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	<title>Blog recrutement Police nationale &#187; Joël</title>
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	<description>Découvrez le blog police nationale recrutement</description>
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		<title>Vague à l’âme ou lame de fond</title>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 10:39:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1688" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/vaguealame.jpg" alt="" width="321" height="229" />En Guyane, il ne faut s’étonner de rien. C’est un principe de base pour avancer. Nous sommes à la fois en France mais tout autant en Amérique du Sud. Ce week-end notre 11ème homicide en 120 jours. J’avais commencé ma première permanence de l’année par 2 homicides en 48 heures. Le premier à la machette, le second par balle dans un Sound système, le 1er janvier !!!

En Guyane, la Sécurité Publique – pour faire simple, le commissariat que vous connaissez tous - traite quasiment tous les homicides...

Crédit photo : ©TERRY]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1688" class="wp-caption alignleft" style="width: 331px"><img class="size-full wp-image-1688 " style="margin-right: 15px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/vaguealame.jpg" alt="" width="321" height="229" /><p class="wp-caption-text">Copyright TERRY</p></div>
<p>En Guyane, il ne faut s’étonner de rien. C’est un principe de base pour avancer. Nous sommes à la fois en France mais tout autant en Amérique du Sud. Ce week-end notre 11ème homicide en 120 jours. J’avais commencé ma première permanence de l’année par 2 homicides en 48 heures. Le premier à la machette, le second par balle dans un Sound système, le 1er janvier !!!</p>
<p>En Guyane, la Sécurité Publique – pour faire simple, le commissariat que vous connaissez tous &#8211; traite quasiment tous les homicides, ce qui n’est absolument pas le cas en métropole.</p>
<p>Ici, la Police Judiciaire s’occupe principalement des importations internationales de stupéfiants en grosse quantité et ils ont de quoi faire.</p>
<p>Le nombre important d’homicides traités donne une très bonne technicité à nos effectifs qui « sortent » près de 9 affaires de meurtre sur 10 !!! Nous en reparlerons une autre fois. Mais ce week-end, en plus de ces affaires « sordides », nous a réservé bien pire. Tout a commencé par la disparition inquiétante de deux jeunes enfants de 11 et 13 ans qui jouaient sur la plage, dimanche après midi,  près d’un des rares hôtels de Cayenne…</p>
<p>L’Océan, comme souvent, était mauvais, les rouleaux puissants. La spécificité locale est que l’océan en bord de côte n’est pas d’une couleur azurée avec des eaux limpides, mais marron avec une eau boueuse car chargée en alluvions qui proviennent des fleuves environnants. Le plus jeune des deux garçons a été emporté par une lame. Son frère, à peine plus âgé, a tenté de lui porter secours sans que la mère, qui ne savait pas nager, puisse intervenir.</p>
<p>En quelques secondes les deux enfants ont disparu sous la surface de l’eau. Tout est allé si vite. Autant chercher une aiguille dans une meule de foin. Très rapidement avisés, les secours, sous la direction de l’Etat Major de la Zone de Défense ont engagé tous les moyens disponibles : pompiers, police, plongeurs, hélicoptère de la gendarmerie. Sans résultat. Les recherches se sont interrompues hier soir à 20 heures à cause de la nuit.</p>
<p>Cette après-midi à 14 heures, la salle d’information et de commandement – qui gère les appels quand vous composez le 17 &#8211; a été avisée qu’à la jumelle un promeneur apercevait ce qui lui paraissait être un corps sans vie flottant entre deux eaux. Nous nous sommes rapidement rendus sur place, pour constater effectivement la présence d’un corps puis d’un second à quelques encablures,  brassés par les flots et que les plongeurs sont allés récupérer, pour les ramener sur la grève.</p>
<p>Les deux enfants, allongés sur le sable, semblaient endormis, à peine rigidifiés par un séjour de 24 heures dans les eaux côtières. Je ne faisais pas le fier, pas plus que certains autres collègues. Quel gâchis, deux vies perdues en quelques instants !!! Maintenant, il va falloir s’atteler à la sale partie du boulot, les constations post mortem. Là, nous ne sommes plus dans les Experts ou NCIS, mais dans la vraie vie. Ce n’est pas un film et tout ne se règle pas en 52 minutes avec des acteurs aux tenues immaculées. L’OPJ (officier de police judiciaire) commence ses constations immédiatement, aidé par le technicien de police technique et scientifique qui fige la scène sur la pellicule. Je suis allé examiner les corps de ces deux enfants pétrifiés, pas par voyeurismes, mais parce que c’est nécessaire pour pouvoir ensuite informer les parents et savoir si les corps sont présentables. Ils n’étaient pas abimés par un séjour prolongé comme c’est souvent le cas. Le temps que l’Identité Judiciaire procède aux derniers clichés, que délicatement les corps soient mis dans des bâches zippées, et les deux frères ont pu enfin se retrouver côte à côte pour un ultime voyage vers le funérarium.</p>
<p>L’OPJ avise le magistrat qui, vu les circonstances, ne demande pas d’autopsie. C’est une bonne chose, les deux enfants pourront être récupérés demain par leur famille. C’est là qu’a commencé le plus difficile : aller annoncer la nouvelle aux parents. Plutôt que d’envoyer un équipage en tenue comme cela se fait souvent, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de commissaire de remplir cette mission, assisté d’un officier. Car aller seul pour faire un « avis famille » sur de tels drames peut se révéler délicat. On ne peut jamais anticiper la réaction des familles face à la douleur.<br />
Nous sommes passés à la gendarmerie de MATOURY, commune voisine, pour nous faire situer l’adresse des parents, puis, lentement nous avons fait mouvement vers le domicile repéré sur la carte murale de la gendarmerie. J’ai tenté 200 fois dans ma tête de me dire : je vais commencer comme cela, puis dire cela. Mais rien ne s’est passé comme prévu quand le capitaine à mes côtés m’a dit : « Je crois que c’est là… ».</p>
<p>Il y avait déjà foule dans le jardin, des visages graves après une attente de 24 heures à espérer l’annonce prochaine d’un miracle…</p>
<p>Je suis rentré dans la cour défendue par un portail rouillé rouge. L’atmosphère était étouffante et cela n’avait rien à voir avec la chaleur ambiante. J’ai demandé à voir le chef de maison, nous nous sommes présentés, mon collègue et moi. J’ai été orienté vers un homme d’une cinquantaine d’années qui m’a dit : « je suis le papa de XX et XX ». Cet homme m’a tenu les mains en me demandant :</p>
<p>« Avez-vous trouvé mes enfants, ils vont bien ? »</p>
<p>J’ai pris une grande inspiration, en le regardant dans les yeux et en marquant des pauses entre toutes mes réponses, sous la pression de vingt paires d’yeux qui nous fixaient. J’ai tenté de faire pour le mieux.</p>
<p>« Oui monsieur, nous avons retrouvé vos enfants », j’ai précisé leurs prénoms… « Ils sont de nouveau réunis… Côte à côte, le petit avec le grand… On a l’impression qu’ils dorment… Comme des anges… Nous les avons trouvés à proximité du lieu de leur disparition, éloignés de vingt mètres l’un de l’autre, aujourd’hui à 15h30… »</p>
<p>Il est resté digne. De nombreuses personnes hurlaient autour de nous. Il s’est assis et notre discussion a continué en tête à tête sur le ton de la confidence. J’ai tenté de trouver les mots, pas forcément les bons, mais ceux qui peuvent apaiser. Il ne doit pas y avoir de transfert, nous devons rester professionnels, mais nous sommes aussi des pères, des hommes tout simplement.  Cela a duré quelques minutes, il nous a remerciés et nous avons quitté la place en essayant de le faire avec respect pour ceux dont la vie venait de basculer en quelques phrases.</p>
<p>Le retour vers la base a été assez silencieux, je ne bois pas, mais ce soir j’aurais bien pris une rasade de Jack Daniel’s !!</p>
<p>A défaut, ces deux enfants seront dans mes prières ce soir, lorsque j’aurai quitté mon habit de lumière de policier républicain, je retrouverai les convictions théologiques de l’individu que je suis  et peu importe le dieu que je prierai, j’espère qu’il prendra en compte ces deux enfants à ses cotés. Dans tous les cas, je prendrai ma fille dans mes bras en me disant que c’est une joie dont il faut profiter à chaque instant. Ce sont eux qui nous donnent la force d’avancer, de nous battre pour leur assurer un avenir décent.</p>
<p>Voilà, certaines journées sont pleines de joies &#8211; souvent même &#8211; mais parfois elles sont plus éprouvantes, comme celle-ci. Je sais que demain je repartirai pour une nouvelle aventure qui me réservera sûrement de grands éclats de rire. C’est le charme de notre métier, ne jamais savoir de quoi sera fait notre lendemain et c’est passionnant ! Mais pendant de longues nuits encore je garderai en mémoire l’image de ces deux frères unis dans un même destin.</p>
<p>Le temps d’une vague, deux vies s’en sont allées…</p>
<p>PS : je vais entamer des démarches pour faire reconnaître l’acte de bravoure du plus grand des deux frères qui a donné sa vie en tentant de sauver son cadet.</p>
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		<title>La correction de l’écrit du concours interne de gardien de la paix, session  printemps 2010</title>
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		<pubDate>Wed, 12 May 2010 08:30:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="size-full wp-image-1628 alignleft" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/image-copies.jpg" alt="©MAPR" width="260" height="195" />Il y a quelques jours, un courriel est arrivé sur ma messagerie professionnelle, « le SATPN recherche des correcteurs pour les épreuves écrites du concours interne de gardien de la paix session 2010 ». Je décroche mon combiné pour appeler ce service, la correction porte sur les copies des candidats internes de Guyane. 19 pour être plus précis, c’est un chiffre raisonnable, même si j’ai déjà bien assez de travail au quotidien, cela me semble important de savoir quelle est la façon de penser d’éventuels futurs collaborateurs...

