<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Blog recrutement Police nationale &#187; Loïc</title>
	<atom:link href="http://www.blog-police-recrutement.com/category/loic/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.blog-police-recrutement.com</link>
	<description>Découvrez le blog police nationale recrutement</description>
	<lastBuildDate>Tue, 07 Feb 2012 15:10:50 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.1</generator>
		<item>
		<title>C’est mon sang</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/07/13/c%e2%80%99est-mon-sang/</link>
		<comments>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/07/13/c%e2%80%99est-mon-sang/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 12:39:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Loïc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blog-police-recrutement.com/?p=2124</guid>
		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-2125" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/loic_cest_mon_sang.jpg" alt="" width="230" height="321" />Une journée de juin 2010. 13h10. 

L’appel des effectifs de l’après-midi est terminé, chacun prend son poste.

Je profite de ce moment de mise en place pour prendre le café avec les officiers de quart et évoquer les missions de la vacation.

A peine installés, le téléphone sonne : un des collègues de la ligne frontière « départs » vient de découvrir une fiche de recherche.

Il explique que la personne recherchée est un bébé de trois mois, et que la conduite à tenir apparaissant sur la fiche est « interpeller ».

Il doit y avoir une erreur. Forcément.

D’après les premiers éléments, la fiche a été activée par les Pays-Bas. Dès lors, pour avoir plus d’info, nous devons passer par le biais de S.I.R.E.N.E. France. SIRENE est l’acronyme de « Supplément d'Information Requis à l'Entrée Nationale »...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-2125" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/loic_cest_mon_sang.jpg" alt="" width="230" height="321" />Une journée de juin 2010. 13h10. L’appel des effectifs de l’après-midi est terminé, chacun prend son poste. Je profite de ce moment de mise en place pour prendre le café avec les officiers de quart et évoquer les missions de la vacation.</p>
<p>A peine installés, le téléphone sonne : un des collègues de la ligne frontière « départs » vient de découvrir une fiche de recherche. Il explique que la personne recherchée est un bébé de trois mois, et que la conduite à tenir apparaissant sur la fiche est « interpeller ». Il doit y avoir une erreur. Forcément.</p>
<p>D’après les premiers éléments, la fiche a été activée par les Pays-bas. Dès lors, pour avoir plus d’info, nous devons passer par le biais de S.I.R.E.N.E. France. SIRENE est l’acronyme de « Supplément d&#8217;Information Requis à l&#8217;Entrée Nationale » : il s’agit d’un service qui, installé dans chaque État Schengen, permet l&#8217;échange d&#8217;informations additionnelles ou supplémentaires sur les signalements entre les États. Ces bureaux communiquent des informations supplémentaires sur les signalements et veillent à ce que les mesures appropriées soient prises en cas d&#8217;arrestation d&#8217;une personne recherchée, lorsqu&#8217;une personne qui s&#8217;est vue refuser l&#8217;entrée dans l&#8217;espace Schengen essaie d&#8217;y entrer à nouveau, lorsqu&#8217;une personne disparue est retrouvée, quand un véhicule ou un document d&#8217;identité est saisi, etc.</p>
