741" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/tintin_voiture1.jpg" alt="" width="318" height="240" /><p class="wp-caption-text">Crédit photo : ©DAPN/MAPR</p></div>
<p>Le lendemain à 9h. Un type un peu timide est là devant moi. Des mains de travailleur. Un visage franc, honnête, peut être un peu&#8230; naïf, mais somme toute, un mec sympa. Allez, on va sortir la science comptable.</p>
<p>- « Bonjour m&#8217;sieur. Faites-moi voir ces bilans&#8230; Ouais bon y&#8217;a pas de fortune dans votre boîte m&#8217;sieur. Le résultat financier n&#8217;est pas lourd et pourtant vous avez un bon chiffre d&#8217;affaire&#8230; Y&#8217;a trop de charges à mon sens et en plus, votre marge sur la vente produit est faible&#8230;</p>
<p>- Heu&#8230; Ah bon ?… Ben… Ouais, enfin bon. Vous savez, moi je fais les réparations des chaudières. Je travaille 10 heures par jour. Le gérant, il fait les livraisons de fuel. On a plein de clients, mais pas de sous en banque. Nos concurrents gagnent des milles et des cents et nous, on a rien à la fin du mois à la banque. Alors je ne comprends pas. »</p>
<p>La situation ainsi décrite, je ne la comprends pas non plus. Je pousse un peu plus avant mes interrogations.</p>
<p>- « Et y&#8217;a pas de soucis avec le gérant ? Sabine m&#8217;a dit que vous aviez des doutes sur lui. Il pique dans la caisse ?</p>
<p>- Ben dans la caisse j&#8217;en sais rien mais&#8230; »</p>
<p>Et il me sort trois photocopies de chèques et m&#8217;explique qu&#8217;il s&#8217;agit des doubles de chèques rédigés par des clients, mais je remarque que l&#8217;ordre sur le chèque n&#8217;est pas celui de la société mais&#8230; Celui du gérant.</p>
<p>Mon client rajoute :</p>
<p>- « J&#8217;ai réussi à récupérer ces chèques chez des clients. Il a le droit le gérant de déposer ces sous sur son compte ? » me demande-t-il d&#8217;un air tellement candide, que je sens une grosse embrouille derrière tout ça.</p>
<p>- « Heureusement que non, il n&#8217;a pas le droit, c&#8217;est des abus de biens sociaux ça m&#8217;sieur, mais bon trois chèques, c&#8217;est pas la fin du monde. Bon allez, je vais vérifier tout ça. Je vais prendre votre déposition et entamer une enquête&#8230; Si le procureur le veut bien. »</p>
<p>Un PV d&#8217;audition et un appel au parquet plus tard, j&#8217;entame la plus surprenante de mes enquêtes.</p>
<div id="attachment_1739" class="wp-caption aligncenter" style="width: 241px"><img class="size-full wp-image-1739" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/tintin_fusee1.jpg" alt="" width="231" height="296" /><p class="wp-caption-text">Crédit photo : ©DAPN/MAPR</p></div>
<p>Je sors le grand jeu. Réquisitions aux banques et je demande les copies de chèques déposés, « éventuellement » sur le compte bancaire du gérant, sur une période de&#8230; Allez, je vais jouer large&#8230;10 ans de relevés de comptes. Ben oui, car les ABS (Abus de biens sociaux) étant cachés dans les comptes…Plouf plus de prescription qui tienne (C&#8217;est cool la Financière !!). Les banques gardent 10 ans de comptes&#8230; Alors va pour 10 ans !</p>
<p>Bien mal m&#8217;en a pris quand, quelques jours plus tard, je reçois un coup de fil affolé d&#8217;une employée de la banque, qui me demande, l&#8217;air désespéré de confirmer ma réquisition.</p>
<p>- « Allo monsieur l&#8217;agent. C&#8217;est la banque à l&#8217;appareil, le service des réquisitions judiciaires. Vous voulez bien les copies des chèques déposés depuis 10 ans sur le compte bancaire ? » me demande d&#8217;un air dépité mon interlocutrice.</p>
<p>- « Oui c&#8217;est ça. Mais bon c&#8217;est un compte bancaire personnel, il doit pas y en avoir tant que ça.</p>
<p>- Ben&#8230; C&#8217;est pour ça que je vous appelle. Parce que, comment dire&#8230; À la louche, il doit y avoir 1.000 ou 1.500 chèques déposés sur son compte personnel.</p>
<p>- QUOI ! Vous vous fichez de moi.</p>
<p>- Pas du tout m&#8217;sieur. On n&#8217;a pas le droit de se moquer de la Police en plus ! Je viens de faire le compte y&#8217;en a pour plus de 2 millions d&#8217;euros. Je vous adresse les copies alors ? Et bon courage ! »</p>
<p>Je suis tellement estomaqué que je n&#8217;arrive qu&#8217;à bredouiller un misérable «Merci» de flic un peu dépassé et quelques jours plus tard m&#8217;arrive une montagne de chèques que je vais trier, classer et lister pendant des heures. C&#8217;était rien que des clients de la société. Tous détournés. Tous escroqués.</p>
<p>J&#8217;analyse le compte bancaire de l&#8217;escroc, car maintenant pas de doute, c&#8217;est bien un escroc, et je vois que ce monsieur vit très bien et qu&#8217;il achète plusieurs fois par mois dans une boutique Tintin et il y consacre des sommes&#8230; Hum… Conséquentes. Gros consommateur de BD, en plus des BD qui me semblent un peu chères, alors j&#8217;appelle la gérante de la boutique pour tenter d&#8217;en savoir plus.</p>
<p>- « Monsieur X, bien sûr que je le connais, c&#8217;est mon meilleur client. Il a une des plus belles collections d&#8217;objets de Tintin en Europe. Une référence sur le marché. Un connaisseur je vous dis. Un très grand passionné de Tintin. Un vrai tintinophile. J&#8217;en voudrais des centaines comme lui. Il m&#8217;a tout acheté. Il a toutes les pièces qui existent. »</p>
<p>Je vous décris la fin de tout ça. Une superbe villa en banlieue de Montpellier. Une villa dédiée à Tintin.</p>
<p>Tintin au salon, Tintin dans la cuisine, Tintin aux toilettes, Tintin sur le papier toilette, Tintin dans le jardin, Tintin sur les murs, Tintin sur les étagères, Tintin dans le lit, Tintin dans la chambre, Tintin sur les mugs, Tintin en pinces à sucres, Tintin en abat-jours, Tintin en abat-nuits (Quoi ? Ça n&#8217;existe pas les abat-nuits ? C&#8217;est dommage sinon j&#8217;suis sûr que j&#8217;en aurai trouvé) et même&#8230; Comble de tout&#8230; Tintin en mosaïque sur le bord de la piscine… fait sur mesure. Une pièce unique. Là, j&#8217;ai cru que j&#8217;allais vomir.</p>
<p>Fin de l&#8217;histoire, deux ans de prison dont un avec sursis et obligation de rembourser pas loin de 2 millions d&#8217;euros&#8230; Si après ça, on ne peut pas écrire un « vol 747 pour&#8230; l&#8217;arnaque », je vois pas quel autre titre on peut donner à cette triste histoire. Vous pensez qu&#8217;il va demander un prêt aux héritiers de Hergé pour rembourser les victimes ????</p>
<p>Cordialement</p>
<p>Eric</p>
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		<title>Le Légionnaire et le Distributeur de billets</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Apr 2010 09:34:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1569" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/DAB.jpg" alt="" width="317" height="220" />On pourrait croire le titre d'une fable de Monsieur De La Fontaine, mais non, c'est juste le titre d'une aventure de la Brigade Financière et de la BRI de Montpellier. Cela fait quelques semaines que le groupe « fausse monnaie » de la Division Financière enquête sur un réseau de piégeurs de DAB. Les services de sécurité des banques ont réussi à les avoir sur les bandes vidéo et ils ont leurs « tronches » sur papier glacé. Autant dire que l'affaire part sous de bons auspices.

Crédit photo : ©DAPN/MAPR]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On pourrait croire le titre d&#8217;une fable de Monsieur De La Fontaine, mais non, c&#8217;est juste le titre d&#8217;une aventure de la Brigade Financière et de la BRI de Montpellier.</p>
<p>Cela fait quelques semaines que le groupe « fausse monnaie » de la Division Financière enquête sur un réseau de piégeurs de DAB. Les services de sécurité des banques ont réussi à les avoir sur les bandes vidéo et ils ont leurs « tronches » sur papier glacé. Autant dire que l&#8217;affaire part sous de bons auspices.</p>
<p>Vendredi soir, début de permanence, vous savez ces permanences où&#8230; Tout peut arriver.</p>
<p>- Eric !</p>
<p>- Ouais, Stéph, qu&#8217;est-ce que tu veux ?</p>
<p>Stéph c&#8217;est une super chouette collègue. Un petit bout de nana mais qui vaut bien des mecs de la Division et c&#8217;est avec elle que je vais passer la « perm ».</p>
<p>- Tu sais, les mecs qui piègent les DAB, ils vont peut être poser un <strong>skimmer*</strong> ce week-end à Carnon. Ils ont déjà piégé le distributeur de la banque du Port la semaine dernière, alors avec un coup de bol on va peut être se faire un super flag, et comme tu es de permanence ben&#8230; Tu vas t&#8217;y coller avec moi&#8230; En planque.</p>
<p><strong>*Skimming : technique qui consiste en la copie, dans un commerce de proximité ou dans des distributeurs automatiques, des pistes magnétiques d’une carte de paiement à l’aide d’un lecteur à mémoire appelé « skimmer ». Éventuellement, le code confidentiel est également capturé de visu, à l’aide d’une caméra ou encore par détournement du clavier numérique. Ces données seront inscrites ultérieurement sur les pistes magnétiques d’une carte contrefaite.</strong></p>
<p>- Yes cool, ça va me changer des truands en cols blancs. Tu veux qu&#8217;on y soit à quelle heure ? je demande à ma collègue.</p>
<p>- Heu&#8230; J&#8217;sais pas moi, vers 07 H 00 du mat ça semble bien.</p>
<p>Allez encore une grasse mat qui file, mais bon, flic c&#8217;est pas un boulot comme les autres, et les horaires « chelou » c&#8217;est notre tasse de thé.</p>
<p>- Ok, va pour 7 heures, je lui réponds, je passe te récupérer au Central et on va se mettre en place. Pense à prendre des casse-croûte, ça va être long. Mais bon, une planque sur le Port de Carnon, y&#8217;a pire dans la vie. Allez tchao à demain.</p>
<p>Enfin une planque à la Financière. On ne peut pas dire que ce soit le service par excellence pour les surveillances. Vous avez déjà vu un « flag » d&#8217;abus de biens sociaux ? Hé ben non ça n&#8217;existe pas. Je vous parle même pas des « banqueroutes en bande organisée », une chose que l&#8217;on ne verra jamais dans le grand monde des financiers !! Alors une planque, sur des truands&#8230; astucieux qui plus est, c&#8217;est trop cool.</p>
<p>07 H 00. Un samedi du mois de juin. Le ciel bleu, les mouettes au dessus des bateaux amarrés au Port. Une vision de carte postale. Un rêve de vacances et pourtant&#8230; C&#8217;est le boulot. La photo de nos trois gugusses en main, on repère le terrain de chasse.</p>
<p>Je vous plante le décor. Un port, des bateaux, une place centrale, des bars en veux-tu en voilà, des terrasses avec chaises et tables, des appartements avec vue sur le Port et&#8230; l&#8217;objet de toutes les convoitises&#8230; des truands, une banque avec un chouette distributeur et tout un tas de billets dedans.</p>