Crédit photo : ©MAPR]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a quelques jours, un courriel est arrivé sur ma messagerie professionnelle, « le SATPN recherche des correcteurs pour les épreuves écrites du concours interne de gardien de la paix session 2010 ».</p>
<div id="attachment_1628" class="wp-caption alignleft" style="width: 270px"><img class="size-full wp-image-1628 " src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/image-copies.jpg" alt="©MAPR" width="260" height="195" /><p class="wp-caption-text">©MAPR</p></div>
<p>Je décroche mon combiné pour appeler ce service, la correction porte sur les copies des candidats internes de Guyane. 19 pour être plus précis, c’est un chiffre raisonnable, même si j’ai déjà bien assez de travail au quotidien, cela me semble important de savoir quelle est la façon de penser d’éventuels futurs collaborateurs. Je réponds favorablement à la demande et passe le lendemain pour récupérer les copies qui me sont remises contre émargement. Un concours, c’est quelque chose de sérieux.</p>
<p>De retour au bureau, je consulte la « Notice indicative pour les correcteurs ». Ce document doit permettre une certaine « harmonisation des corrections ». Cela explique les critères objectifs à prendre en compte, tant sur la forme que sur le fond pour les devoirs à évaluer: orthographe, grammaire, présentation. En ce qui concerne le sujet, une copie « type » est remise. C’est un exemple de ce que pourrait être un bon devoir. Je vais la lire à différentes reprises en prenant bien soin de relever les éléments importants, les « points de passages obligés », les hors sujets complets, mais je garde l’esprit ouvert.</p>
<p>Si les arguments sont motivés, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée. Le téléphone interrompt ma réflexion, un « arrachage » est signalé, je reprendrai les copies plus tard, d’ici là elles vont séjourner un moment dans mon armoire forte à l’abri des regards et de l’humidité.</p>
<p>Il est 19h, un fond de musique dans le bureau, j’écoute &laquo;&nbsp;Lhasa&nbsp;&raquo;. Le commissariat se vide peu à peu, les lumières du jour déclinent, les chauves-souris virevoltent dans les coursives, j’aime ces moments de calme avant que la nuit nous livre son lot de délinquants quotidiens.</p>
<p>Le cliquetis de mon coffre raisonne, je prends en main les copies : elles contiennent l’avenir de candidats qui aspirent à devenir de futurs gardiens de la paix. 19 copies, 19 destins&#8230; la responsabilité est lourde. Les feuilles sont toutes rendues anonymes, le coin supérieur gauche qui contient les informations patronymiques sur le candidat est replié et collé. Tout signe distinctif qui permettrait de rendre identifiable le candidat signifierait pour lui une élimination immédiate.</p>
<p>J’allume ma lampe de bureau… je commence par une première lecture de toutes les copies accompagnée d’une prise de notes manuscrites avec des signes cabalistiques pour les profanes : guillemets, flèches de tendances, points, croix. Je souligne au crayon de papier certaines fautes d’orthographe, je ne suis pas un dieu dans ce domaine – n’est ce pas Justine &#8211; mais lorsque je me retrouve avec des copies rédigées en style télégraphique, phonétique ou comme des « sms » cela me choque ! Un concours se prépare sérieusement, l’expression écrite est importante même si parfois de très bons policiers sont des rédacteurs perfectibles, il y a un minimum !</p>
<p>Je passe plus de temps que prévu sur cette première lecture, le niveau général n’est pas en adéquation avec ce que j’espérai, cela me frustre quand je sais qu’une préparation avec le service de formation régional a été proposée cette année. Je trouve quand même des copies pleines de qualités : la présentation est soignée, les idées logiques, l’expression correcte et fluide.</p>
<p>J’ai maintenant une idée un peu plus claire sur le niveau général, je passe à la seconde lecture avec les premières notes que je vais attribuer. Je tâche de ne rien oublier, je vais parfois chercher des points après avoir tourné et retourné plusieurs fois la copie. J’en resterai là pour ce soir, je vais prendre la nuit pour réfléchir et demain je finaliserai la notation.</p>
<p>Le lendemain je reprends les copies sur un temps d’accalmie. Je passe du crayon de papier au stylo rouge, cette fois les notes seront définitives, les appréciations littérales aussi.</p>
<p>La note la plus basse est 0.5 / 20… Pourquoi pas 0 me direz vous, tout simplement parce que cela m’obligerait à rédiger un rapport explicatif ! Le candidat a simplement rédigé la phrase suivante « sujet trop compliqué… je reviendrai ! ». Dommage pour lui. A l’opposé, j’ai mis un 15 à un devoir rédigé, sans nul doute, par un ou une candidate qui avait préparé son écrit.</p>
<p>Voilà, j’en termine, je mets sur toutes les copies un avis motivé pour expliquer le pourquoi de la note. J’ai conscience de mettre fin à des espoirs pour certains ou certaines, mais c’est de ma responsabilité. Cela n’enlève rien à l’estime que j’ai pour les ADS qui, sur cette session, seront écartés et ne pourront être admis cette année comme gardien de la paix. Je sais que certains d’entre eux sont de très bons «flics» qui servent comme ADS depuis 5 ans, mais notre procédure et notre Institution fonctionnent au travers de l’écrit, il est de ce fait nécessaire de pouvoir rendre compte de nos actions et pas seulement oralement. J’espère qu’ils recommenceront l’année prochaine et si je peux participer à les préparer à cette épreuve ce sera avec plaisir. Je retourne au SATPN, de nouveau j’émarge, on me demande mon avis sur la session en général, nous passerons une trentaine de minutes à débattre des sessions en général et de celle-ci en particuliers.</p>
<p>Qu’attendons nous en fait d’un bon candidat ?</p>
<p>Qu’il puisse exprimer clairement et simplement ses opinions face à des sujets souvent très ouverts. Pour cela nul besoin d’être ultra cultivé, il s’agit plutôt d’être ultra-motivé. La préparation d’un concours n’est pas l’équivalent d’un 100 mètres, cela ressemble plus à un marathon, une course d’endurance.</p>
<p>Il faut travailler en amont, régulièrement, avoir envie de convaincre son correcteur. Faire un petit effort de présentation, exposer ses idées, relire son devoir, rien d’insurmontable ! Une fois cette première épreuve passée, il restera encore l’oral, nous en reparlerons le moment venu. Il n’y a pas si longtemps encore, c’est moi qui planchais sur une copie, sur des sujets pas toujours évidents, alors croyez à vos rêves D’ici là pour ceux et celles qui se sentent concernés, n’hésitez pas à poser vos questions et surtout : ne lâchez rien !</p>
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		<title>Un carnaval guyanais animé !</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/02/26/un-carnaval-guyanais-anime/</link>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 13:08:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1395" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/carnaval1.jpg" alt="" width="317" height="216" />J’avais entendu parler de ce carnaval en lisant les guides touristiques, dans l’attente de mon affectation à la DDSP de Cayenne, mais j’avoue que le vivre au quotidien est plus exotique encore. Imaginez un peu, sept semaines consécutives de festivités hebdomadaires, et pour terminer une dernière ligne droite de quatre jours : La Grande Parade avec 58 groupes dont certains composés de plusieurs centaines de danseurs et musiciens, puis les trois soirées des jours gras, une institution ici. La première à une thématique fille-garçon...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1395" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/carnaval1.jpg" alt="" width="317" height="216" />J’avais entendu parler de ce carnaval en lisant les guides touristiques, dans l’attente de mon affectation à la DDSP de Cayenne, mais j’avoue que le vivre au quotidien est plus exotique encore. Imaginez un peu, sept semaines consécutives de festivités hebdomadaires, et pour terminer une dernière ligne droite de quatre jours : La Grande Parade avec 58 groupes dont certains composés de plusieurs centaines de danseurs et musiciens, puis les trois soirées des jours gras, une institution ici.</p>