<p>A notre grande surprise, SIRENE confirme l’info : le bébé est recherché et la fiche a été activée la veille. N’ayant pas davantage d’informations, SIRENE doit contacter les autorités hollandaises pour pouvoir nous communiquer le motif de la recherche et la conduite à tenir.</p>
<p>Les parents sont là, assis au poste de police du terminal, s’occupant tranquillement de leur enfant. Pour le moment, on temporise, on pose les questions de base sans trop axer sur le bébé : situation de famille, éventuel divorce de l’un ou de l’autre, enfants d’un précédent mariage… Un examen de situation qui est censé nous permettre de sentir d’où peut venir le problème à l’origine de la fiche. Et là… Rien. Enfin, rien de particulier. La maman est hollandaise, le papa syrien et le petit a la double nationalité. Le mari a deux autres enfants, qui sont dans la famille en Syrie, il s’est marié avec la mère du bébé il y a 4 ans. Ils vivent aux Pays-Bas, où le petit est né, et ils partent en vacances dans la famille en Syrie. Ils sont venus en voiture à Paris où ils ont passé 2 jours avant de prendre leur vol… Et maintenant, ils sont là… Calmes… Pas vraiment curieux de la raison pour laquelle ils sont retenus chez nous, et c’est bien ce qui nous fait penser que, contrairement à nous, ils savent pourquoi.</p>
<p>Le temps passe, et SIRENE a du mal à obtenir les informations. Le consulat de Syrie m’a déjà contacté pour savoir ce qui se passe et je ne peux rien leur répondre. Je décide d’activer le consulat hollandais, espérant pouvoir obtenir des infos par leur biais. Mon interlocutrice est déjà au courant de la situation et vient de recevoir les documents que nous attendons désespérément depuis des heures… en hollandais… forcément. Elle se propose alors de nous les traduire et de nous les faxer. Quoique cela ne soit pas très orthodoxe, j’accepte et la remercie, avec un peu de chance, elle ira plus vite que SIRENE.</p>
<p>Quelques minutes plus tard, SIRENE nous faxe finalement des éléments : nous apprenons alors que la mère de l’enfant est sortie il y a quelques jours d’un hôpital psychiatrique et que la veille, un juge hollandais a placé l’enfant dans une famille d’accueil, sous tutelle des services de protection de l’enfance. Le tout, bien sûr, assorti d’une interdiction de quitter le territoire hollandais.  Le problème étant que les parents n’étaient plus chez eux lorsque le jugement aurait dû leur être notifié et l’enfant leur être enlevé.</p>
<p>Et les parents sont là, assis au poste de police du terminal, s’occupant tranquillement de leur enfant… que NOUS allons devoir leur enlever, alors qu’eux sont libres.</p>
<p>Le consulat m’informe qu’effectivement, deux membres des services de protection de l’enfance se mettent en route depuis le nord des Pays-Bas, en voiture, pour venir récupérer l’enfant. Ils ne seront donc pas chez nous avant au moins 5 heures.</p>
<p>Ayant enfin toutes les informations, nous rappelons alors le magistrat de Bobigny dont nous dépendons pour que celui-ci nous donne les instructions adéquates.</p>
<p>Sans nous l’avouer, nous croisons les doigts pour qu’il nous dise de garder tout le monde chez nous en attendant les services hollandais. Certes, c’est compliqué, les locaux sont inadaptés, inconfortables, par toujours très propres, bruyants, parfois pas très bien fréquentés… mais je crois que je préfère ça à devoir leur annoncer que je leur retire leur bébé de trois mois.</p>