<p>Bon ok, le décor est planté mais&#8230; c&#8217;est mort le Port à 07 heures du matin même au mois de juin. Quelques heures de planque à venir sans savoir ce qui va arriver au bout.</p>
<p>- Tu sais, je suis le chat blanc de l&#8217;équipe, m&#8217;avoue Steph, il ne se passe jamais rien quand je suis sur les planques, c&#8217;est désespérant.</p>
<p>- Ho, on positive m&#8217;dame. Pas de mauvaises ondes dans les planques. Il est même pas 09 h, tu crois que les truands sont aussi cons que nous pour se lever aux aurores. Y&#8217;a même pas de clients dans ta banque alors, on respire, on profite du paysage, on joue les amoureux en vacances et on mate, et on mate, et&#8230; on mate.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1569" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/DAB.jpg" alt="" width="317" height="220" /><br />
Crédit photo : ©DAPN/MAPR</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">09 H 30, 09H45. 10 heures. Quelques badauds viennent flâner sur les quais. Le Port prend vie. Les garçons de café installent les tables aux terrasses, et dressent des couverts pour des vacanciers affamés.</p>
<p style="text-align: left;">11 heures. Steph est en pleine déprime.</p>
<p>- Tu vois j&#8217;te l&#8217;avais dis j&#8217;ai pas de bol, se lamente-t-elle. Ils ne viendront pas ces cons, je suis sûre qu&#8217;ils sont en train de piéger un autre DAB et là on est comme des truffes à attendre&#8230; Rien du tout.</p>
<p>- Bon ok, t&#8217;as peut être raison. On se donne jusqu&#8217;à midi et après on&#8230; Oh putain ! Te retourne pas, il y en a un qui arrive derrière toi. C&#8217;est pas vrai. Il est là. Il est juste derrière toi.</p>
<p>J&#8217;ai mon cœur qui s&#8217;accélère, enfin de l&#8217;action. En plus, il est fringué comme sur la photo c&#8217;est dire si on pouvait pas le louper.</p>
<p>- Arrête de te foutre de moi, Eric. En plus tu mens super mal. Allez, on va plier les gaules et on rentre au bercail, me lance Steph d&#8217;une voix éteinte.</p>
<p>- Mais j&#8217;te l&#8217;jure, il est là assis à la terrasse près du DAB. Regarde si tu me crois pas.</p>
<p>Elle se retourne doucement et voit l&#8217;un des types filmés par les bandes de surveillance en train de siroter le plus tranquillement du monde un petit expresso.</p>
<p>Il est bientôt rejoint par les deux autres membres de la bande et là&#8230; ma collègue ne peut contenir un sourire, et tout en portant la radio à sa bouche, demande à entrer en relation avec le chef de la BRI (Brigade de Recherches et d&#8217;intervention) pour mettre en place un dispositif de surveillance.</p>
<p>Pendant ce temps, je surveille les faits et gestes de notre trio. Le skimmer est posé sur la porte du sas. La caméra pour enregistrer les frappes des touches du clavier du distributeur, est rapidement collée au double face&#8230; Les affaires peuvent commencer. Ils connaissent leur boulot nos cocos.</p>
<p>Ils ont chacun leur rôle. Le chef assis à sa table, note scrupuleusement les heures de passage des usagers du DAB. Le skimmer lit et enregistre la piste magnétique de la carte et quand la mémoire est pleine, un des gugusses va la vider à leur voiture garée sur un parking derrière un groupe d&#8217;immeubles. Le troisième est chargé de surveiller les lieux. Heureusement qu&#8217;il n&#8217;est pas très doué car, sur les touristes présents sur le port, il y a bien une bonne quinzaine de flics en planque.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, heureusement que la BRI est arrivée en renfort pour les filocher et les voir aller à leur voiture car nous, d&#8217;où nous étions, on ne pouvait rien voir.</p>
<p>La planque s&#8217;éternise, les heures s&#8217;additionnent, la tension redescend, mais la vigilance reste de mise.</p>
<p>Vers 20 heures, le chef des « pirates » donne le signal du départ. Le top est annoncé dans nos écouteurs par le Chef de la BRI. Il faudra les « serrer » à leur bagnole. Le dispo se met en place. Les truands récupèrent le skimmer et la caméra et partent, tranquillement vers leur voiture. Ils ne s&#8217;aperçoivent pas qu&#8217;ils sont suivis par des dizaines de flics qui n&#8217;attendent qu&#8217;un ordre pour leur sauter sur le râble.</p>
<p>Ils passent sous un porche d&#8217;immeuble et gagnent leur véhicule. Le conducteur se penche pour ouvrir la serrure et le top est donné. Le conducteur et le passager avant sont maitrisés en quelques dixièmes de seconde, mais le chef, d&#8217;un bond escalade la grille de séparation du parking et prend ses jambes à son cou poursuivi par les cris des collègues.</p>
<p>J&#8217;avais laissé la BRI faire son job et m&#8217;étais mis en retrait du dispo quand je le vois arriver vers moi, courant, tête baissée. Quelques secondes pour réfléchir&#8230; Je le prendrai jamais à la course, il est plus jeune que moi et avoir 10 flics aux trousses ça vous donne des ailes, alors&#8230; Je retrouve les réflexes de l&#8217;école de police et je brandis mon arme, le doigt le long du pontet et lui hurle de se coucher au sol face contre terre. Il ne s&#8217;attendait pas à ce qu&#8217;il y ait un flic en face de lui, il est cerné. Avec un léger sourire, il se couche sans me quitter du regard et les menottes entravent ses poignets.</p>
<p>Retour au Central pour une nuit de procédure et quelques auditions plus tard, j&#8217;apprends que mon « truand » est un ancien légionnaire qui a fait quelques actions d&#8217;éclats avant de se ranger du côté des truands. Un type qui n&#8217;avait pas froid aux yeux et qui m&#8217;a demandé « Tu m&#8217;aurais flingué si je ne m&#8217;étais pas arrêté tout à l&#8217;heure ? ». Que lui répondre hormis « Ni toi, ni moi ne le saurons jamais et c&#8217;est mieux ainsi tu crois pas…&nbsp;&raquo; ?</p>
<p>Amicalement</p>
<p>Eric</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;expert « en » comptabilité</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/03/04/lexpert-%c2%ab-en-%c2%bb-comptabilite/</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 10:13:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1414" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/Eric-Porte-Saint-denis.jpg" alt="" width="199" height="319" />C'est Audiard qui le disait dans un de ses films : « je suis expert en comptabilité, pas expert comptable ». Le type que j'ai rencontré ben... il a été... un expert en comptabilité... et il est devenu un « suicidé » de très belle « facture ». 

C'est juste après cette enquête que j'ai lu « L'empire des Loups » de Jean Christophe GRANGE, et j'ai compris que « les Loups Gris » sont des mots à ne jamais prendre à la légère.

Je suis à la Brigade Financière depuis peu, et on ne peut pas dire que je connaisse tous les secrets de la finance et du  « plan comptable », mais à la vue de l'enquête qui me tombe dessus ce matin, vous saurez que ce monde est... surprenant et qu'il peut être... dangereux.

Il fait beau en ce matin de juin sur Paris. Le soleil inonde les rues et les gens ont l'air plutôt sympa, c'est rare. J'attache mon vélo au pied du prestigieux immeuble de la BF et je me pointe devant l'ascenseur, mais pour la troisième fois cette semaine, il est encore en panne. Allez courage, il y a juste 10 étages avant de rejoindre mon bureau. Un supplément de sport ça fait pas de mal...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1414" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/Eric-Porte-Saint-denis.jpg" alt="" width="199" height="319" />C&#8217;est Audiard qui le disait dans un de ses films : « je suis expert en comptabilité, pas expert comptable ». Le type que j&#8217;ai rencontré ben&#8230; il a été&#8230; un expert en comptabilité&#8230; et il est devenu un « suicidé » de très belle « facture ». C&#8217;est juste après cette enquête que j&#8217;ai lu « L&#8217;empire des Loups » de Jean Christophe GRANGE, et j&#8217;ai compris que « les Loups Gris » sont des mots à ne jamais prendre à la légère.</p>
<p>Je suis à la Brigade Financière depuis peu, et on ne peut pas dire que je connaisse tous les secrets de la finance et du  « plan comptable », mais à la vue de l&#8217;enquête qui me tombe dessus ce matin, vous saurez que ce monde est&#8230; surprenant et qu&#8217;il peut être&#8230; dangereux.</p>
<p>Il fait beau en ce matin de juin sur Paris. Le soleil inonde les rues et les gens ont l&#8217;air plutôt sympa, c&#8217;est rare. J&#8217;attache mon vélo au pied du prestigieux immeuble de la BF et je me pointe devant l&#8217;ascenseur, mais pour la troisième fois cette semaine, il est encore en panne.</p>
<p>Allez courage, il y a juste 10 étages avant de rejoindre mon bureau. Un supplément de sport ça fait pas de mal.  J&#8217;y arrive en sueur et le souffle court pour y trouver un dossier posé près de mon ordinateur. Une enquête laissée à ma&#8230; sagacité « comptable », par mon chef de groupe bien aimé.</p>
<p>J&#8217;ouvre la chemise et c&#8217;est comme si le ciel me tombait sur la tête.<br />
- « Chef, c&#8217;est quoi c&#8217;t'enquête que tu m&#8217;donnes ? Il est gérant de 50 sociétés le mec que je dois identifier ? 50 sociétés ! C&#8217;est une blague ou quoi ? », je demande, avec dans les yeux un océan d&#8217;incrédulité.</p>
<p>- « On n&#8217;a pas plus d&#8217;infos que ça. Le mandataire judiciaire est aussi surpris que nous car il a avisé le procureur et c&#8217;est le procureur qui nous charge de mettre la main sur ce chef d&#8217;entreprise&#8230; hors norme !! Allez bon courage et que la force « comptable » sois avec toi jeune Padawan. En plus, avec ta tête de turc, c&#8217;est du tout cuit !!! »</p>
<p>Je laisse échapper un sourire, je l&#8217;aime bien mon chef. Un peu trop cravaté à mon goût, pas trop flic de terrain mais c&#8217;est un ancien et c&#8217;est grâce aux anciens que l&#8217;on peut avancer dans la boîte.</p>
<p>J&#8217;ouvre le dossier et m&#8217;imprègne du contenu. Alors, on a affaire à un Turc de 50 ans et des brouettes, sans domicile fixe et qui tient les rênes de  50 SARL (Société Anonyme à Responsabilité Limitée). Je me connecte sur nos divers fichiers et en élargissant mes recherches, je lui découvre pas moins de 50 autres sociétés à son nom. C&#8217;est quoi cette affaire ? C&#8217;est qui ce type ? Tapie, à côté, il ferait pâle figure, mais je sens du louche là-dessous.</p>
<p>Toutes les sociétés sont en liquidation judiciaire chez des dizaines de mandataires judiciaires différents. Voilà le lien qui unit ce « gérant du siècle » avec toutes ces boites. Les liquidations judiciaires. Maintenant, faut lui mettre la main dessus car mes fichiers m&#8217;indiquent que ce type, c&#8217;est&#8230; un SDF qui traine dans le quartier turc de Paname, le 10ème arrondissement, et qui ne dispose, en tout et pour tout, que d&#8217;un titre de séjour.</p>