<p>La première à une thématique fille-garçon &#8211; les filles se déguisent en garçon et inversement &#8211; puis la seconde, c’est le rouge et le  noir, et enfin pour l’ultime soir de liesse, le blanc et noir sont à l’honneur avec des costumes plus magnifiques les uns que les autres. Des valses de couleurs et de rythmes endiablés, tout cela serait idyllique dans un monde parfait, mais ici, à Cayenne, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours !</p>
<p>Sur les quatre derniers jours du carnaval, notre organisation pour gérer les quelques 30 000 personnes présentes est identique. Le centre ville de Cayenne avec la Place des Palmistes est interdit à la circulation. Il faut imaginer un grand rectangle de 500 mètres sur 300, bordé de palmiers centenaires de 25 mètres de haut. Le parcours des groupes qui défilent est codifié, ils doivent faire deux boucles dans la ville avant de se disperser et c’est à ce moment là que tout peut basculer.</p>
<p>Le carnaval est un exutoire, nous sommes ici en terre Sud Américaine. Il permet souvent aux différents quartiers de se donner rendez-vous pour s’affronter. La règle est simple, derrière les groupes, et surtout ceux des cités, se tiennent des voltigeurs qui peuvent être plusieurs centaines, vêtus de treillis le plus souvent, le visage dissimulé, ils sont aussi agités que pris de boisson. Ce sont des éléments à risques, ils scandent frénétiquement le nom de leur quartier « MANGO », « CHICAGO », « la RENOVATION »… Et pour prouver leur bravoure, ils se défient par des jeux de gifles jusqu’au moment où l’un des protagonistes demande grâce et se retire, conspué par ses pairs. Cela dégénère souvent, les rixes sont brèves mais très violentes, les armes blanches s’invitent souvent, comme cela m’a été signalé à différentes reprises. Cette année, il en va de même avec des fusils à canons sciés.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1398  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/carnaval3.jpg" alt="" width="243" height="288" /></p>
<p>17h30, je suis dans mon bureau et comme mon collègue, le DDSP, nous allons commencer une seconde journée de travail, après la première consacrée depuis très tôt ce matin aux préparatifs du voyage officiel du Président de la République et de cinq ministres prévu pour le lendemain du dernier jour gras. C’est la loi de Murphy !</p>
<p>J’enfile mon gilet pare-balles. Je prépare mon sac à dos, les gestes sont habituels : une radio, une écharpe tricolore pour faire les sommations en cas de nécessité absolue un lanceur de 40mm, une grenade de désencerclement &#8211; qui projette des éclats caoutchoutés -,  une grenade lacrymogène, une bouteille d’eau des serreflex &#8211; sorte de colliers pour entraver un individu aux poignets -, un bâton lumineux chimique et une pomme !!!</p>
<p>Je vais voir le DDSP pour les dernières consignes. La fatigue se lit sur son visage avec ces sept week-ends consécutifs sur le pont, j’imagine que je ne suis pas dans un meilleur état. Nous nous répartissons les rôles, il sera à la tête des unités en tenue, moi des civils de la BAC. Notre mission : identifier les casseurs potentiels, les neutraliser si possible avec l’aide des unités en tenue qui font une bulle de sécurité autour de nous. Nous avons peu d’effectifs, deux sections (+/- vingt personnels en tenue et une dizaine de civils). C’est peu lorsque l’on a comme moi connu l’opulence des services parisiens !</p>
<p>Notre dispo sera classique, nous suivrons le groupe le plus agressif de voltigeurs qui se signale quotidiennement par sa bêtise et sa violence, ils sont derrière le la formation musicale KASSYALATA. Je me positionne avec mes six civils et un officier sur le bord de l itinéraire. Les groupes me passent devant, féérie des sons et des images, des mois de préparation pour une ambiance débridée et sympathique. Il y a de nombreuses familles présentes, ce n’est pas simple pour nous. Une intervention mal coordonnée pourrait avoir de graves répercussions.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1397  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/carnaval2.jpg" alt="" width="317" height="216" /></p>
<p>« Kassyalata » arrive, leur nom est parfois scandé par la foule, nous savons tous que les « Bad boys » ont toujours fait vibrer le cœur des belles. Ils sont encore plus nombreux que la veille nos voltigeurs. Impossible de donner des descriptions, ils se ressemblent tous, même maquillage, même accoutrement. Au sein de ce groupe se trouvent quinze agents de sécurité, des GOLGOTHS 12 !!!!!</p>
<p>1m90 en moyenne, 120kg de muscles. Ils sont là pour neutraliser dans l’œuf les velléités des plus violents. Cela se passe souvent de la même façon, les cris, puis les gifles, et des mouvements de foules brefs et désordonnés. Les agents agissent vite, les échanges sont brefs et virils. Si nous intervenions de prime abord au milieu de la foule, nous risquerions que tous les groupes se tournent contre nous. Subtile équilibre du maintien de l’ordre, ne pas générer plus de troubles que ce que nous cherchons à régler. La police municipale, présente en nombre aussi, joue un rôle important. L’ensemble des forces de sécurité dispose d’un poste de commandement opérationnel qui gère les liaisons radios et facilite la transmission d’informations dans une bonne synergie.</p>
<p>Au fil des heures, l’alcool et les rythmes endiablés s’enchaînant, il devient de plus en plus difficile de travailler. Nous déplorons des blessés par arme blanche. Une jeune fille est neutralisée alors qu’elle vient de « planter » un individu. La lame est encore maculée de sang.  Là, un second est blessé à la joue, on voit sa dentition apparente ! Mais rien n’arrête la marée humaine qui s’ébranle dans les rues. Certaines artères ne sont plus éclairées, c’est l’occasion de rapines, de violences gratuites. Un autre est signalé armé au milieu de la foule, la densité du groupe est telle que nous ne pouvons intervenir, c’est frustrant !</p>
<p>Les effectifs sont soumis à rude épreuve, les bâtons télescopiques sortent souvent pour nous protéger ou séparer des belligérants armés. Mon rôle est aussi de protéger mes gars contre eux-mêmes parfois. Quand on est provoqué pendant des heures, la tentation de répondre est compréhensible, mais nous ne devons pas, et là, cela relève de ma responsabilité. Je suis garant et responsable de l’utilisation de mes effectifs.</p>
<p>Comme pour mon collègue avec qui je reste en constante liaison téléphonique ou radio, il nous faut être sur le terrain. Nous sommes secondés utilement par les officiers qui maîtrisent parfaitement la topographie, les coutumes locales ! Quant aux gradés, gardiens et ADS, cela renforce notre autorité d’être à leurs côtés au contact des groupes à risque. Les feuilles de chêne sur mes épaules ne suffisent pas à me faire respecter sur le long terme.  Je ne suis pas un super officier, ou un super gardien de la paix, nous avons tous nos prérogatives, nos obligations, mais il est bon que parfois « je mouille la chemise » comme eux sur le terrain et parfois c’est long !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1396  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/carnaval4.jpg" alt="" width="243" height="288" /></p>