<p>Mais le magistrat prend la décision logique, qui s’impose, mais celle que l’on ne voulait pas entendre : l’enfant va être placé en foyer en attendant d’être pris en charge par les Pays-Bas.</p>
<p>Alors on enclenche la procédure de placement auprès de l’aide sociale à l’enfance.</p>
<p>L’officier de quart passe sa tête par la porte de mon bureau et prononce la phrase que je redoute depuis un moment : « bon, on ne peut plus repousser, il va falloir qu’on leur dise… ».</p>
<p>Comment ? Comment annoncer à des parents qu’on leur retire leur bébé de trois mois ? On ne parle pas la même langue, ils ne sont pas dans leur pays, je suis en uniforme… Comment ? Quels mots ? Et à qui ? Aux deux parents simultanément ? A la mère ? Non, au père.</p>
<p>Alors je fais venir le père, et un interprète. Je ne sais plus ce qu’on lui a dit. Mais je me souviens de sa colère d’homme, puis de ses larmes de père, et de cette phrase qu’il m’a dite en anglais, pour que je la comprenne sans interprète : « it’s my blood ». C’est mon sang.</p>
<p>Et alors l’inquiétude prend le dessus : Qui va s’en occuper ? Personne ne sait s’en occuper comme nous ! Que va-t-il manger ? Où va-t-il dormir ? C’est un bébé…</p>
<p>Il veut fumer… dans nos putains de locaux non-fumeurs… Je lui enlève son fils, et je ne peux même pas le laisser fumer. Alors on sort. Je l’accompagne fumer dehors. L’officier de quart reste avec nous, certes par sécurité, mais aussi pour partager ce poids. L’interprète aussi nous accompagne. L’homme nous parle. De son fils, de son appartement, de sa femme, nous montre des photos de son bébé prise avec son portable les jours précédents, quand leur vie semblait normale.</p>
<p>Il nous demande s’il peut l’annoncer lui–même à sa femme. Pour faciliter les choses, c’est ce que nous voulions. Nous les laissons seuls quelques instants. Enfin presque seuls : la mère ayant un passé psychiatrique, nous ne l’avons jamais laissée seule avec son enfant.</p>
<p>Le responsable du foyer est là, il prend note des heures de sommeil, de repas, de la marque de lait, prend quelques habits que les parents sélectionnent. Et part avec l’enfant. Au moment de partir, il me dit : « vous savez, si on leur retire, ce n’est quand même pas pour rien… ».</p>
<p>Il a raison. Je sais qu’il a raison.</p>
<p>Les parents quittent à leur tour nos locaux, il est 21h15. Ils ne sont plus que deux. Et me remercient.</p>
<p>Je sais qu’il a raison.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/07/13/c%e2%80%99est-mon-sang/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>58</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quand un aéroport international perd ses avions…</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/04/21/quand-un-aeroport-international-perd-ses-avions%e2%80%a6/</link>
		<comments>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/04/21/quand-un-aeroport-international-perd-ses-avions%e2%80%a6/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 14:30:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Loïc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blog-police-recrutement.com/?p=1554</guid>
		<description><![CDATA[<img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/aeroport1.jpg" alt="" title="" width="248" height="306" class="alignleft size-full wp-image-1555" />Depuis que ma vacation a commencé, jeudi après-midi, on ne parle que de ça : un volcan en Islande perturbe tout le trafic aérien européen. Tous les vols vers le nord de l’Europe sont annulés. 