<p>J&#8217;appelle mes collègues ilotiers du quartier. Je prends rencard avec eux, non sans avoir récupéré la photo de mon gérant aux « supers pouvoirs ». Ils sont cool les ilotiers, ils connaissent leur boulot et m&#8217;indiquent que le type en question traine dans un square vers la rue de l&#8217;Echiquier. Ils me font rencontrer un Turc bien implanté dans le quartier qui bosse pour eux et qui connaît le mec que je recherche. Il veut bien me le montrer mais&#8230; rien de plus. Nous convenons qu&#8217;il va juste me le désigner en lui mettant la main sur l&#8217;épaule pour que je puisse le reconnaitre.</p>
<p>Il me dirige en plein cœur du 10ème. Rue du faubourg Saint-Denis. Il me demande d&#8217;attendre au coin du passage Reilhac. Il descend le faubourg Saint-Denis. Je le suis du regard et le vois se diriger vers un groupe d&#8217;une quinzaine de turcs stationnés angle rue de Metz&#8230; Il prend l&#8217;un des types par l&#8217;épaule et l&#8217;éloigne du groupe. Je file par la cour des petites écuries pour passer devant eux et j&#8217;attends au coin de la rue d&#8217;Enghein. Mon indic me désigne du doigt et il lâche son compagnon de route qui s&#8217;avance vers moi. Il marche la tête basse et m&#8217;arrive dessus sans même lever les yeux. Je l&#8217;emmène  s&#8217;assoir à la table d&#8217;un troquet.</p>
<p>- « Tu veux boire quoi ? » je lui demande.</p>
<p>- « Une bière m&#8217;sieur, mais j&#8217;ai pas d&#8217;sous sur moi ! », il ajoute, l&#8217;air inquiet en regardant derrière lui. « Faut pas qu&#8217;on m&#8217;voit causer avec un « franciz », c&#8217;est pas bon pour moi ça ».</p>
<p>- « Qui sait que je suis français, je ressemble à un Turc non ? Y&#8217;a pas de risque. Enfin c&#8217;est pas tout mais, j&#8217;ai un souci, enfin pas moi&#8230; Une société en liquidation de mon beau-frère, il sait pas comment faire. On m&#8217;a dit que, toi, tu connais ça. Tu veux bien l&#8217;aider. Il a peur de payer des impôts. Il sait plus quoi faire. Aide-moi s&#8217;il te plaît. »</p>
<p>- « Moi, je donne juste mon nom et mes papiers au comptable. C&#8217;est lui qui fait tout le reste. C&#8217;est lui qui fait les démarches. Moi, je donne juste mon nom et je gagne un peu de fric, de quoi vivre tu vois ? » m&#8217;explique-t-il dans un français approximatif.</p>
<p>- « Ok je vois. C&#8217;est qui le comptable ? » Je lui demande avec juste ce qu&#8217;il faut de crainte dans la voix pour qu&#8217;il se sente en sécurité.</p>
<p>- « Rue du Faubourg Saint-Denis, au numéro 51, mais c&#8217;est pas moi qui te l&#8217;ai dit. Tu l&#8217;as trouvé par quelqu&#8217;un d&#8217;autre ok ? ». Là, c&#8217;est la peur que je vois dans ses yeux.</p>
<p>Je rentre au bureau et je consigne tout cela sur procès-verbal, car c&#8217;est ça aussi le boulot de flic : du papier, du papier et encore du papier. Je décide d&#8217;aller le lendemain voir le fameux comptable mais pas seul cette fois-ci. Je demande à mon collègue de bureau de venir en virée à « Istanbul » avec moi. On arrive au pied de l&#8217;immeuble et c&#8217;est un défilé que nous voyons. Un Turc sort, un Turc rentre. Tous en tenue d&#8217;ouvrier, tous avec des KBIS de société à la main. Je laisse mon pote en planque devant la porte et je rentre à la suite d&#8217;un Turc en tenue de maçon.</p>
<p>1er étage. Un appartement transformé en bureaux. Quatre charmantes secrétaires. Je me présente discrètement à l&#8217;une d&#8217;elles, mais cette fois-ci, j&#8217;annonce la couleur, carte de Police à la main. Un sésame qui me conduit devant le « comptable » tant recherché. Un type banal pas plus comptable que moi, juste un type qui connait les rouages du registre de commerce. Une convocation pour une audition au bureau et je le laisse en proie à une intense réflexion, car il se demande quand même comment je suis arrivé jusqu&#8217;à lui.</p>
<p>Quelques jours après, il est assis devant moi. Il m&#8217;explique tout. Les sociétés turques créées pour deux ou trois chantiers de BTP ou de confection. Quand l&#8217;heure de payer les impôts sonne, il met un pauvre bougre de SDF comme gérant de paille. Il lui donne quelques pièces et hop le tour est joué, les impôts ne pourront pas tondre un œuf. Comme la multi-gérance n&#8217;est pas illégale je n&#8217;ai pas grand chose à me mettre sous la dent. Les gérants ont le droit de céder leurs parts de sociétés, ce qu&#8217;ils font pour l&#8217;euro symbolique. Peut-être un exercice illégal d&#8217;expertise comptable mais, il me répond :</p>
<p>- « M&#8217;sieur j&#8217;suis pas expert comptable, j&#8217;suis expert&#8230; en comptabilité, c&#8217;est pas pareil !!! »</p>
<p>Et l&#8217;ordre des experts comptables&#8230; Y&#8217;a pas plus frileux que ces gens-là. Je suis bien obligé de le laisser repartir et je sais que je laisse filer un mec qui utilise le système mais je n&#8217;y peux rien.</p>
<p>Le quartier turque à Paris. Un endroit surprenant et dangereux. Les Loups Gris y font la Loi. Le PKK n&#8217;aime pas que les flics viennent fourrer leur nez dans les ateliers clandestins&#8230; Je suis assis à mon bureau quelques semaines après. Le téléphone sonne&#8230; Un ilotier du Xème arrondissement qui me dit :<br />
- « Eric, tu sais que ton faux comptable, il s&#8217;est suicidé dimanche matin dans son canapé clic-clac ? »</p>
<p>Je suis allé voir la procédure, juste la curiosité du flic. Il s&#8217;était « suicidé » avec une arme dont le numéro était limé, dans le chargeur, il y avait des balles de marques différentes les unes des autres et sa nouvelle nana, trouvée la veille en boîte de nuit&#8230; Ben, elle pleurait pas tant que ça ! On se suicide le lendemain d&#8217;avoir « levé » une sublime turque en boîte ?</p>
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		<title>La théorie des dominos</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/12/30/la-theorie-des-dominos/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Dec 2009 10:37:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<span style="font-family: 'Lucida Grande', Verdana, Arial, 'Bitstream Vera Sans', sans-serif;"><img class="alignleft size-full wp-image-1278" style="margin-top: 1px; margin-bottom: 1px; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="CapAgde" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/CapAgde.jpg" alt="CapAgde" width="310" height="232" />Un drôle de titre pour une drôle d'histoire.

Poussez le bon domino et... attendez la fin de la culbute.

Je commence juste à comprendre comment marche un SRPJ (Service Régional de Police Judiciaire) et la subtilité des permanences de week-ends. Tu es de la Financière, tu es de permanence, y'a une belle affaire, meurtre ou braquage, ta part de boulot, pour toi le flic comptable, c'est de faire l'enquête de voisinage.

C'est frustrant ça... mais bon... une bonne enquête de voisinage par un flic comptable ben... ça va donner ça...</span>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: 'Lucida Grande', Verdana, Arial, 'Bitstream Vera Sans', sans-serif;"><img class="alignleft size-full wp-image-1278" style="margin-top: 1px; margin-bottom: 1px; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="CapAgde" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/CapAgde.jpg" alt="CapAgde" width="310" height="232" />Un drôle de titre pour une drôle d&#8217;histoire.<br />
Poussez le bon domino et&#8230; attendez la fin de la culbute.</p>
<p> Je commence juste à comprendre comment marche un SRPJ (Service Régional de Police Judiciaire) et la subtilité des permanences de week-ends. Tu es de la Financière, tu es de permanence, y&#8217;a une belle affaire, meurtre ou braquage, ta part de boulot, pour toi le flic comptable, c&#8217;est de faire l&#8217;enquête de voisinage.</p>
<p>C&#8217;est frustrant ça&#8230; mais bon&#8230; une bonne enquête de voisinage par un flic comptable ben&#8230; ça va donner ça&#8230;</span></p>
<p>Je suis tranquille sur la terrasse de ma villa de location. J&#8217;inaugure une chaise longue. Le soleil matinal et un café léger sont mes deux amis en ce week-end de permanence. Tout est calme, même les enfants me laissent en paix. Une douce torpeur m&#8217;envahit. Mes yeux se ferment&#8230; ça a quand même du bon la vie de province. Un petit somme, juste un petit somme&#8230;</p>
<p>Dringgg, dringgg !!</p>
<p>Et merdouille le téléphone de permanence. Fallait bien que ça arrive. Un dimanche qui part en vrille !!!</p>
<p>-  Allo !</p>
<p>- Salut ! Ça va ? T&#8217;es pas à la messe ?</p>
<p>Le chef et son humour du dimanche matin !</p>
<p>- Ben cool pour le moment. Je prie à la maison, mais je sens que ça va pas durer hein ? Je lui réponds.</p>
<p>- Oh pas de soucis. C&#8217;est pas pour grand chose que je me permets de ruiner un dimanche au soleil. Tu veux bien aller au Commissariat du Cap d&#8217;Agde et récupérer pour la Crim un dossier de tentative de meurtre de cette nuit ?</p>
<p>- Ouais mais&#8230; c&#8217;est où le &laquo;&nbsp;cap d&#8217;Agde&nbsp;&raquo; ? Je questionne benoitement, je connais pas encore la région tu sais !</p>
<p>- C&#8217;est pas loin de chez toi. C&#8217;est pour ça que je t&#8217;appelle. Bon tu files là-bas, tu chopes le dossier et tu ramènes ça au service. Je t’attends.</p>
<p>- Heu ok, mais c&#8217;est quoi comme tentative de meurtre ? Je questionne sans espoir de réponse.</p>
<p>- T&#8217;es curieux dès le matin !! Un type a été trouvé inconscient dans une ruelle sur le port. Il a pas de papiers, il est dans le coma à l&#8217;hôpital de Montpellier. Il a la tête bien explosée et une trace de chaussure sur le visage. Il s&#8217;est fait tabasser sérieux, et le ou les agresseurs l&#8217;ont laissé pour mort. Voila tout ce que l&#8217;on sait. On cherche en ce moment à mettre un nom sur ce type. Allez vas, cours et vaincs !!!</p>
<p>- Heu, attends ! J&#8217;ai le droit de voir un peu là-bas ce qui s&#8217;est passé, c&#8217;est pas gênant ?</p>
<p>- Heu&#8230; non, du moment que tu me ramènes le dossier tu fais comme tu le sens. T&#8217;es flic, pas simple coursier !!!</p>
<p>J&#8217;attrape mon guide routier et je cherche &laquo;&nbsp;le Cap d&#8217;Agde&nbsp;&raquo;. Effectivement c&#8217;est à 20 kilomètres de la maison juste en bord de mer. C&#8217;est cool j&#8217;ai l&#8217;impression de partir en vacances. Un vieux commissariat mais un jeune collègue à l&#8217;accueil. Je lui explique qui je suis et ce que je viens chercher.</p>