<p>Entre 8 et 10 km chaque jour. Les dernières heures, tous les soirs, sont très tendues. Les groupes s’arrêtent de jouer au second tour de parade, et les voltigeurs regagnent ensuite leur quartier, nous ne les perdons jamais de vue. La pluie nous a beaucoup aidé cette année, elle disperse parfois des cohortes de jeunes avinés plus sûrement qu’un escadron de gendarmes mobiles qui, je dois le souligner, nous ont mis à disposition en réserve un de leur peloton, les quatre derniers jours du carnaval !!!</p>
<p>23h, la journée, commencée à 06h, va se terminer, enfin c’est ce que je croyais !!! Les premières barrières Vauban sont défaites, mon GSM se met à vibrer, j’espère que c’est l’ordre du DDSP de « plier » mais la teneur de l’appel est toute autre. « Mr le commissaire ? C’est le responsable des services techniques de Cayenne, je récupère les barrières pour le voyage officiel du Président de demain, pourrions-nous voir ensemble leur lieu d’implantation ? » et c’est reparti… pour un voyage officiel que je vous raconterai dès que possible dans un prochain post.</p>
<p>Pas encore couché c’est sûr ! Mais c’est aussi cela être un commissaire de police en sécurité publique.</p>
<p>D’ici notre prochaine rencontre, ne lâchez rien !!</p>
<p>Joël</p>
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		<title>La Police est en deuil</title>
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		<pubDate>Thu, 31 Dec 2009 11:19:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1306" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2010-01-04-à-11.03.12.png" alt="" width="306" height="213" />À la mémoire du brigadier Major Patrice P… tombé en service décédé le 30 12 2009. Ce matin 30 décembre j’arrive à la DDSP, je fais le tour des bureaux afin de prendre le pouls du service, mon humeur est joyeuse, cela ne va pas durer… Je me connecte sur Internet, je branche machinalement une radio nationale que je ne peux qu’écouter sur Internet (...) Et là stupeur ! « Le major Patrice P, âgé de 51 ans, grièvement blessé dimanche dernier par deux cambrioleurs qui tentaient de s'enfuir à bord d'un 4 x 4 volé dans un pavillon de Montévrain, est décédé la nuit dernière des suites...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1306" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/Capture-d’écran-2010-01-04-à-11.03.12.png" alt="" width="306" height="213" /></p>
<p>A la mémoire du brigadier Major Patrice P… tombé en service décédé dans la nuit du 29 au 30 12 2009.</p>
<p>Ce matin 30 décembre j’arrive à la DDSP, je fais le tour des bureaux afin de prendre le pouls du service, mon humeur est joyeuse, cela ne va pas durer… Je me connecte sur Internet, je branche machinalement une radio nationale que je ne peux qu’écouter sur Internet.  Ici la notion d’information continue sur les ondes est une idée qui n’est pas encore mise en pratique et là stupeur !!!<br />
« Le major Patrice P, âgé de 51 ans, grièvement blessé dimanche dernier par deux cambrioleurs qui tentaient de s&#8217;enfuir à bord d&#8217;un 4 x 4 volé dans un pavillon de Montévrain, est décédé la nuit dernière des suites de ses très graves blessures. »</p>
<p>Je m’arrête net, je ferme les yeux, une nouvelle fois, encore une fois un des nôtres est tombé. Cela ne cessera donc jamais !!!<br />
Des visages me reviennent, des sourires de collègues, d’amis perdus depuis que je suis entré dans la Police ! Les prénoms s’égrènent : Catherine B ma collègue décédée le 19 12 1996 suite à des blessures consécutives à une intervention de POLICE SECOURS trois jours auparavant. La date et les circonstances de ce drame sont encore gravées dans ma mémoire. Jacques M mort dans un accident en service dans les Pyrénées peu de temps après, Damien du SOP 93, Gianni M et je pourrais poursuivre cette liste malheureusement !</p>
<p>Notre métier est un sacerdoce, il impose à nos familles de nombreux sacrifices dont l’absence n’est pas le moindre ! Chaque fois que de grands évènements se préparent : Fête de la Musique, réveillon, 14 juillet, nous sommes présents. Il en va de même la nuit « dormez braves gens la POLICE veille » c’est notre crédo, c’est notre mission PROTEGER ET SERVIR, mais une nouvelle fois l’absence sera définitive !</p>
<p><img class="size-full wp-image-1288 alignright" style="margin-top: 1px; margin-bottom: 1px; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="deuil2" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/deuil21.jpg" alt="deuil2" width="300" height="452" />Alors quand j’entends que l’un des nôtres est tombé, encore une fois j’ai mal ! Je ne connaissais pas le Major de police Patrice P, mais cela ne change rien ! Je partage la peine de ses proches, la peine de ses collègues, cette peine que seuls souvent ceux de notre maison peuvent comprendre. Comprendre que lorsque le matin nous quittons nos proches ce n’est jamais pour les familles des policiers de terrain sans un certain pincement au cœur plus ou moins fort selon les humeurs, la météo, les missions à venir ! « Dis maman, papa rentrera quand ? ! »</p>
<p>L’arme que nous portons à la ceinture, le gilet pare balles qui nous protège même par 40° à l’ombre comme ici, sont là pour nous rappeler que notre mission n’est pas commune. Nous sommes les gardiens de la Paix et le prix à payer peut aller jusqu’à l’ultime sacrifice, mais soyons réalistes nous ne rentrons pas dans la police pour mourir, mais pour vivre debout au service des citoyens. C’est aussi pour cela que nous améliorons nos formations, notre matériel mais cela n’empêchera jamais la survenance de drames comme ce qui vient de se passer à Montévrain malheureusement, mais à chaque fois cela fait si mal…</p>
<p>De tels drames doivent nous rappeler tout ce que les anciens ont fait pour nous, pour vous, le devoir de mémoire s’impose à nous. La semaine dernière ici en Guyane nous avons organisé une cérémonie pour les Policiers morts en ou hors service en Guyane : Serge B, Jean-Richard R , Thierry V.E , Eugène M. C’était poignant. Alors que Monsieur le Préfet de la Région Guyane inaugurait la salle « Serge B »  J’ai écouté avec un mélange d’émotion et de tristesse les familles de nos collègues disparus, nous parler de ceux qui ne sont plus….du vide que laisse encore aujourd’hui leur absence. Comme Patrice P, ils sont Tombés pour que nous restions libres, en donnant ce qu’ils avaient de plus précieux, leurs vies en défendant les valeurs affirmées sur tous les édifices publics : Liberté, Egalité, Fraternité .</p>
<p>La famille policière est encore sous le choc, bientôt je remettrai de nouveau ma tenue d’honneur, la cour sera nettoyée et dans tous les services de police unis nous rendrons simultanément hommage au Bier major Patrice P, de l’humidité coulera sur nos joues et elle n’aura rien à voir avec l’hydrométrie ambiante ou les pluies tropicales de janvier.</p>
<p>Je ne doute pas que nos collègues saisis de cette affaire travaillent avec détermination pour la résoudre.  Ils mettront, comme c’est le cas quotidiennement, tout en œuvre pour interpeller le ou les présumés auteurs de ces faits, pour ensuite les présenter  à la Justice, car telle est notre mission. Que cela prenne une semaine ou dix ans, il ne faut rien lâcher !<br />
Ce n’est pas un esprit de vengeance qui m’anime ce matin – c’est un sentiment contre lequel il faut lutter, qui n’a pas sa place chez nous &#8211; mais une colère à peine contenue et la  volonté que Justice soit rendue.</p>
<p>Ce soir je suis de permanence comme si souvent depuis 15 ans, je serai avec mes effectifs, ma seconde famille. Il n’y aura pas de champagne lorsque à 00h00 retentiront les 12 coups de minuit, juste une vraie émotion.</p>
