Comme une grande claque…
Jeudi 24 juin 2010
Ce soir, le message radio qui nous concerne est assez vague : « UCL (unité cynophile légère), allez-voir dans les parkings souterrains près du centre commercial. On n’a pas bien compris ce qu’il s’y passe. Deux jeunes filles vous y attendent pour un problème familial, une histoire bizarre. Sur place, tenez-nous au courant ». Au son de la voix de l’opérateur radio, on devine que ce n’est pas net. Dans ce genre de situation, le CIC (Centre d’Information et de Commandement) préfère jouer la sécurité en envoyant la canine. En pleine nuit, dans des souterrains, il peut s’agir d’un guet-apens. Mieux vaut avoir du répondant en envoyant la canine…










En ce début de nuit froide, nous voilà réunis comme d’habitude autour d’un bon café. Les chiens sont détendus et prêts dans les caissons des véhicules.
Expérience inédite. Aujourd’hui, grande première pour l’effectif présent de la canine de Grenoble, nous allons tester l’hélitreuillage en compagnie de nos chiens.
Depuis l’accession de Grenoble en Ligue 1 de football, nous passons un week-end sur deux au stade. Non pour aller assister à un match, mais pour encadrer ce que j’appelle maintenant les «pseudos supporters». Certes à des années lumières du hooliganisme anglais que nous connaissons, mais les codes sont toujours les mêmes, la haine, l’alcool et la violence… Le dispositif pour la réception de Nancy aujourd’hui, c’est trois équipes canines avec six chiens. Nous sommes parfaitement intégrés au dispositif du service d’ordre qu’il ne faut pas confondre avec du maintien…
Les fins de nuit se suivent, mais ne se ressemblent jamais. Seule la volonté de retrouver son lit revient finalement tous les jours à la même heure. Mais on sait très bien qu’à tout moment, même à cinq minutes du « gong », quelque chose peut arriver…
Après 5 mois sans chien, il me tarde maintenant d’accueillir mon nouvel
Travailler la nuit, c’est un choix pour la majorité des policiers. On dit que c’est un service de « volontaires ». On y trouve principalement la « Police Secours », la Brigade Anti Criminalité et nous la Canine. Les avantages sont nombreux à travailler « en décalé » : beaucoup plus de temps à consacrer à sa petite famille. Garder les enfants en bas âge permet d’économiser les frais de garde. On peut également faire plus de sport et s’occuper de sa maison. D’ailleurs, mes voisins me demandent souvent quand est-ce que je travaille ?… On évite aussi la circulation des heures de pointe pour aller travailler et on gagne un peu plus d’argent…
L’arrivée du chien en unité après sa formation n’est pas un gage de réussite totale, la voie publique étant très différente de l’entrainement les chiens doivent s’adapter… Pour la majorité d’entre eux, il faut un petit temps d’adaptation qui peut être plus ou moins long en fonction de l’animal et de l’éveil qu’on lui donne (des endroits ou des situations qu’on lui présente). Le chien doit prendre ses marques dans son nouveau box, s’habituer à ses nouveaux voisins, apprendre à connaître tous les fonctionnaires de la brigade qui viendront à tour de rôle nettoyer son box. Pendant les trois mois de formation, le chien travaille tous les jours ou presque. Au mordant comme en muselé.
La passion du chien est indispensable et primordiale au métier que j’exerce dans la Police Nationale. J’ai souvent l’impression d’en faire deux d’ailleurs : policier et maître-chien (et non pas l’inverse, et ça j’y tiens). Le premier comme la majorité de mes collègues des autres services : c’est patrouiller, interpeller, rédiger des procès-verbaux. Le second c’est s’occuper du chien et du chenil lorsque je suis de permanence (je vous accorde que de bon matin, ce n’est pas toujours facile de passer des croissants du petit-déjeuner au nettoyage des box…) mais il faut le faire. L’hygiène est un gage de non-prolifération des maladies, donc de bonne santé de l’animal.