<p>- Ha ouais le type de cette nuit. Pas de soucis. La procédure est là dans le bureau avec le scellé ! me dit-il.</p>
<p>- Quel scellé ? Je lui demande.</p>
<p>- C&#8217;est une chaussure, une de ses chaussures, l&#8217;autre on l&#8217;a pas trouvé. Y&#8217;a du sang dessus.</p>
<p>Tout en me parlant il me mène à un bureau sur lequel un dossier attend. J&#8217;ouvre. Un PV (Procès-verbal) de constatation et rien d&#8217;autre. Je lis le PV et questionne le collègue.</p>
<p>- Tu connais l&#8217;endroit où il a été trouvé ?</p>
<p>- Oui c&#8217;est en bord de port. Y&#8217;a des boites dans le coin. Il a dû faire la fête&#8230; un peu trop d&#8217;ailleurs et pas avec les bonnes personnes.</p>
<p>- Je lis qu&#8217;il a été trouvé à 06h par les éboueurs. Y&#8217;a des &laquo;&nbsp;after&nbsp;&raquo; dans le coin du port ?</p>
<p>Le collègue me jette un regard surpris mais il éclaire ma lanterne en m&#8217;indiquant l&#8217;adresse et le nom d&#8217;un bar &laquo;&nbsp;after&nbsp;&raquo; qui ouvre lorsque les boites de nuit ferment, et pas très éloigné de l&#8217;endroit ou le type a été trouvé. Une petite recherche internet et j&#8217;ai le nom du gérant du bar. Ça sert de bosser dans le milieu financier. Un coup de fil et je convoque le &laquo;&nbsp;taulier&nbsp;&raquo; pour causer un peu de l&#8217;ambiance de la nuit dernière dans son bar. Il arrive quelques minutes après et je commence à discuter avec lui lorsque mon téléphone sonne de nouveau.</p>
<p>- Ouais !</p>
<p>- T&#8217;es toujours au Commissariat du Cap ? me demande le chef de permanence.</p>
<p>- Oui pourquoi ?</p>
<p>- On vient d&#8217;identifier notre type grâce à ses empreintes. Un petit consommateur de shit. Vois avec les collègues de là-bas s&#8217;ils le connaissent.</p>
<p>- Ok ! Tu peux me faxer sa fiche IJ please ?</p>
<p>- Pas de soucis. Allez à toute à l&#8217;heure, profite pour manger au Cap c&#8217;est un beau coin !</p>
<p>Pendant qu&#8217;un collègue me ramène le fax je continue à discuter avec le gérant du bar lorsque soudain il s&#8217;écrit :</p>
<p>- Je le connais votre type sur ce papier. Il était dans mon bar ce matin, il a laissé sa veste quand il est parti. Il était un peu bourré faut dire !</p>
<p>Mon premier domino vient de tomber sur le second et je sens que la réaction en chaîne va suivre.</p>
<p>- OK on va à votre bar et je vais saisir la veste et prendre votre déposition.</p>
<p>Je quitte le central en compagnie du gérant et je sens qu&#8217;une onde d&#8217;adrénaline file dans mes veines, je sens cette affaire&#8230; je la sens. Je sais pas pourquoi mais j&#8217;ai un pressentiment.</p>
<p>On  arrive au bar. Il ouvre la porte et je vois, sur une chaise du bar un blouson posé en vrac. Je chausse une paire de gants en latex on sait jamais, les collègues de l&#8217;IJ ne rigolent pas avec l&#8217;ADN et j&#8217;explore les poches de la veste. Je tombe sur un portefeuille et sur le permis de conduire de la victime. Et bing un nouveau domino !</p>
<p>- Racontez- moi ce que ce type a fait dans votre établissement ce matin,  je demande au patron tout en branchant mon ordinateur portable afin de recueillir sa déposition.</p>
<p>- Ben&#8230; j&#8217;ai ouvert à 05h. Il est arrivé, il était avec un autre mec et deux nanas. Des filles&#8230; faciles vous voyez ce que je veux dire ! Ils ont picolé tous ensemble. Ils m&#8217;ont acheté une bouteille de whisky, et après avoir bien bu, ben ils ont quitté mon bar en direction du port. Pour la suite j&#8217;en sais rien j&#8217;avais d&#8217;autres clients à m&#8217;occuper.</p>
<p>- Dites-moi juste qu&#8217;ils ont payé la bouteille par carte bleue, que c&#8217;est l&#8217;autre type qui a payé et je vous jure que j&#8217;érige une statue à votre effigie sur le Port du Cap.</p>
<p>Je dois juste vous dire que j&#8217;avais remarqué l&#8217;absence de carte bleue dans le portefeuille de la victime et quand on connaît le prix d&#8217;une bouteille de whisky un dimanche matin au bord de la mer&#8230;.</p>
<p>- Oui vous avez raison c&#8217;est l&#8217;autre type qui a payé et avec une visa en plus.</p>
<p>Quelle douce musique à mes oreilles. Et le bonheur est complet quand je regarde le ticket de carte bleue et que les 4 premiers chiffres m&#8217;informent que le mec en question a son compte à la BNP. C&#8217;est trop le pied d&#8217;être à la Brigade financière et de connaître les rouages bancaires. Je sais que j&#8217;ai identifié le mec. Me faut juste attendre lundi matin, passer un ou deux coups de fil et&#8230; Lundi matin 09h ouverture de la banque&#8230;</p>
<p>- Merci, m&nbsp;&raquo;sieur le directeur, vous êtes trop fort à la BNP.</p>
<p>Je viens de raccrocher. J&#8217;étais en ligne avec mon directeur de banque. Hé ouais moi aussi j&#8217;ai un compte à la BNP et sur un papier&#8230; posé sur mon bureau&#8230; le nom du porteur de la carte et juste à côté&#8230; la fiche signalétique du bonhomme en question et croyez-moi c&#8217;est pas un tendre. Il est déjà tombé plusieurs fois pour violences et tentative d&#8217;homicide.</p>
<p>J&#8217;ai apporté ma moisson de papiers à la patronne de la Crim et ils n&#8217;ont eu qu&#8217;à le &laquo;&nbsp;sauter&nbsp;&raquo; un matin au réveil il a avoué et&#8230; un dernier domino était tombé.</p>
<p>Vous voulez savoir pourquoi le type s&#8217;était fait casser la tête ? Il n’a pas voulu payer sa part de la bouteille de whisky. A quoi ça tient !!!</p>
<p>Cordialement. Bonne année d&#8217;avance à vous tous !</p>
<p>Eric</p>
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		<title>Je t&#8217;aurai un jour mon gars&#8230;</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/11/30/je-taurai-un-jour-mon-gars/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Nov 2009 13:53:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1213" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/ericneelnouveau.jpg" alt="" width="305" height="229" />S'il est une qualité indispensable à un flic, c'est bien d'être obstiné, voire... extrêmement obstiné !!!! Et ce mot me semble bien approprié à l'aventure qui va suivre. La dernière fois, je vous avais laissé sur une enquête mettant en scène, c'était le cas de le dire, un... metteur en scène et un flic... persuasif. Cette fois-ci, voici un flic... obstiné. Encore une fois, cette aventure va commencer aux plaintes. Je tiens à dire à tous ceux qui vont entrer dans la police et plus spécialement à la Police Judiciaire... Les plaintes, c'est un vivier d'excellentes affaires. C'est certain que c'est... chi... mais c'est là où tout se passe.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1213  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/ericneelnouveau.jpg" alt="" width="305" height="229" /></p>
<p>S&#8217;il est une qualité indispensable à un flic, c&#8217;est bien d&#8217;être obstiné, voire&#8230; extrêmement obstiné !!!! Et ce mot me semble bien approprié à l&#8217;aventure qui va suivre.</p>
<p>La dernière fois, je vous avais laissé sur une enquête mettant en scène, c&#8217;était le cas de le dire, un&#8230; metteur en scène et un flic&#8230; persuasif. Cette fois-ci, voici un flic&#8230; obstiné.</p>
<p>Encore une fois, cette aventure va commencer aux plaintes. Je tiens à dire à tous ceux qui vont entrer dans la police et plus spécialement à la Police Judiciaire&#8230; Les plaintes, c&#8217;est un vivier d&#8217;excellentes affaires. C&#8217;est certain que c&#8217;est&#8230; chi&#8230; mais c&#8217;est là où tout se passe. Les petites et les grandes misères du monde viennent s&#8217;échouer, un jour ou l&#8217;autre devant le flic de permanence. Si ce flic a les oreilles, le cerveau et le cœur ouverts, il va lui arriver ce qui suit :</p>
<p>Une file d&#8217;attente s&#8217;étire de la place d&#8217;Italie à la porte du commissariat central. Il n&#8217;est même pas 09H00 et déjà il me semble que tout Paris se soit donné rendez-vous pour nous pourrir la journée aux plaintes.</p>
<p>- « Fred, c&#8217;est ton tour d&#8217;ouvrir la boutique ce matin », dis-je à mon pote d&#8217;infortune. « Mais fais gaffe à toi, ils sont nombreux à vouloir se plaindre&#8230; va pas te faire écraser par cette meute&#8230; de pleureurs ».</p>
<p>C&#8217;est un lundi matin. Un début de semaine comme j&#8217;en connais déjà quelques-uns à la PJ. Une horde de soucis, un panel de misères. Des pauvres vieux qui se sont fait arracher leurs porte-monnaie au marché du samedi. Des retours de week-end, quand on découvre que des margoulins, pour ne pas s&#8217;acheter une télévision sont venus piquer la vôtre dans le salon pendant votre absence, voire un fils ou une fille qui, après une engueulade méritée sont allés vivre une nuit d&#8217;excitation en &laquo;&nbsp;fuguant&nbsp;&raquo; du domicile parental et… trois jeunes BCBG, foulard Hermes autour du cou et chaussures Burberry aux pieds qui patientent dans la salle d&#8217;attente.<br />
Je leur jette un coup d&#8217;œil, tout en remplissant le formulaire idoine pour le vol de l&#8217;autoradio d&#8217;un pauvre travailleur qui ne pourra plus écouter NRJ pendant quelques temps.</p>
<p>- « Mais oui m&#8217;sieur, je vous comprends. Oui, je sais, on n’est jamais là quand il faut ni où il faut. Ah ça oui, je suis d&#8217;accord avec vous, pour mettre des PV de stationnement y&#8217;a toujours des flics, mais pour arrêter les voleurs d&#8217;autoradio y&#8217;a plus personne ! Je vous comprends m&#8217;sieur ».</p>
<p>J&#8217;affiche un sourire devant les sarcasmes que m&#8217;adresse mon plaignant du moment. On est habitué à ces conneries. On ne les écoute même plus, ceux qui nous racontent toujours les mêmes sornettes. Les flics ceci, les flics cela et patati et patata. Causez beaux merles en tout cas quand vous êtes dans la m&#8230;. c&#8217;est toujours le 1 et le 7 que vous faites sur votre téléphone alors&#8230; laissez-nous bosser.</p>
<p>- « Allez-y, m&#8217;sieur et n&#8217;oubliez pas de voir avec votre assurance, avec un coup de bol vous pourrez vous acheter un autoradio de meilleure qualité que celui qui vous a été volé ».</p>
<p>Enfin, il me lâche, se lève et laisse le champ libre à mes 3 jeunes qui ne semblent pas être à leur place ici.</p>
<p>- « Que puis-je pour vous messieurs ? », je leur demande.</p>
<p>- « Heu, alors voilà. C&#8217;est pour déposer plainte… Enfin heu&#8230; Pas déposer plainte vraiment, juste pour vous dire que&#8230; Heu&#8230; Nos cartes bleues, ben&#8230; On ne les a plus », me répond celui qui semble être le plus âgé du groupe.</p>