<p>Patrice P nous ne vous oublierons pas !!!</p>
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		<title>Compte-rendu d’une matinée à la DDSP de Guyane</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Dec 2009 13:41:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1259" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/missionjunglejoel.jpg" alt="" width="306" height="230" />Il est un peu plus de 6h, l’horoscope en créole à la radio se termine, je commence à comprendre peu à peu cette langue très chantante. Après 2 heures de route sinueuse – fermeture du pont du Larivot oblige…- j’arrive au service. Deux coups de klaxon brefs comme de coutume pour que l’opérateur de la salle radio deux étages au dessus déclenche l’ouverture de la double porte qui défend le parking de l’hôtel de police très vétuste de Cayenne. Je croise les « hiboux » - les nuiteux - qui terminent leur nuit de travail, je réponds avec un sourire matinal aux « Bonjour Patron !». Le service commence a s’éveiller, un passage un peu appuyé...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1261" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/pont_joel.jpg" alt="" width="306" height="230" />Il est un peu plus de 6h, l’horoscope en créole à la radio se termine, je commence à comprendre peu à peu cette langue très chantante. Après 2 heures de route sinueuse – fermeture du pont du Larivot oblige…- j’arrive au service. Deux coups de klaxon brefs comme de coutume pour que l’opérateur de la salle radio deux étages au dessus déclenche l’ouverture de la double porte qui défend le parking de l’hôtel de police très vétuste de Cayenne.</p>
<p>Je croise les « hiboux » &#8211; les nuiteux &#8211; qui terminent leur nuit de travail, je réponds avec un sourire matinal aux « Bonjour Patron !». Le service commence a s’éveiller, un passage un peu appuyé à la salle radio pour prendre connaissance des faits importants quand ce n’est pas ma semaine de permanence de nuit -1 sur 2 en fait comme pour les week-ends -. Je me dirige ensuite vers le bureau de mon collègue. Nous échangeons nos impressions, faisons le point sur la journée à venir et il nous arrive de partager un café ou pour moi une verveine – je casse un mythe mais nous ne sommes pas tous fans de Madame CAFEINE -.</p>
<p>Je rejoins mon bureau, la chaleur est déjà étouffante, je saisis machinalement la commande de la clim « 26° ça ira… ». Une fois glissé derrière mon ordi, je consulte mes mails… un tri rapide entre l’urgent, l’important et le reste. Je lève les yeux sur la photo des miens, c’est un bon carburant pour une longue journée comme je les aime.</p>
<p>Soudain tout s’accélère, cela commence par un appel improbable, à peine arrivé je dois me rendre à une commission en Préfecture sous l&#8217;égide du Secrétaire Général qui examine la situation de fonctionnaires en difficultés financières qu’ils dépendent de la PN ou de la préfecture de Guyane.</p>
<p>La réunion s&#8217;ouvre, l&#8217;assistante sociale nous présente un dossier difficile, un agent endetté dans des proportions importantes, cela arrive souvent ici. La discussion ne s’éternise pas il ressort du dossier préparé par l’assistante sociale que ce fonctionnaire a besoin d&#8217;un coup de pouce urgent. Son train de vie, ses dépenses incompressibles, tout est passé au peigne fin. Le vote est rapide, l&#8217;aide du fond d&#8217;urgence accordée à la hauteur demandée. C&#8217;est cela aussi être commissaire de police, donner son avis pour gérer des situations complexes vécues par nos agents, qui ont une vie en dehors du travail. Ce ne sont pas que des matricules, mais aussi des citoyens qui rencontrent quotidiennement les difficultés de la &laquo;&nbsp;vraie vie&nbsp;&raquo;. Il nous reste encore quelques dossiers, nous poursuivons.</p>
<p>9h, j&#8217;enchaîne avec la réunion de service menée quotidiennement par le Directeur départemental qui est un commissaire d&#8217;expérience. Tous les chefs d&#8217;unités sont là : la BSU &#8211; rôle judiciaire -, le SVP -généralement la police en tenue -, le SDIG &#8211; ex renseignements généraux -, l’UOPSR &#8211; qui se charge du maintien de l’ordre et du routier -, le SGO &#8211; qui gère l’aspect logistique -. Nous faisons le tour de l&#8217;activité des 24 dernières heures, des objectifs de la journée. Cela permet de communiquer à tous une information vérifiée. Je reviendrai prochainement sur cette réunion quotidienne et immuable au sein du service. Cela dure +/- 40 mn, durée conforme au bon pilotage d&#8217;un service. Le chef d&#8217;orchestre, que se soit mon Directeur, ou votre serviteur quand il n&#8217;est pas là,  a besoin d&#8217;avoir une physionomie la plus précise possible de son service à un instant &laquo;&nbsp;T&nbsp;&raquo;. La communication est un élément qui permet d&#8217;obtenir beaucoup de soutien de ses collaborateurs, en procédant sans démagogie à des échanges d&#8217;informations.</p>
<p>Il est alors possible pour le commissaire de prendre des décisions éclairées ce qui ne signifie pas pour autant qu&#8217;il n&#8217;y a jamais de ratés mais nous tâchons de les éviter, en anticipant, en devenant pro-actif plutôt que réactif.</p>
<p>9h40, je ressors enthousiaste, je vais maintenant me rendre à un exercice de maintien de l&#8217;ordre organisé pour une section de la Compagnie Départementale d&#8217;Intervention. Des fonctionnaires en tenue dont le travail est axé autours de 3 missions : la lutte contre l&#8217;insécurité routière, le maintien de l&#8217;ordre durant les services d&#8217;ordres et/ou les manifestations, et la lutte contre la délinquance que nous rencontrons sur la voie publique. Aujourd&#8217;hui, nous travaillons sur le volet maintien de l&#8217;ordre, la situation est parfois tendue comme en novembre et décembre avec des barrages effectués sur des axes de communication secondaire, nos effectifs doivent pouvoir intervenir tant en milieu urbain qu&#8217;en limite de forêt comme ce sera le cas ce matin.</p>
<p>Je suis avec le Directeur départemental, nous apportons une attention particulière à ce premier entraînement d&#8217;après la rentrée.</p>
<p>Il n&#8217;est même pas 10H le thermomètre de notre voiture affiche déjà 37°, nous empruntons un chemin de latérite, terre rougeâtre très fine qui forme des nuages compacts. La piste devient difficilement praticable nous arrivons finalement sur un champ de tir de ball-trap prêté par une association locale avec laquelle un membre de la CDI entretient de bons rapports, c&#8217;est aussi cela la proximité. Le lieu est excentré, isolé, parfait pour travailler à l’abri de regards inquisiteurs.</p>
<p>Nous arrêtons la clim &#8211; belle invention -, je descends de voiture une chape de chaleur me saisit, les collègues sont déjà équipés.</p>
<p>Casque lourd, tenue de maintien de l&#8217;ordre manches baissées, gants en cuir, jambières de protection, TONFA chaussé, ils sont alignés derrière leurs véhicules. Ce sont des éléments particulièrement entraînés pour supporter de telles conditions climatiques, je suis admiratif !</p>
<p>L&#8217;exercice mené sous la direction de deux brigadiers chefs du service est séquencé.</p>
<p>Les fondamentaux sont repris : l’échauffement est bref, on le comprend facilement, l’entraînement  commence pour diminuer le temps d&#8217;équipement. Passer sous la barre des 2 minutes est une nécessité, il faut recommencer encore et encore, personne ne bronche, tous savent que la sécurité individuelle dépend de la discipline collective !</p>
<p>On passe ensuite aux débarquements des véhicules, le propos est clair : pour impressionner il faut être martial !! Pas de place pour l&#8217;improvisation, chacun sait où il doit se positionner.</p>
