« T’as déjà tiré m’sieur ? » (Première partie)
Vendredi 12 juin 2009
C’était pas leur journée… Nous ne sommes que des Ilotiers ! Dans mon second article, j’avais parlé d’une affaire qui permettait de comprendre qu’une patrouille de Police n’est jamais anodine, et qu’une mission ne doit jamais être prise à la légère. Cela se confirme. « Hé t’as déjà tiré m’sieur ? ». C’est une question qui revient comme un leitmotiv dans une carrière de policier. Bien heureusement, la majorité des policiers répondent par la négative… Mais quelques-uns gardent le silence, regardent leur interlocuteur et se demandent s’ils doivent répondre. « Alors t’as déjà tiré ? ». La même question encore. La réflexion s’éternise…










Pourquoi devient-on flic ? Pour la sécurité de l’emploi… Non. Pour arborer un bel uniforme et plaire aux femmes… Heu… Pourquoi pas, mais non ! Si l’on devient flic, c’est pour aider les autres. Se mettre au service des autres, même si, de temps en temps, le coeur n’y est pas. Chronique d’une nuit pas ordinaire. Brigade de nuit, 15 ème arrondissement de Paris. C’est l’hiver. La nuit arrive vite et pour nous les nuiteux on ne voit pas le soleil. On va se coucher lorsqu’il se lève et l’on se réveille quand il se couche. Les vacations sont longues, la fatigue vient. On part au boulot sans grande envie. On assiste à l’appel… Pas vraiment envie de rouler…
Hé non, ce n’est pas le titre du prochain reportage sur une grande chaîne nationale, c’est juste le grand écart de ma vie. Je m’appelle Éric, je suis policier depuis 21 ans et, à ce jour, Brigadier chef de Police. J’ai 41 ans, je suis marié et père de trois enfants et, effectivement, les premières personnes qui ont jalonné ma vie étaient entreposées dans le sous-sol de l’hôpital Jean Rostand à Sèvres (92). Gardien de morgue, c’était mon premier métier. De là à devenir Gardien de la Paix, il a fallu quelques cours de Maths et de Français et un concours plus tard me voilà titulaire de la carte de Police Nationale qu’exhibaient fièrement mes idoles…