<p>- «  Comment ça vous les avez plus ? Vous avez été volé, vous voulez déposer une plainte pour ça, et d&#8217;abord comment ça c&#8217;est passé ? »</p>
<p>- «  Non&#8230; Enfin ouais, les cartes sont volées, mais on veut pas déposer plainte. On doit juste avoir un papier pour nos banques, c&#8217;est ce que nous a dit le directeur de l&#8217;école ».</p>
<p>- « Quelle école ? Je comprends rien à votre histoire. Vous savez, le plus simple serait de me dire ce qui se passe comme ça je pourrais vous dire ce que l&#8217;on va pouvoir faire ok ? »</p>
<p>Il me semble qu&#8217;ils se ratatinent encore plus sur leurs chaises. Chacun se regarde et personne n&#8217;ose prendre la parole.</p>
<p>- « Bon. Alors voilà. Vendredi soir, j&#8217;étais dans ma chambre à l&#8217;internat quand quelqu&#8217;un a frappé à la porte ». C&#8217;est le plus courageux qui a décidé de me parler.</p>
<p>- « Continuez », je l&#8217;encourage, car je sais qu&#8217;une confession c&#8217;est pas évident à mener à son terme.</p>
<p>- « Alors, bon, on frappe et je demande qui c&#8217;est. C&#8217;était mon pote Jean-Christian qui était à la porte. Hein Jean-Chris c&#8217;était toi ? »</p>
<p>Le jeune blond à sa droite pique son fard et répond que oui mais d&#8217;une voix si petite que je me demande même si je n&#8217;ai pas rêvé sa réponse.</p>
<p>- « Alors, comme c&#8217;était mon ami, j&#8217;ai ouvert la porte, mais il était pas seul. Il était avec un… vous savez&#8230; heu un nord-africain que je ne connaissais pas. Y avait deux autres types avec eux. J&#8217;ai pas compris tout de suite que ce n’était pas des copains de Jean-Chris. J&#8217;ai pas vu que Jean-Chris il était pâle et que le type, il le poussait avec un couteau dans le dos alors quand j&#8217;ai vu ça j&#8217;ai eu peur ».</p>
<p>- « C&#8217;est quoi cette histoire de couteau et de type ? » dis-je à l&#8217;adresse du fameux Jean-Chris.</p>
<p>- « Ben, j&#8217;étais en train de revenir dans ma chambre après ma douche, quand un type, un comme il a dit mon pote, m&#8217;a attrapé et m&#8217;a conduit dans ma chambre. Il m&#8217;a demandé ma carte bleue et mon code. Il m&#8217;a piqué mon portable et il m&#8217;a demandé si j&#8217;avais des copains dans l&#8217;école. Je lui ai dit oui et il m&#8217;a emmené. Il était avec deux potes à lui. Ils nous ont réunis dans la chambre de Bruno et ils nous ont piqué nos cartes bleues, nos portables et on a dû signer des chèques en blanc ».</p>
<p>- « Deux d&#8217;entre eux ont quitté la chambre, en nous laissant sous la garde du dernier avec le couteau et ils sont allés retirer de l&#8217;argent, et que si c&#8217;était pas les bons codes ils nous feraient la peau », reprend celui qui se prénomme Bruno, « à un moment celui qui nous gardait a reçu un coup de téléphone il a dit ‘ok’ et il s&#8217;est enfui. Hier, on en a parlé au directeur mais il nous a dit qu&#8217;il ne fallait pas déposer une plainte, comme quoi son école privée aurait des soucis. Mais bon faut des papiers pour les cartes bleues hein ? ».</p>
<p>- « Je vais prendre vos déclarations mais il va falloir aussi que la police enquête, ça c&#8217;est certain. Va falloir qu&#8217;on trouve vos voleurs. Et d&#8217;ailleurs plainte ou pas plainte, je vais enquêter », je leur réponds.</p>
<p>- « Mais heu&#8230;Il va pas falloir qu&#8217;on les reconnaisse quand même ? On a peur d&#8217;eux nous ! ».</p>
<p>Ils me font pitié ces pleutres, mais c&#8217;est pour eux que je suis devenu flic et pas seulement pour arrêter des voleurs d&#8217;autoradios.</p>
<p>Oh, je vous l&#8217;dis tout de suite que ça n&#8217;a pas été difficile de les retrouver ces minables. Ils étaient entrés dans l&#8217;école pour aller voir une copine à eux. J&#8217;ai dû être un peu persuasif avec la nana en question qui voulait pas &laquo;&nbsp;balancer&nbsp;&raquo; son copain. Je lui ai décrit la garde à vue et la promiscuité que cela engendre, affinant le tout de regards noirs et de mots hurlés devant son visage de jeune rebelle et elle m&#8217;a donné le nom du mec qu&#8217;elle s&#8217;était promise de pas ‘balancer’.</p>
<p>Deux ou trois recherches dans nos fichiers et on en a serré deux. Mais&#8230; pour le chef du gang, impossible de lui mettre la main dessus. La seule adresse que j&#8217;avais c&#8217;était celle de ses parents et ils refusaient de me dire où était leur fils chéri.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, une petite écoute téléphonique aurait réglé le problème mais à cette époque c&#8217;était réservé aux affaires de crimes alors… Tous les jours, pendant une année entière, j&#8217;ai interrogé nos divers fichiers. Je savais qu&#8217;il ferait un jour une erreur qui me permettrait de lui mettre la main dessus. C&#8217;était devenu quasiment une obsession. Chaque soir, avant de rentrer à la maison, un tour dans nos fichiers.</p>
<p>Un soir ressemblant à tous les autres soirs, j&#8217;ai encore questionné nos bases de données et… une adresse avait changé sur sa carte de séjour. Il avait enfin commis l&#8217;erreur que j&#8217;attendais. Le lendemain matin à 06H00, nous étions à sa porte. On a frappé. Il a ouvert, je me suis jeté sur lui pour le maîtriser. Il était costaud le bougre. Nous nous sommes effondrés sur son lit et pendant que je lui bloquais la tête, j&#8217;ai murmuré à son oreille.</p>
<p>- « Tu te souviens des bourgeois du 13ème ? », il a cessé de se débattre et il nous a suivi sans difficulté.</p>
<p>Vous avez dit opiniâtre&#8230; J’aime bien ce mot aussi !</p>
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		<title>Silence on tourne !</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 14:11:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/police-panneau1.jpg" alt="police-panneau" title="police-panneau" width="301" height="227" class="alignleft size-full wp-image-1036" />Un samedi aux plaintes de la PJ du XIII ème arrondissement de Paris. C'est long les week-ends, et c'est triste les plaintes. Non présentation d'enfants, dégradations de véhicules, vols, cambriolages, coups, violences, les stigmates d'un vendredi soir comme il s'en passe partout en France. Sauf que...

- « Bonjour m'sieur l'agent. J'ai un souci avec un locataire ». Elle a peut-être 25 ans, jolie mais pas souriante. Une trace de peur dans les yeux, la voix qui tremble.

- « Bonjour M'selle. Asseyez-vous et... excusez la logique administrative... »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1041  aligncenter" title="police-panneau" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/police-panneau2.jpg" alt="police-panneau" width="301" height="227" /></p>
<p>Un samedi aux plaintes de la PJ du XIII ème arrondissement de Paris. C&#8217;est long les week-ends, et c&#8217;est triste les plaintes. Non présentation d&#8217;enfants, dégradations de véhicules, vols, cambriolages, coups, violences, les stigmates d&#8217;un vendredi soir comme il s&#8217;en passe partout en France. Sauf que&#8230;</p>
<p>- « Bonjour m&#8217;sieur l&#8217;agent. J&#8217;ai un souci avec un locataire ».</p>
<p>Elle a peut-être 25 ans, jolie mais pas souriante. Une trace de peur dans les yeux, la voix qui tremble.</p>
<p>- « Bonjour M&#8217;selle. Asseyez-vous et&#8230; excusez la logique administrative mais quel est votre nom ? »</p>
<p>Une identité permettant de remplir les imprimés adéquats, et voilà que m&#8217;arrive sur le dos une enquête qui va être tout, sauf banale.</p>
<p>- « Voilà. J&#8217;ai rencontré Monsieur Franck (*) cinéaste qui cherchait un logement sur Paris. J&#8217;ai une chambre libre chez moi. J&#8217;ai dit oui. Un petit loyer et il habite chez moi depuis quelques mois ».<br />
- « C&#8217;est sympa de votre part m&#8217;selle. »<br />
- « Ben sympa ouais, faut voir, parce que ce matin j&#8217;ai eu un coup de fil signé anonyme, qui m&#8217;avertit que le type que j&#8217;héberge est un dangereux voyou et maintenant je flippe grave .»</p>
<p>Nous, les flics, on aime et&#8230; on n&#8217;aime pas les informateurs anonymes. Mais y&#8217;a toujours un truc à gratter dans ces affaires là.</p>
<p>- « J&#8217;ai peur de rentrer chez moi, vous comprenez ? »<br />
- « Il est là Franck ? »<br />
- « Non, il est parti depuis une semaine et j&#8217;ai plus de nouvelles de lui, mais n&#8217;empêche que je flippe. »<br />
- « Y&#8217;a quoi dans la chambre ? Vous y êtes entrée ? »<br />
- « Heu ben oui et c&#8217;est là que j&#8217;ai eu peur&#8230; »</p>
<p>Elle sort un tas de documents de son sac à main. Sa main tremble et laisse tomber sur mon bureau des cartes grises, des cartes bleues, des permis de conduire et autres « babioles » du même acabit. Il y en a un tas gros comme ça.</p>
<p>- « C&#8217;est quoi ça ? » je balance les yeux agrandis de stupeur.<br />
- « C&#8217;était sur son lit. Je les ai pris. J&#8217;ai peur. Je sais plus qui j&#8217;héberge. C&#8217;est qui ce type ? »</p>
<p>Une rapide recherche dans nos fichiers m&#8217;indique que tous les documents proviennent de vols en tous genres. J&#8217;vous l&#8217;avais dit qu&#8217;les weeks end maussades peuvent cacher de belles surprises.</p>
<p>- « Ok m&#8217;selle. Bon&#8230; heu&#8230; laissez-moi appeler le procureur et on va jeter un coup d&#8217;œil chez vous .»</p>
<p>Autorisation d&#8217;enquête, avis au supérieur hiérarchique, trouver un collègue ou deux pour la mission et nous voilà partis&#8230; à 10 mètres du commissariat&#8230;hé oui elle habite la maison en face.<br />
Progression dans la maison, sécurité et tout le reste. Nous voilà dans la chambre&#8230;vide mais pleine d&#8217;autres surprises. Des chèques, des cartes bleues, des clés de voitures. Ali baba version Paris. Sésame ouvre toi !!!</p>
<p>L&#8217;enquête peut débuter. D&#8217;abord, s&#8217;assurer de l&#8217;identité du bonhomme pour réussir à le débusquer. Il est connu sous un pseudo et déclare être&#8230; cinéaste. Selon notre plaignante, il aurait « tourné » quelques films plus navets que chefs d&#8217;œuvre. On saisit tout et on rentre au bercail analyser cette manne.</p>
<p>On se répartit la tâche. Recouper les objets volés, établir un mode opératoire, identifier et entendre les victimes. Dans le tas une agence de production de films. Notre zig avait dérobé moult chèques et ils étaient bien heureux qu&#8217;on recherche le bonhomme, mais&#8230; pas d&#8217;adresse ou le « loger » le fameux bonhomme. Ça va être chaud mais, le profil se&#8230; profile. Un type, gros et gras, pas très beau, 30 ans. Il cherche sans cesse des subventions pour des films minables et quand il se fait refouler, ben&#8230; Il pique ce qui lui tombe sur la main.</p>