<p>Viennent les manœuvres de progression en milieu hostile, c&#8217;est surréaliste pour moi dont les violences urbaines ont été le cœur de métier durant plusieurs années au sein de la BAC tenue à Paris et de la compagnie de sécurisation. Je pense être un observateur averti.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-1268" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/missionjunglejoel1.jpg" alt="" width="306" height="230" />Ici dans « l&#8217;enfer vert » l&#8217;environnement n&#8217;est plus constitué de tours, de barres comme sur le 93, mais de chemins escarpés entre deux rangées d&#8217;une végétation dense et luxuriante. L&#8217;opposant peut être partout, la menace également.</p>
<p>La progression pédestre des effectifs derrière les boucliers est ralentie par la poussière et la chaleur, on entend les gars souffler, souffrir même, les visières des casques sont baissées cachant des visages tirés par l&#8217;effort derrière un rideau de buée. Les ordres à la radio claquent !</p>
<p>- « Alpha vous êtes engagés par 25 manifestants sur le flanc est de votre position »&#8230;</p>
<p>- « Bravo votre second bouclier est considéré comme victime d&#8217;un malaise, à vous de gérer, bougez-vous !!! ».</p>
<p>Cela dure 40 minutes interminables pour certains. A l&#8217;engoncement, à la chaleur s&#8217;ajoutent pour eux la crainte de se voir juger par leurs commissaires&#8230; Mon but est tout autre, je veux connaître mes collaborateurs pour pouvoir adapter leur formation, tenter modestement de les perfectionner dans ce domaine qui est le mien la formation aux techniques de maintien de l&#8217;ordre et de gestion des violences de type urbain. Les effectifs courent, progressent, sont assaillis par des plastrons qui ne cessent de les harceler c&#8217;est une belle performance d&#8217;ensemble à laquelle j&#8217;assiste en première loge !</p>
<p>13h « FINEX » entend-t-on à la radio&#8230;<br />
Tout se termine bientôt, les hommes reposent leurs heaumes, les bouteilles d&#8217;eau sortent des glacières, les commentaires fusent &laquo;&nbsp;pourquoi tu n&#8217;as pas flangardé la zone&#8230; le barrage devait être ferme&#8230; il fallait progresser en tiroir !!!&nbsp;&raquo; langage de batailles incompréhensible pour des néophytes&#8230;</p>
<p>Le débriefing commence mené par les deux gradés, l&#8217;échange est interactif, vif aussi. Le ressenti des derniers arrivants est intéressant : « A Paris nous ne travaillons pas de la même façon » lance le premier, le second répond « on fait au mieux, le plus important c&#8217;est la solidarité, la discipline, la confiance en l&#8217;autre».</p>
<p>Cet échange durera 20 minutes il sera conclu par le Directeur départemental. Les principes sont clairs ! « Nous devons être irréprochables ! Cela nécessite ce temps passé à s&#8217;entraîner même dans des conditions extrêmes ! »</p>
<p>Je complète le propos en parlant de matériels, des dernières dotations en lunettes de protection balistiques, en lanceur de balles de défense, le célèbre LBD 40/ 46 testé in situ durant les deux dernières années dans mon ancienne unité, les nouveaux gilets pare coups ! Même ici, à 8 000 km de la métropole, nous parvenons à doter les personnels d&#8217;un matériel performant même s&#8217;il n&#8217;est pas toujours prévu pour être utilisé par 40° à l&#8217;ombre avec une hydrométrie supérieure à 80 % en saison sèche comme aujourd&#8217;hui !</p>
<p>Il est temps de clôturer cette matinée&#8230; enfin il est 13h50 ! Une collation sucrée bien glacée, les gars sont déjà en train de ranger leurs équipements, de nettoyer ce qui doit l&#8217;être et il faut déjà repartir. J&#8217;ai vu des techniques bien différentes de celles enseignées dans mes précédentes affectations, il faut une vraie adaptabilité quand on travaille en Guyane même pour un commissaire. Cela me plaît et me renforce dans ma conviction d&#8217;être venu servir en Guyane !!</p>
<p>Cette unité et ses matériels ont été présentés à la population à l&#8217;occasion de la journée de la sécurité intérieure sur le parking d&#8217;un des rares supermarchés de Guyane. Ce fut un moment d&#8217;échange entre des policiers de terrain comme ceux de la Compagnie Départementale d&#8217;Intervention et le public. Dans notre métier, tous grades confondus, nous devons savoir nous adapter et ne jamais oublier que nous servons la République et ses exigences sont fortes !</p>
<p>Pour ma part après une matinée commencée par deux réunions, qui s’est poursuivie par une observation de l’entrainement de la CDI, je vais enchaîner avec l&#8217;examen des procédures judiciaires à répartir entre les services, cela me permet d&#8217;être au courant du &laquo;&nbsp;portefeuille&nbsp;&raquo; de mes unités !</p>
<p>Dans l&#8217;attente de la prochaine urgence, du prochain appel radio ou téléphonique qui viendra troubler ma quiétude, cette mission occupera mes deux prochaines heures. La fin de journée est encore loin tout peut se passer, c&#8217;est aussi cela qui motive ma passion pour ma profession depuis 15 ans, l’obligation continuelle de s’adapter, de se remettre en question !</p>
<p>À bientôt de vous lire  et…</p>
<p>Ne lâchez rien !!</p>
<p>Joël</p>
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		<title>Une journée ordinaire dans un contexte extraordinaire – Seconde partie</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 13:29:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1127" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/JOEL_interpel.jpg" alt="" width="303" height="229" />Bilan immédiat 7 interpellés, pas d'incidents. Nous les rassemblons pour que les Officiers de Police Judiciaires via le truchement des traducteurs puissent leur notifier les droits propres à toute personne placée en garde à vue –Avis Avocat, Avis Famille, Droit à un examen médical-. L'odeur est difficilement soutenable, des mares croupies se dégagent des effluves improbables. Le linge encore détrempé pend sur des semblants de lignes électriques détournées (ce type de branchement illégal très dangereux motive des opérations menées avec EDF comme nous en ferons une jeudi prochain). Le chien des douanes renifle partout...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1127 aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/JOEL_interpel.jpg" alt="" width="303" height="229" /></p>
<p>…/… Bilan immédiat 7 interpellés, pas d&#8217;incidents.</p>
<p>Nous les rassemblons pour que les Officiers de Police Judiciaires via le truchement des traducteurs puissent leur notifier les droits propres à toute personne placée en garde à vue –Avis Avocat, Avis Famille, Droit à un examen médical-. L&#8217;odeur est difficilement soutenable, des mares croupies se dégagent des effluves improbables. Le linge encore détrempé pend sur des semblants de lignes électriques détournées (ce type de branchement illégal très dangereux motive des opérations menées avec EDF comme nous en ferons une jeudi prochain).</p>
<p>Le chien des douanes renifle partout en faisant l&#8217;aspirateur (par ces chaleurs il ne peut pas travailler pendant plus de 30 minutes&#8230;), il va découvrir quelques cailloux (doses de crack), un peu d&#8217;herbe de Marijuana mais rien de probant nous avons heureusement un dossier de surveillances en béton.</p>
<p>Nous découvrons du matériel HIFI volé (les cambriolages sont encore trop nombreux ici, nous devons mettre en insécurité permanente les receleurs). Madame T substitut du Procureur qui est  présente sur place, tient dans ses bras un nourrisson, c’est l’enfant de la jeune femme qui se trouvait dans l&#8217;appartement qui m&#8217;avait été assigné en objectif. Tout est fouillé de façon systématique, c’est long, c’est sale, cela me rappelle les lieux les plus sombres du 9.3. C’est une plongée dans un livre de Zola !</p>
<p>40 minutes plus tard nous quittons la place, une quinzaine de squatteurs nous attend lorsque nous regagnons les véhicules, pas d&#8217;animosité dans leur regard, ils savent qu&#8217;ils ont échappé aujourd’hui à  cette opération ! Je m’arrête quelques instants près d’un infirme en fauteuil, c’est un maillon essentiel de ce trafic, il a une résidence de haut standing dans un pays limitrophe, il sait que je sais… cela nous autorise des échanges francs, je lui indique que nous reviendrons pour lui prochainement !  &#8211; ce qui s’est confirmé trois semaines après avec la destruction de son squatt dans le cadre d’un arrêté municipal -</p>
<p>Nous jetons les gilets pares balles dans les  véhicules, ils sont à tordre ! Nous les portons le plus souvent possible, mais parfois lorsque nous rentrons au service il nous arrive de les ôter quelques minutes tellement il fait chaud dès le début de matinée. Les housses s’usent si vite que certains sont rafistolés artisanalement avec des velcros ! A quand un gilet pare balle à port apparent ?! &#8211; Olivier cette question s’adresse bien à toi <img src='http://www.blog-police-recrutement.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' />  &#8211; Le thermomètre affiche 37 et le véhicule est à l’ombre !</p>
<p>Je vide une bouteille d&#8217;eau, l&#8217;acclimatation est un peu difficile, je suis admiratif devant certains de mes effectifs qui arrivent à supporter ces chaleurs sans sourciller. J’ouvre ma portière, l’homme au fauteuil se rapproche de notre véhicule, il me regarde et d’une voix à peine perceptible me lance à la volée<br />
«  Chef tu as la montre, moi j’ai le temps… !». Il n’est pas menaçant juste philosophe.</p>
<p>12H30 dans un premier temps je raccompagne madame le substitut au TGI qui est face à notre commissariat, la radio crache un vieil air de musique Cubaine qui me laisse indifférent. Puis arrivé au service, je demande au Commandant de la Brigade de Sureté Urbaine de rédiger le TG &#8211; télégramme d&#8217;information pour aviser la DCSP du résultat de l&#8217;opération &#8211; cela paraît pesant mais l&#8217;information et sa remontée sont des éléments essentiels pour mener une action concertée et cohérente. Ce qui n’est pas rédigé n’existe pas pour notre Direction d’Emploi, c’est aussi le rôle du Commissaire de Police que de veiller au respect de cette chaine d’avis successifs.</p>
<p>12H45 l&#8217;opération squat est terminée, peu de matière saisie mais nous avançons pas à pas vers la réhabilitation de ce quartier. C’est à l’insécurité de reculer pas à la police ni à la population majoritairement respectueuse des lois de la République !</p>
<p>J’arrive dans le bureau du Directeur Départemental, je lui rends compte &#8211; je l’informe &#8211; entre deux bouchées de sandwich, du résultat de la matinée. Petit passage par notre secrétariat pour vérifier les appels urgents, je retourne ensuite dans mon bureau distant de quelques mètres,  je pose mon arme dans le coffre en attendant la prochaine sortie. Je vois que depuis ce matin mes parapheurs se sont multipliés, un sourire, un soupir, le téléphone sonne, c’est reparti.</p>
<p>J’attrape mon stylo d’une main, mon tampon patronymique de l’autre avec une seule ambition traiter cette pile avant 14h puis passer à autre chose de plus motivant. Mon dieu plus d’encre!<br />
Un problème en chasse un autre <img src='http://www.blog-police-recrutement.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> , dire qu’il y a dix minutes j’étais sur la voie publique avec des préoccupations d’une autre importance. Je change machinalement la cartouche, -rechargement tactique comme au stand – mais non cette fois plus question de 9MM à introduire dans un chargeur de 15, c’est juste de l’encre pour mon plume ! Voilà la vraie richesse de mes journées de policier, comme le dirait très justement  Aurélien F « Un commissaire de police se doit d’être polyvalent … »!!!</p>
<p>Ici Cayenne à vous la métropole !<br />
A bientôt<br />
Joël</p>
<p>*PS : Les protagonistes interpellés lors de cette descente en Juillet sont passés en jugement il y a peu. Bilan pour eux, de lourdes peines prononcées allant de 1 à  4 ans  de prison ferme.</p>
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		<title>Une journée ordinaire dans un contexte extraordinaire &#8211; Première partie</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 10:43:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1047" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/joel-op1.jpg" alt="" width="301" height="227" />Opération stup dans un squat d'Anglais (habitants venant du Guyana Britannique). Ce matin, c'est ma première opération à « la Crique », un quartier mal famé en plein Cayenne. L’objectif comme on dit dans notre Jargon est de "péter" un squat de Guyanais Anglais dans lequel se déroule quotidiennement un trafic de crack. Ce matin, je suis là en observateur, c'est-à-dire que je ne prends pas en main directement le dispo, c’est un officier qui va coacher la manœuvre. L’intérêt est double pour moi : d’un coté, voir la façon de travailler de mes gars – il y a aussi 3 filles – de l’autre, montrer à mon staff d’officiers que j’ai toute confiance en eux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1047  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/joel-op1.jpg" alt="" width="301" height="227" /></p>
<p>Opération stup dans un squat d&#8217;Anglais (habitants venant du Guyana Britannique).</p>
<p>Ce matin, c&#8217;est ma première opération à « la Crique », un quartier mal famé en plein Cayenne. L’objectif comme on dit dans notre Jargon est de &laquo;&nbsp;péter&nbsp;&raquo; un squat de Guyanais Anglais dans lequel se déroule quotidiennement un trafic de crack. Ce matin, je suis là en observateur, c&#8217;est-à-dire que je ne prends pas en main directement le dispo, c’est un officier qui va coacher la manœuvre. L’intérêt est double pour moi : d’un coté, voir la façon de travailler de mes gars – il y a aussi 3 filles – de l’autre, montrer à mon staff d’officiers que j’ai toute confiance en eux.</p>
<p>Cela me frustre un peu. Il y encore quelques mois, je dirigeais ce type d’opération en Seine-Saint-Denis ou à Paris, de A à Z après avoir pris les consignes générales auprès de mon Chef de Service. Aujourd’hui, la roue tourne, je cède ma place. Je ne suis plus là que pour l’opérationnel, j’ai d’autres missions, mais j’avoue que c’est dans ce domaine que je me fais le plus plaisir. C’est surtout pour cela que je suis entré dans la Police !!</p>
<p>La tâche n&#8217;est guère aisée, il s&#8217;agit d&#8217;une espèce de bidonville comme on en voit dans les films sur le Brésil. Il faut investir simultanément une demi-douzaine de baraques sur plusieurs niveaux fabriquées en tôles, et autres matériaux de récupération. C&#8217;est dans ce type d&#8217;opération qu&#8217;un collègue avait été abattu il y a quelques années. Les tôles dissimulent des regards mais n’empêchent en rien un projectile de passer !</p>
<p>Le briefing est précis, il est mené par le groupe stup de la BSU locale, composé majoritairement de policiers locaux qui parlent les différents dialectes et langues rencontrées ici.</p>
<p>Il est 11h00, il fait lourd et chaud 33°C. L&#8217;air est saturé, l&#8217;humidité vous coule dans le bas du dos malgré les ventilateurs qui tournent en permanence avec un bruit de gros insecte. C’est loin d’être aussi glamour que dans certains films US.</p>
<p>La vingtaine de fonctionnaires présents de la Section Départementale d’Intervention, de la Brigade des Stups locale et du Groupe des Atteintes aux Personnes est à l&#8217;écoute des consignes données par le Commandant des stups.</p>