<p>On identifie son dernier vol. Un chouette véhicule, avec trois lettres en guise de marque. Hé ouais il avait « tchourer » une BMW le gueux. Et un super téléphone portable en guise de cadeau, oublié dans la voiture.</p>
<p>- « Ho les gars », je lance à l&#8217;équipe. « On peut pas le loger, alors&#8230; on l&#8217;appelle pour qu&#8217;il se rende, ça va l&#8217;faire à votre avis ? ».</p>
<p>Grosse rigolade au bureau. Hé oui l&#8217;utopie j&#8217;aime bien. Piqué au vif j&#8217;arrache le combiné téléphonique et rageur je compose le numéro du téléphone. Une sonnerie, deux sonneries, un déclic et une pauvre voix : « allo »</p>
<p>- « Salut Franck. C&#8217;est la Police. T&#8217;emballes pas, on sait que tu as la caisse volée. Alors tu m&#8217;écoutes. Tu te gares. Tu notes bien l&#8217;adresse. Tu descends de la voiture. Tu files à la gare. Tu te payes un billet pour Paris et tu viens me voir au commissariat qu&#8217;on règle tout ça ».</p>
<p>La réalité veut que j&#8217;ai bataillé deux heures au téléphone (pardon Chef pour la note !) et le lundi matin, à 09 H, il était sagement assis dans la salle d&#8217;attente avec&#8230; baluchon et brosse à dents.<br />
J&#8217;vous l&#8217;ai dit, j&#8217;aime l&#8217;utopie et&#8230; les téléphones portables.</p>
<p>Note de l&#8217;auteur : Vous vous rappelez de l&#8217;agence de production ? Mais si quelques lignes plus haut. Faut-il voir un rapport entre cette enquête et un flic qui fournit en « chouquettes » une certaine Eloïse capitaine de Police ? Ma foi&#8230; à vous de voir !</p>
<p>Bonne journée !</p>
<p>Amicalement</p>
<p>(*) Prénom changé pour&#8230; heu&#8230; ben pour qu&#8217;on ne reconnaisse pas le méchant de l&#8217;histoire bien sûr.</p>
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		<title>Schizophrénie fut le diagnostic</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/09/21/schizophrenie-fut-le-diagnostic/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 13:08:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-982" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="DPJ" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/eric_schizo.jpg" alt="DPJ" width="301" height="225" />Les plaintes dans un commissariat de quartier c'est formateur mais très ennuyeux, pour un jeune policier affecté à l'investigation. On écoute la misère du monde. On tape des plaintes à longueur de journée. On garde les enquêtes les moins passionnantes et on doit « laisser » les plus croustillantes à la DPJ. C'est ça les consignes. Un flic ça aime pas « laisser » ses enquêtes à un autre. Alors, des fois, on oublie de « shooter » à la DPJ et on enquête soi-même. Et on trouve le voleur et on se fait « enguirlander » par le patron de la DPJ. Mais on voit un léger sourire sur ses lèvres lors de l'engueulade et deux semaines après...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les plaintes dans un commissariat de quartier c&#8217;est formateur mais très ennuyeux, pour un jeune policier affecté à l&#8217;investigation. On écoute la misère du monde. On tape des plaintes à longueur de journée. On garde les enquêtes les moins passionnantes et on doit « laisser » les plus croustillantes à la DPJ. C&#8217;est ça les consignes.</p>
<p>Un flic ça aime pas « laisser » ses enquêtes à un autre. Alors, des fois, on oublie de « shooter » à la DPJ et on enquête soi-même. Et on trouve le voleur et on se fait « enguirlander » par le patron de la DPJ. Mais on voit un léger sourire sur ses lèvres lors de l&#8217;engueulade et deux semaines après, il tombe sur votre bureau un télégramme pour assister à un stage de « découverte de la procédure judiciaire » à la Division de Police Judiciaire.</p>
<p>Voilà ce qui arrive à ce flic qui n&#8217;a pas voulu shooter.</p>
<p>Lundi matin 19 janvier 1998. Une chape de froid s&#8217;est abattue sur Paris. Les rues sont tristes et froides. La ville est assoupie. Les voleurs sont « aux sports d&#8217;hivers » et les flics désabusés. Mais moi, je suis en stage&#8230; à la DPJ. Le Saint des Saints. Un groupe d&#8217;enquête. Personne ne m&#8217;cause mais je m&#8217;en fous, j&#8217;suis heureux.</p>
<p>Je suis assis à un bureau et je feuillette les procédures en cours d&#8217;enquête. Vols fausses qualités, escroqueries en bandes organisées, trafic de voitures, trafic de stups, vols à main armée. Des mots à faire rêver un flic de « quartier ». Les « grosses affaires », les « belles affaires », les « beaux mecs » c&#8217;est ceux-là qui sont « serrés » par les DPJ.</p>
<p>- « Bon alors, tu jettes un œil aux PV et puis s&#8217;il y a quelque chose qui bouge on vient te chercher ».</p>
<p>Voilà des premiers mots que j&#8217;entends de la bouche du chef du groupe VP. C&#8217;est pas folichon mais bon&#8230; j&#8217;suis à la DPJ. Alors je potasse, 01 heure, 02 heures&#8230; Bon… c&#8217;est un peu chiant mais&#8230; j&#8217;suis à la DPJ. Le temps s&#8217;allonge et les procédures je commence à les connaître par coeur, lorsque la « taulière » arrive et me lance :</p>
<p>- « Y sont où ? »<br />
- « Heu&#8230; ben je sais pas ».<br />
- « Et vous, vous êtes qui ? »<br />
- « Le stagiaire du commissariat de quartier ! »<br />
- « Ha ok. Bon vous allez me chercher le chef du groupe Crim et vous lui dites de m&#8217;appeler. On vient de trouver le cadavre d&#8217;un médecin, dans sa villa, avenue d&#8217;Italie. On se retrouve là-bas ».<br />
- « Heu… d&#8217;ac et&#8230; J&#8217;peux v&#8217;nir avec vous ? »<br />
- « Avec moi, non, mais voyez ça avec le chef de groupe ».</p>
<p>Elle disparaît aussi vite qu&#8217;elle est venue, et me voilà à errer dans les couloirs à la recherche du groupe Crim. Un bureau, un collègue en train de « bécaner ».</p>
<p>-  Pardon, vous savez où c&#8217;est le groupe Crim ? »<br />
- « C&#8217;est ici, mon gars. J&#8217;suis le commandant du groupe et t&#8217;es qui toi ? »<br />
- « Le stagiaire du Ciat de quartier. La patronne, elle dit qu&#8217;y'aurait un mort avenue d&#8217;Italie. Elle veut que vous alliez là-bas. Elle vous attends. J&#8217;peux v&#8217;nir avec vous Commandant ? »<br />
- « Ok, viens. On appelle le reste du groupe et on va voir ça ».</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-982  aligncenter" title="DPJ" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/eric_schizo.jpg" alt="DPJ" width="301" height="225" /></p>
<p>Enfin de l&#8217;action j&#8217;ai du mal à y croire. Je me retrouve sur le siège arrière d&#8217;une voiture. Sirène hurlante. Les pneus ripent sur le sol gelé. Je me cramponne. Au loin des gyrophares en pagaille. On arrive sur place. La patronne est déjà là et discute avec le Procureur.</p>
<p>- « Vous gardez ou je saisis la Crim ? » demande ce dernier.<br />
Un regard du Commissaire vers le chef de groupe, un léger signe de tête.<br />
- « On garde l&#8217;affaire Monsieur le Procureur, avec votre autorisation », répond la Commissaire.</p>
<p>Une pression sur l&#8217;épaule, et la voix du Commandant :<br />
- « Allez p&#8217;tit, c&#8217;est à nous de jouer ».<br />
Une villa cossue comme il en existe quelques-unes dans Paris. Un intérieur tout juste soigné. Un grand salon, un canapé défraichi et un corps, allongé le crâne enfoncé. Du sang sur les murs, du sang sur le sol. Un homicide. Un assassinat. Un meurtre. Ces mots raisonnent dans mon crâne. Je suis sur une affaire de meurtre. Photos, IJ, pompiers, constatations.</p>
<p>- « C&#8217;est familial », lance le chef de groupe. « Passez-moi cette maison au peigne fin je veux tout savoir ».<br />
- « Le stagiaire ! Avec moi on se fait les papiers de la victime. Vu qu&#8217;elle souffrait d&#8217;un TOC de vérification, on en a pour la journée ».</p>
<p>Effectivement sur la table du salon se trouve éparpillé une quantité phénoménale de papiers, enveloppes, reçus de cartes bleues, prospectus et lettres en tout genre. On sentait, à la lecture des documents, que cette femme divorcée avait deux enfants. Deux garçons. Mais il nous semblait également que la trace d&#8217;un des deux avait été effacée. Des cadres sans leurs photos, des photos déchirées, des mots rayés sur des courriers. Deux fils. Deux enfants. Un étudiant dans le sud de la France et l&#8217;autre… que nous ne trouvions sur aucun document sauf… une adresse sur l&#8217;angle d&#8217;une enveloppe.</p>
<p>- « Envoyez une équipe là-bas. Qu&#8217;ils fassent attention, le type que l&#8217;on cherche y est peut être ».</p>
<p>Une heure d&#8217;attente et un message radio : « C&#8217;est bon on a le second fils. Il était prostré dans sa chambre. Il a jeté ses vêtements dans la Seine, il tient des propos décousus de sens. On le ramène au service faut voir un médecin ».</p>
<p>Nous avions juste eu le temps d&#8217;une première audition avant qu&#8217;il ne voit le médecin et il nous avait dit : « Elle n&#8217;avait pas le droit de bloquer ma carte bleue, c&#8217;est pas moi c&#8217;est mon frère qui a dépensé tout son argent ».</p>
<p>Schizophrénie fut le diagnostic du docteur.</p>
<p>- « Si c&#8217;est son second fils qui l&#8217;a tué alors&#8230; Elle aura la tête coupée », avait déclaré le psychiatre de la famille que nous avions joint par téléphone.<br />
- « Sa tête était presque coupée. Il avait commencé à lui couper les mains », indique le rapport de l&#8217;OPJ ayant assisté à l&#8217;autopsie.</p>
<p>C&#8217;était un matin frileux de Paris. Un premier pas&#8230; à la DPJ.</p>
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		<title>Dlaczego chciał go zabić?</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/07/24/dlaczego-chcial-go-zabic/</link>
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		<pubDate>Fri, 24 Jul 2009 08:38:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/adzou_copyright.jpg" alt="adzou_copyright" title="adzou_copyright" width="195" height="250" class="alignleft size-full wp-image-906" />C'est du Polonais et cela veut dire en français : Pourquoi tu as voulu le tuer ?
Hé oui il faut aussi savoir parler les langues étrangères dans la police. Le russe, le chinois, l'anglais, l'allemand et toutes ces belles langues de notre belle planète... mais heureusement pour nous, il existe des auxiliaires de justice, les traducteurs.
Sans eux, certaines enquêtes ne seraient tout simplement pas faisables comme cette tentative d'homicide résolue le 19 juin 2000 dans un square du XIII ème arrondissement de Paris.

GRI. Groupe de recherches et d’investigations. Une équipe de 7 fonctionnaires. Les descendants des groupes de Voie Publique des Polices Judiciaires d’arrondissement d’avant la réforme de 1999. Le summum des SARIJ parisiens. L’échelon avant les divisions de Police Judiciaire.

Prise de service un matin de juin 2000. Les vacances sont encore loin. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-906" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="adzou_copyright" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/adzou_copyright.jpg" alt="adzou_copyright" width="195" height="250" />C&#8217;est du Polonais et cela veut dire en français : Pourquoi tu as voulu le tuer ?<br />
Hé oui il faut aussi savoir parler les langues étrangères dans la police. Le russe, le chinois, l&#8217;anglais, l&#8217;allemand et toutes ces belles langues de notre belle planète&#8230; mais heureusement pour nous, il existe des auxiliaires de justice, les traducteurs.<br />
Sans eux, certaines enquêtes ne seraient tout simplement pas faisables comme cette tentative d&#8217;homicide résolue le 19 juin 2000 dans un square du XIII ème arrondissement de Paris.</p>
<p>GRI. Groupe de recherches et d&#8217;investigations. Une équipe de 7 fonctionnaires. Les descendants des groupes de Voie Publique des Polices Judiciaires d&#8217;arrondissement d&#8217;avant la réforme de 1999. Le summum des SARIJ parisiens. L&#8217;échelon avant les divisions de Police Judiciaire.</p>
<p>Prise de service un matin de juin 2000. Les vacances sont encore loin. Le mois de juillet avec les départs en congés des collègues, va être long, très long et puis, il ne se passe pas grand chose aux beaux jours à Paris.<br />
Le chef de groupe entre dans le bureau et distribue les dossiers.</p>
<p>« Eric. Un SDF polonais dans le coma qui s&#8217;est fait ouvrir la gorge dans un square cette nuit. Il est à l&#8217;hôpital. La DPJ ne veut pas du bébé »,</p>
<p>« Ok patron, mais pourquoi la DPJ veut pas prendre l&#8217;affaire ? »,</p>
<p>« J&#8217;en sais pas plus, sauf que c&#8217;est à nous de nous y coller. Alors va mériter ta paye ».?</p>
<p>J&#8217;appelle l&#8217;hôpital. On me passe les urgences. Le médecin m&#8217;indique que le type est toujours inconscient, maintenu dans le coma artificiel afin de recoudre sa plaie. Vilaine plaie il ajoute. Il est passé très près de la mort. Il penche pour un coup de tesson de bouteille.</p>
<p>« Y&#8217;aura combien d&#8217;ITT docteur ? » je demande.</p>
<p>« 45 jours » me répondit-il d&#8217;une voix tranquille.</p>
<p>45 jours. Mais ça change la donne. Ça devient criminel que le type survive ou pas, et les GRI ça prend pas les affaires criminelles.</p>
<p>« Heu à propos, votre client il cause pas français » rajoute le praticien « il va vous falloir apprendre le polonais très rapidement. Bon courage on vous tient au courant dès sa sortie du coma ».</p>
<p>« Ben, heu merci Doc et bonne journée ».</p>
<p>Je comprends mieux le refus de la DPJ. Enquêter avec une victime qui ne parle pas français c&#8217;est pas une sinécure. Mais bon le boulot c&#8217;est le boulot et comme il est dans le coma j&#8217;ai le temps d&#8217;apprendre le polonais&#8230; ou de requérir un interprète. J&#8217;opte pour l&#8217;interprète je n&#8217;ai jamais été doué pour les langues de toute façon.</p>
<p>Une semaine passe. Enquête de voisinage dans le square au milieu des SDF. Pas grand chose à se mettre sous la langue. Personne ne parle aux condès (Flics) dans ce milieu. C&#8217;est motus et bouche cousue.<br />
« Ouais m&#8217;sieur l&#8217;agent y&#8217;a eu une baston mais j&#8217;ai rien vu. Juste un type avec la gorge en sang. C&#8217;est des polacks. On comprend pas ce qu&#8217;ils disent. On se lie pas avec les polacks. Ils boivent trop ». Cette phrase dans la bouche d&#8217;un SDF qui à 10 heures du matin est déjà à quelques grammes me fait sourire.</p>
<p>Ils sont sympas les SDF. Crades comme pas possible mais sympas. Ils m&#8217;ont proposé un coup à boire. Un jaja infâme dans une bouteille en plastique. J&#8217;accepte et comme en remerciement, un des paumés m&#8217;indique « le type que tu cherches il a un blouson noir avec « diesel » marqué sur l&#8217;emplacement du cœur ».</p>
<p>« Tu le connais ? » je demande.</p>
<p>« Personne se connait ici mais tout le monde se voit. Reste avec nous et tu l&#8217;auras ton mec ».</p>
<p>Une semaine de planque avec l&#8217;équipe au milieu des SDF et le 29 juin le polack est repéré et interpellé en douceur.</p>
<p>Retour au bureau. Garde à vue et audition avec un interprète.</p>
<p>J&#8217;annonce les règles de mon jeu à l&#8217;interprète.</p>
<p>« Il va falloir que vous traduisiez en temps réel ce que je vais dire au suspect. Vous utiliserez mes expressions. Si je crie vous crierez. Vous devrez être moi en polonais ».</p>
<p>« Ok. Pas de soucis je suis avec vous à cent pour cent ».</p>
<p>Début d&#8217;audition. Identité du SDF. Il n&#8217;était pas dans le square il ne connait personne à Paris. Il ne s&#8217;est jamais battu avec qui que ce soit.</p>
<p>La partie est rude. Je bluffe. J&#8217;avance des pions comme aux échecs. L&#8217;interprète est comme un second moi. Je comprends presque les réponses de l&#8217;individu avant la traduction. Il commence à s&#8217;énerver. C&#8217;est ça le levier sur lequel il faut appuyer. Je le fais sortir de ses gonds. Il m&#8217;insulte en Polonais.</p>
<p>« Co się stało? «  (Que s&#8217;est-il passé ?)</p>
<p>« Było I że zapłacił za butelkę, to moje pieniądze. (C&#8217;est moi qui avais payé la bouteille, c&#8217;était mes sous.)</p>
<p>« I broke butelki i obniżenia jego gardła w tym matkojebco złodziej. » (J&#8217;ai brisé la bouteille et je lui ai coupé la gorge à cet enfoiré de voleur.)</p>
<p>Je n&#8217;avais jamais parlé de gorge tranchée ni de bouteille brisée. Il venait d&#8217;avouer.</p>
<p>4 heures d&#8217;audition avec un interprète formidable et&#8230; j&#8217;avais laissé passé l&#8217;heure de mes enfants à l&#8217;école.</p>
<p>J&#8217;ai sauté dans la voiture du groupe et je suis allé les récupérer. La directrice m&#8217;attendait. Elle savait mon métier de flic. C&#8217;est pas un boulot comme les autres.</p>
<p>Cordialement<br />
Eric</p>
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		<title>« T&#8217;as déjà tiré m&#8217;sieur ? » (Dernière partie)</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 08:48:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-798" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Code de procédure" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/codeprocedure.jpg" alt="Code de procédure" width="300" height="219" />Mes menottes entravent ses poignets. Du sang coule de sa tête... Des sirènes, les pompiers, des collègues qui courent... J'ai encore le son des coups de feu dans ma tête. J'ai tiré sur un homme... Non, ce n’est pas ça la vérité. J'ai tiré sur un type qui voulait me tuer. Il est pris en charge par les secours. « Il est encore en vie », lance un pompier en découvrant sous sa chemise un gilet pare balle en kevlar. Un kevlar en 1993 ??? Même nous, les forces de l'ordre, nous n'avions pas ce genre de protection. Qui est ce type ? Qui sont ces types ? Armés jusqu'aux dents, protégés par des gilets, porteurs de talkie-walkie...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-798    aligncenter" title="Code de procédure" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/codeprocedure.jpg" alt="Code de procédure" width="300" height="219" /></p>
<p>Mes menottes entravent ses poignets. Du sang coule de sa tête&#8230; Des sirènes, les pompiers, des collègues qui courent&#8230; J&#8217;ai encore le son des coups de feu dans ma tête. J&#8217;ai tiré sur un homme&#8230; Non, ce n’est pas ça la vérité. J&#8217;ai tiré sur un type qui voulait me tuer. Il est pris en charge par les secours.</p>
<p>- « Il est encore en vie », lance un pompier en découvrant sous sa chemise un gilet pare balle en kevlar. Un kevlar en 1993 ??? Même nous, les forces de l&#8217;ordre, nous n&#8217;avions pas ce genre de protection.</p>
<p>Qui est ce type ? Qui sont ces types ? Armés jusqu&#8217;aux dents, protégés par des gilets, porteurs de talkie-walkie, de fausses cartes de police, ils savaient que des coups de feux pouvaient être échangés. Il s&#8217;était protégé lui !!! Il voulait buter du flic, ce n’est pas possible autrement.</p>
<p>- « Venez boire un café m&#8217;sieur l&#8217;agent. Vous êtes passé bien près&#8230; », me dit gentiment la boulangère en m&#8217;asseyant sur un tabouret dans sa boutique.</p>
<p>Bien près ? Passé bien près de quoi ? Une main se pose sur mon arme, je me retourne d&#8217;un bloc, le visage fermé. Un brigadier. Sa main légère sur mon bras. Un gentil sourire.</p>
<p>- « Doucement Eric. Faut que je prenne ton arme c&#8217;est obligé tu comprends ? »</p>
<p>Une zone neutre. Trouver une zone neutre. Rester concentré ne rien oublier des consignes de sécurité. Respirer, doucement, calmer les battements de mon cœur.</p>
<p>- « Il est en vie, merci mon Dieu », je pense doucement.</p>
<p>Je sors mon arme lentement pour la seconde fois. Je vide le barillet. Si j&#8217;avais su que je ne la reverrai plus jamais, j&#8217;aurais pris un peu de temps avant de la lui tendre.</p>
<p>La BRB arrive et investit les lieux. La PJ de quartier cède le terrain, suivie par la Division de Police Judiciaire.</p>
<p>- « M&#8217;sieur, je sais pas si vous croyez aux anges gardiens, mais le vôtre aujourd&#8217;hui, il était pas de repos », me dit gentiment un voisin qui&#8230; a tout vu de son appartement surplombant la rue de l&#8217;église.</p>
<p>Je comprends que je suis passé « tout près » comme elle a dit la boulangère et j&#8217;ai une pensée pour mon&#8230; ange gardien. Merci à toi d&#8217;avoir veillé sur moi. J&#8217;entends des voix qui me disent avoir libéré les otages. Des otages ??? C&#8217;est quoi cette histoire d&#8217;otages ? Les gens que nous avions vu entrer dans la banque et ne pas ressortir et bien, ce sont eux les otages et dans le tas, deux collègues de la BAC. Heureusement qu&#8217;ils n&#8217;ont pas été détectés par les braqueurs car là, dans la banque, on n&#8217;ose même pas penser aux conséquences.</p>
<p>Voitures de la BRB, convoi, sirènes hurlantes, direction le saint des saints le siège de la Brigade de Répression du Banditisme. Je suis juste un jeune îlotier, perdu, dépassé par une journée qui n&#8217;en finit plus.</p>
<p>Audition, questions, prise de sang, « re-» questions par un enquêteur de la BRB qui fait tout pour ne pas m&#8217;intimider mais qui n&#8217;y arrive pas vraiment. Je ne suis plus dans mon commissariat de quartier, je suis perdu, je n&#8217;ai plus de repère.</p>
<p>- « Allez viens petit, on va te mettre dans une pièce en attendant », me dit l&#8217;enquêteur.</p>
<p>- « Heu, ben, ok c&#8217;est vous qui savez quoi faire ». Je dois lui faire un peu pitié mais bon j&#8217;suis qu&#8217;un îlotier.</p>
<p>Une pièce, deux chaises, un bureau. Je m&#8217;assois. J&#8217;attends. Pas longtemps. Ils font entrer un type avec un gros pansement sur la tête et les mains entravées dans le dos. Je comprends que c&#8217;est mon tireur, celui qui m&#8217;a&#8230; flingué comme je l&#8217;ai lu dans mes romans policier. Il est haineux. Ses yeux font ce que son arme n&#8217;a pas réussi à faire ce matin. Ils me tuent avec rage et fureur.</p>
<p>- « Pourquoi ? » je lui demande simplement.</p>
<p>- « Je regrette de pas t&#8217;avoir buté. Je voulais buter du flic, faut que j&#8217;bute du flic ». Il me crache au visage.</p>