<p>- « Nous avons 5 objectifs prioritaires, nous sommes en flag dans le cadre d&#8217;un trafic de crack… Soyez prudents, n&#8217;oubliez pas les pares balles ».<br />
- « Première phase, on fige !!! Pas d&#8217;hésitation on scotche (menotte) tout le monde, hommes, femmes et les ados si nécessaire. On fera la lumière après. »</p>
<p>Je demande à voix basse à mon voisin si c’est l’expérience locale qui impose cela. Il me répond sans faillir :</p>
<p>- « Patron, ici un gosse de 13 ans avec un révolver Taurus caché dans son short est un tueur en puissance ! ».</p>
<p>Je vois que même avec mes 15 ans de police dans des zones plutôt difficiles, je vais encore en apprendre tous les jours !</p>
<p>Le briefing se déroule :</p>
<p>- « Eric tu prendras l&#8217;appart du fond de la cours, prends le bélier. Mef, le type en haut est supposé être la nourrice &#8211; gardien des stups &#8211; alors tu feras fissa. Ils ne  pourront pas tirer la chasse, la conduite d’eau est coupée depuis 15 jours mais il y a une baignoire pleine de flotte, si ils ont un coup de chaud ils balanceront tout à la flotte et c’est mort ! ».<br />
- « Pour les gardés à vue, nous aurons deux traducteurs un Brésilien et un Surinamien, le Proc est présent avec nous (la substitut est dans mon véhicule) ».<br />
- « Pas de questions ? Alors on y va ! »</p>
<p>Un coup de fil de l’Officier présent avec moi, tout est O.K. Je donne les instructions sur les ondes :</p>
<p>- « TN 9.7.3 de DRACO c&#8217;est parti ».</p>
<p>Mon brassard POLICE est enfilé sur mon bras, il ne doit pas y avoir de confusion pour la population, nous devons être clairement identifiés.</p>
<p>A peine arrivé devant le squat’, ça « grouille » de partout : nos effectifs, les riverains, cela paraît irréel. Nous parcourons les ruelles en courant il ne faut pas traîner, le danger est tout azimut. Comme dirait Mario P., un de mes premiers formateurs APP quand je suis arrivé il y a 16 ans en Seine-Saint-Denis : « Lorsque tu progresses et que tes arrières sont couverts, regardes devant toi, à droite, à gauche mais surtout en haut !!! ». Moins de 20 secondes plus tard, nous investissons la place.</p>
<p>Nous sommes peu nombreux au regard de l&#8217;espace à couvrir, je m&#8217;occupe pour ma part d&#8217;un appartement composé d&#8217;une chambre unique et d’une petite pièce pleine d’encombrants. Ici pas de fenêtre, un rideau masque l&#8217;ouverture. Je crie « POLICE ! », la main chaussée sur la crosse de mon arme, l&#8217;étui déverrouillé comme il se doit ici. A peine entré, ma lampe éclaire une paillasse sur laquelle se trouve un homme à demi-nu, à ses cotés deux enfants en très bas âge et une jeune femme. Certains à la lecture de ce billet penseront que j’en rajoute, que je fais le fier, il n’en est rien je bosse simplement comme tous mes collaborateurs ce matin là, ni plus ni moins !</p>
<p>L&#8217;homme lève les mains et sort sans incident, la femme récupère ses enfants de 12 et 2 mois – il n’y a pas d’erreur sur l’âge… &#8211;  et se met à me hurler dessus dans une langue dont je ne comprends que les intonations. Visiblement, elle ne m’apprécie pas, je tâche par des gestes lents et apaisants de la rassurer, mais ce n’est pas simple… Au dehors, la situation se calme progressivement, on entend des « CLAIR ! » &#8211; façon de signifier aux autres intervenants que l’espace reconnu est sécurisé !</p>
<p>(Fin de la 1ère partie &#8211; à suivre)</p>
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		<title>Présentation</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Oct 2009 09:04:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Joël</dc:creator>
				<category><![CDATA[Joël]]></category>

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		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1021" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/joel.jpg" alt="" width="255" height="235" />Bonjour à tous,

Pour me présenter en quelques mots : Joël-Patrick, originaire de Seine-Saint-Denis, j'ai 40 ans, je suis entré dans la Police Nationale en 1993 en qualité d'inspecteur de police dans un groupe de recherches et d'investigations (G-R-I) en Seine-Saint-Denis où je suis resté 6 ans.

J'ai rejoins la Préfecture de Police de Paris où j'étais lieutenant à la B-A-C du 1er secteur (8ème, 16ème, 17ème arrondissement), puis capitaine durant 4 ans, responsable des policiers de quartier du Forum des Halles. J'ai enfin participé à la création de la Compagnie de Sécurisation de Paris (CS75) où je suis resté 4 ans à la tête des unités en tenue.

En 2004, j'ai candidaté au recrutement de commissaire via la novatrice Voie d'Accès Professionnelle, ce qui m'a permis, à ma seconde tentative, d'intégrer en qualité de commissaire stagiaire la 59ème promotion de l'Ecole Nationale Supérieure de la Police Nationale (E-N-S-P).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1021" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/joel.jpg" alt="" width="255" height="235" />Bonjour à tous,</p>
<p>Pour me présenter en quelques mots : Joël-Patrick, originaire de Seine-Saint-Denis, j&#8217;ai 40 ans, je suis entré dans la Police Nationale en 1993 en qualité d&#8217;inspecteur de police dans un groupe de recherches et d&#8217;investigations (G-R-I) en Seine-Saint-Denis où je suis resté 6 ans.</p>
<p>J&#8217;ai rejoins la Préfecture de Police de Paris où j&#8217;étais lieutenant à la B-A-C du 1er secteur (8ème, 16ème, 17ème arrondissement), puis capitaine durant 4 ans, responsable des policiers de quartier du Forum des Halles. J&#8217;ai enfin participé à la création de la Compagnie de Sécurisation de Paris (CS75) où je suis resté 4 ans à la tête des unités en tenue.</p>
<p>En 2004, j&#8217;ai candidaté au recrutement de commissaire via la novatrice Voie d&#8217;Accès Professionnelle, ce qui m&#8217;a permis, à ma seconde tentative, d&#8217;intégrer en qualité de commissaire stagiaire la 59ème promotion de l&#8217;Ecole Nationale Supérieure de la Police Nationale (E-N-S-P).</p>
<p>Après deux années de scolarité, lors du choix des postes en mars dernier, j&#8217;ai postulé pour la fonction de Commissaire central adjoint de Cayenne et directeur départemental de la sécurité publique adjoint de Guyane au sein de la Direction Centrale de la Sécurité Publique afin de pouvoir faire mes armes dans ce nouveau métier au sein d&#8217;un département atypique, porte de l&#8217;Europe sur le continent d&#8217;Amérique du Sud. A la fois département et région, il est aussi grand que le Portugal, composé à 95 % d&#8217;une forêt tropicale ce qui lui vaut son surnom d&#8217; Enfer Vert. Terminologie galvaudée si on s&#8217;y rend l&#8217;esprit ouvert.</p>
<p>J&#8217;y exerce en qualité d&#8217;adjoint sous le contrôle du Directeur Départemental des fonctions plurielles tant au niveau des tâches &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; de police : contrôle de procédure, organisation d&#8217;opérations sur le terrain, contacts avec les partenaires et les élus, communication interne et externe, jusqu&#8217;à des actions de formation sur le terrain et d&#8217;interventions quand cela se révèle nécessaire pour coordonner notre service riche de près de 400 personnes.</p>
<p>Mon expérience d&#8217;officier est un plus au quotidien, mais mes nouvelles fonctions m&#8217;obligent à une perpétuelle remise en question de mes acquis pour apprendre le métier de commissaire qui est une nouveauté pour moi.</p>
<p>J&#8217;aurai plaisir à vous faire partager, mes joies, mes doutes, dans le cadre de mes missions au service de la population en Guyane, département magique plein de contradiction.</p>
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