<p>Je recule devant sa haine. Je ne comprends pas. Nous avons sensiblement le même âge. Il me semble être de bonne condition sociale. Pourquoi ?</p>
<p>Enfin la journée se termine. Je retrouve ma femme, mon foyer, mon havre de paix. Je suis en vie, je peux la serrer dans mes bras. Hé mon ange gardien ! Encore une fois merci à toi.</p>
<p>Quelques années passent et un jour. Convocation, cour d&#8217;assise. Procès. Les voir à nouveau devant moi, protégés cette fois-ci par 5 avocats, exit le kevlar, la robe noire et la Loi prend la relève. Et oui, ils sont 5 dans le box des accusés. Les 3 braqueurs. Un pilote d&#8217;hélicoptère qui les attendait à l&#8217;héliport de Paris pour s&#8217;enfuir et un logisticien qui avait fourni voiture et armes.</p>
<p>Ils ont bien travaillés les collègues de la BRB. Ils ont retrouvés tout le monde et tout le monde est là, ils doivent répondre devant les juges, devant la cour et les jurés. 7 ans pour celui qui a tiré, 5 ans, 4 ans et 3 ans pour le reste des prévenus. Il est mort du sida à la prison de la santé, celui qui a tiré et son père&#8230; Un brigadier-chef suspendu à quelques années de la retraite pour s&#8217;être fait voler son arme de service par ce fils, a du sûrement pleurer sa triste fin.</p>
<p>Et oui, c&#8217;était un père flic qu&#8217;il voulait buter, qu&#8217;en avait-il à faire d&#8217;un jeune îlotier ?&#8230; Rien. J&#8217;avais juste le même uniforme que son père. Le même uniforme que des milliers de flics.</p>
<p>Amicalement.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« T&#8217;as déjà tiré m&#8217;sieur ? » (Première partie)</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/06/12/%c2%ab-tas-deja-tire-msieur-%c2%bb/</link>
		<comments>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/06/12/%c2%ab-tas-deja-tire-msieur-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2009 10:26:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eric</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eric]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-767" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="Patrouille" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/patrouille.jpg" alt="Patrouille" width="308" height="228" />C'était pas leur journée... Nous ne sommes que des Ilotiers ! Dans mon second article, j'avais parlé d'une affaire qui permettait de comprendre qu'une patrouille de Police n'est jamais anodine, et qu'une mission ne doit jamais être prise à la légère. Cela se confirme. « Hé t'as déjà tiré m'sieur ? ». C'est une question qui revient comme un leitmotiv dans une carrière de policier. Bien heureusement, la majorité des policiers répondent par la négative... Mais quelques-uns gardent le silence, regardent leur interlocuteur et se demandent s'ils doivent répondre. « Alors t'as déjà tiré ? ». La même question encore. La réflexion s'éternise...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-767  aligncenter" title="Patrouille" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/patrouille.jpg" alt="Patrouille" width="308" height="228" /></p>
<p>C&#8217;était pas leur journée&#8230; Nous ne sommes que des Ilotiers !</p>
<p>Dans mon second article, j&#8217;avais parlé d&#8217;une affaire qui permettait de comprendre qu&#8217;une patrouille de Police n&#8217;est jamais anodine, et qu&#8217;une mission ne doit jamais être prise à la légère. Cela se confirme.</p>
<p>- « Hé t&#8217;as déjà tiré m&#8217;sieur ? ». C&#8217;est une question qui revient comme un leitmotiv dans une carrière de policier. Bien heureusement, la majorité des policiers répondent par la négative&#8230; Mais quelques-uns gardent le silence, regardent leur interlocuteur et se demandent s&#8217;ils doivent répondre.</p>
<p>- « Alors t&#8217;as déjà tiré ? ». La même question encore. La réflexion s&#8217;éternise, les souvenirs reviennent en force et d&#8217;une voix sourde, ils répondent « Oui, j&#8217;ai déjà tiré ».</p>
<p>Aucun policier  ne devrait avoir à répondre cela. On ne rentre pas dans la Police pour faire usage de son arme mais lorsque cela arrive&#8230; C&#8217;est un matin, 10h30. Jour de marché, 25 mars 1993. Rue Saint Charles dans le XVème arrondissement de Paris.</p>
<p>- « TV 153 de TN XV ! »<br />
- « A l&#8217;écoute TN »<br />
- « Rendez-vous rue Saint Charles devant la boulangerie, une mendiante ».<br />
- « Invitez-là à circuler ».</p>
<p>Bon c&#8217;est sûr, c&#8217;est pas vraiment joyeux comme mission, mais être îlotier c&#8217;est pas l&#8217;anti-crim et encore moins  la BRB&#8230; quoique !</p>
<p>- « Bien reçu TN, on s&#8217;y rend ».</p>
<p>La circulation est ralentie pour cause de marché, mais bon, c&#8217;est une mendiante et elle ne vole rien. En plus, il commence à faire beau sur Paris. Le bras à la portière, on ne se presse pas. C&#8217;est une belle journée. Oubliés les gyrophares et l&#8217;adrénaline, c&#8217;est juste une mission de routine&#8230; Une « routine » d&#8217;îlotier. Un équipage de policiers habitués à discuter le bout de gras avec les commerçants, à verbaliser un « non handicapé » qui se fiche du handicap de l&#8217;autre, boire des tonnes de café offert dans des brasseries typiquement parisiennes et remplir des rapports d&#8217;îlots sur un climat social plus que calme.</p>
<p>On se gare devant la boulangerie.</p>
<p>- « Bon c&#8217;est pas la peine de tous y aller, restez dans la voiture je vais voir ça ».</p>
<p>Je descends et discute tranquillement avec la jeune mendiante.</p>
<p>- « Allez mademoiselle, il ne faut pas rester là devant la porte, vous gênez un peu le passage des clients ».</p>
<p>Elle se lève, ramasse ses pauvres biens et le carton lui servant de « siège ». Elle part pour s&#8217;installer quelques mètres plus loin mais bon&#8230; Ce n’est pas Al Capone quand même. Je laisse couler&#8230; La mission est remplie.</p>
<p>- « Merci m&#8217;sieur l&#8217;agent. » lance la boulangère sans cesser de s&#8217;occuper de ses clients « Vous voulez un café avec votre équipe ? ».<br />
- « C&#8217;est gentil mais faut continuer la patrouille. Promis on repasse à la fin du marché ! ».</p>
<p>Je n’allais pas lui dire qu&#8217;à 10h, qu&#8217;on en avait déjà bu cinq et que la nuit allait devenir blanche à ce rythme-là. Je reviens, m&#8217;installe dans la voiture.</p>
<p>- « T&#8217;as entendu sur les ondes une alarme silencieuse à la banque Rue Saint Charles ? » me demande Philippe, « D6 vient de lancer le message ».<br />
- « Heu&#8230; Tu ne vas pas me dire que c&#8217;est la banque en face de nous ? »,<br />
- « Ben si »,<br />
- «Ha bon&#8230; Ben tu gares la voiture dans l&#8217;impasse en face et je m&#8217;annonce à D6 »,<br />
- « D6 de TV 153 ? »,<br />
- « D6 à l&#8217;écoute »,<br />
- « Vous confirmez pour une alarme bancaire rue Saint Charles ? Vous avez envoyé une équipe ? Nous sommes en visuel de la banque »,<br />
- « Affirmatif la BAC 15 se dirige sur place ».</p>
<p>C&#8217;est là qu&#8217;on rêve d&#8217;être de la BAC mais nous sommes îlotiers alors&#8230; On regarde la porte d&#8217;entrée de la banque et on attend. Un couple rentre&#8230;</p>
<p>- « D6. Un couple entre dans la banque »<br />
- « Bien reçu »<br />
- « Des nouvelles de la BAC, D6 ? »<br />
- « Ils sont sur place normalement »<br />
- « Ok. »</p>
<p>J&#8217;annonce quelques clients qui entrent et nous attendons&#8230; Encore. Les gens passent. Les familles avec poussettes, les mamies avec caddies, les enfants en vélo&#8230; Une vie de marché parisien sous un doux soleil de mai.</p>
<p>- « Bon, y&#8217;a personne qui est sorti de la banque depuis déjà un bon quart d&#8217;heure, vous en pensez quoi ? »<br />
- « T&#8217;as raison. Y&#8217;a au moins un client qui aurait du sortir depuis le temps, ça sent mauvais&#8230; »,<br />
- « Attendez&#8230; Tiens ça sort ».</p>
<p>Un grand type. Un grand pardessus. Un coup d&#8217;œil à droite, un autre à gauche et&#8230; Il nous regarde. L&#8217;espace d&#8217;une seconde, dans sa main droite apparaît furtivement un sac de toile de jute qu&#8217;il dissimule dans le pli de son pardessus. C&#8217;est quoi ce sac ? C&#8217;est qui ce type ? Deux secondes de réflexion, et&#8230; C&#8217;est chaud quand même un pardessus au mois de mai !!!</p>
<p>- « Il est bizarre ce type on va au contrôle ».</p>
<p>Je lance à l&#8217;équipe. Le policier auxiliaire qui nous accompagne réprime un sourire de contentement&#8230; Enfin un contrôle !</p>
<p>- « D6. Un individu sort de la banque, on va au contrôle tout a l&#8217;air calme ».</p>
<p>J&#8217;ouvre la portière et je sors. Ma main, automatiquement, se pose sur la crosse de mon arme, et mon pouce dégage le bouton pression de l&#8217;étui. L&#8217;équipe suit derrière. Pas besoin de se retourner, je sais qu&#8217;ils connaissent leur boulot. Ce sont de bons flics, ils sont aux aguets, bien positionnés, prêt à répondre à tout et&#8230;</p>
<p>- « Monsieur, Police&#8230; »</p>
<p>Les nerfs tendus. Le regard sur le dos du type. J&#8217;élève la voix « MONSIEUR. POLICE ! ». Et comme dans un film il se retourne, une arme à la main. Une fumée sort du canon.  Un bruit de « frelon » à mon oreille&#8230; Il nous tire dessus&#8230; Mon arme quitte son étui&#8230; Les réflexes du stand de tir reviennent : Genou à terre. Je le vois dans ma ligne de mire. Un autre « frelon » siffle près de ma tête.</p>
<p>« Bloque ta respiration ». La cible nette, les appareils de visée flous. Les consignes de mon moniteur de tir tournent en boucle dans ma tête&#8230; Je presse la détente une fois&#8230; L&#8217;homme titube&#8230; Un second tir, il s&#8217;écroule entre deux voitures. Tout se passe au ralenti&#8230; Je cours&#8230; Un type arrive derrière moi, me dépasse, se retourne une mitraillette à la main. Il s&#8217;empêtre dans la sangle&#8230; Philippe lui crie de lâcher son arme. Il obtempère&#8230; Je bondis sur le type écroulé. Mes menottes entravent ses poignets. Du sang coule de sa tête&#8230; Des sirènes, les pompiers, des collègues qui courent&#8230;</p>
<p>- « Un troisième vient de se tirer rue de l&#8217;église, rattrapez-le&#8230; », hurle quelqu&#8217;un.</p>
<p>L&#8217;équipage PS se lance sur les traces du fuyard. Il s’engouffre dans une porte d&#8217;immeuble, talonné par les policiers&#8230; Il s&#8217;élance dans une pièce jetant une grenade derrière lui. Heureusement, elle n&#8217;est pas dégoupillée. Il trouve l&#8217;abri sommaire d&#8217;une table mais ne peut que se rendre et s&#8217;allonge les bras dans le dos.</p>
<p>Eddy Mitchell chantait « Braquage raté. Casseurs arrêtés. Les sirènes hurlent au loin. T&#8217;as les menottes aux poings. Va falloir m’causer. J&#8217;suis qu&#8217;un îlotier. Mais j&#8217;en veux, j&#8217;irai loin. J&#8217;tiens la loi dans mes mains. C&#8217;est pas ta journée. Mais fallait y penser. C&#8217;est pas ta journée, moi j&#8217;veux pas t&#8217;enfoncer ».</p>
<p>Vous souhaitez connaître la suite de cette « tranquille » journée d&#8217;une équipe d&#8217;îlotiers ? Rendez-vous dans quelques semaines, car une fois les menottes passées aux poignets des truands, la journée était loin et même très loin d&#8217;être terminée.</p>
<p>Bonne journée et une pensée spéciale pour Philippe, Nathalie et David, et tous ceux qui étaient là ce jour-là.</p>
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