Bon, pour nous, ce sont des voyageurs intra-Schengen, donc non soumis à contrôle, donc on ne peut pas dire que ça ait de grandes implications sur notre travail. Tout le monde prend plutôt ça à la plaisanterie.

Mais on garde quand même un œil sur les chaînes d’info (souvent beaucoup mieux informées que nous) et une oreille sur la radio. 

On comprend alors vite l’ampleur de ce qui arrive : que les vols européens soient annulés est une chose, mais, par l’annulation d’un Paris-New York, on commence à réaliser que même le survol de la zone est interdit…

Crédit photo : ©MENU]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_1555" class="wp-caption alignleft" style="width: 258px"><img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/aeroport1.jpg" alt="©MENU" title="aeroport1" width="248" height="306" class="size-full wp-image-1555" /><p class="wp-caption-text">©MENU</p></div>Depuis que ma vacation a commencé, jeudi après-midi, on ne parle que de ça : un volcan en Islande perturbe tout le trafic aérien européen. Tous les vols vers le nord de l’Europe sont annulés. </p>
<p>Bon, pour nous, ce sont des voyageurs intra-Schengen, donc non soumis à contrôle, donc on ne peut pas dire que ça ait de grandes implications sur notre travail. Tout le monde prend plutôt ça à la plaisanterie.</p>
<p>Mais on garde quand même un œil sur les chaînes d’info (souvent beaucoup mieux informées que nous) et une oreille sur la radio. </p>
<p>On comprend alors vite l’ampleur de ce qui arrive : que les vols européens soient annulés est une chose, mais, par l’annulation d’un Paris-New York, on commence à réaliser que même le survol de la zone est interdit… et les conséquences sont immédiates : en quelques minutes, on apprend que les vols Lahore-Londres, Bangkok-Londres, Singapour-Londres, Los Angeles-Londres vont se poser à Roissy.</p>
<p>La plaisanterie n’aura pas été très longue.</p>
<p>Car pour les effectifs de la frontière, cela signifie que tous ces passagers qui ne devaient pas venir en France, et qui donc ne sont pas forcément en règle pour le faire, vont se présenter pour demander à aller à l’hôtel, et qu’il va éventuellement falloir délivrer des visas à chacun d’entre eux.</p>
<p>Branle-bas de combat : coups de fils aux compagnies pour évaluer le nombre de passagers, comptage des vignettes visas disponibles, prévisions de renforts éventuels pour la délivrance de ces visas, physionomie régulière dans les halls des aérogares pour prévenir tout énervement pouvant conduire à des troubles à l’ordre public…</p>
<p><div id="attachment_1562" class="wp-caption alignleft" style="width: 381px"><img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/aeroport2.jpg" alt="©MENU" title="aeroport2" width="371" height="287" class="size-full wp-image-1562" /><p class="wp-caption-text">©MENU</p></div>En quelques heures, les fonctionnaires auront finalement délivré plus de 260 « laisser passer » (regroupant les personnes selon différents critères) afin de permettre à ces passagers d’être hébergés dans les hôtels de la région.</p>
<p>Le vendredi, nous apprenons que certains organismes de voyage ont invité leurs clients à se présenter à l’aéroport en dépit des interdictions de vol. Et effectivement, beaucoup de gens sont là, devant les guichets d’enregistrement, à attendre une hypothétique solution pour partir en vacances. Hier, nous avons répondu à l’urgence, aujourd’hui, les tensions nous font pencher vers une situation relevant plutôt de la protection de l’ordre public.</p>
<p>D’ailleurs, si le travail en frontière est devenu inexistant, les patrouilles se multiplient, à la fois pour « montrer du bleu » comme on le dit, ce qui peut parfois suffire à faire retomber les tensions, mais surtout pour effectuer une mission beaucoup plus tournée vers le service public : renseigner, orienter, assister des gens qui sont totalement déroutés et souvent démunis face à de telles mesures…</p>
<p><div id="attachment_1563" class="wp-caption alignleft" style="width: 381px"><img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/aeroport3.jpg" alt="©MENU" title="aeroport3" width="371" height="287" class="size-full wp-image-1563" /><p class="wp-caption-text">©MENU</p></div>Après quelques heures, et ce vendredi soir sera à l’image du week-end qui le suit, les aérogares vont se vider, les passagers essayant sans doute de se rabattre sur les trains s’ils le peuvent, certaines compagnies affrétant des bus pour le sud de la France où les aéroports restent ouverts. </p>
<p>Quelques irréductibles campent devant les guichets, d’autres, résignés ou plus généralement coincés ici sans aucune autre solution, prennent leur mal en patience devant leur ordinateur, en errant dans les rares boutiques restées ouvertes. </p>
<p>Dans les postes de police, on attend le résultat de chaque réunion de décideurs pour savoir jusqu’à quand l’aéroport restera fermé.</p>
<p>Une ambiance qui ressemble à celle que l’on rencontre parfois la nuit : calme, silencieuse, tamisée&#8230;le soleil en plus! Comme un air de vacances…</p>
<p>Entre dimanche soir et mardi matin on a dénombré moins de 500 personnes (contre un million en moyenne par semaine) dans tout l’aéroport, et des fonctionnaires qui commençaient à trouver le temps long…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/04/21/quand-un-aeroport-international-perd-ses-avions%e2%80%a6/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>22</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le départ d’une escorte</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/03/11/le-depart-d%e2%80%99une-escorte/</link>
		<comments>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/03/11/le-depart-d%e2%80%99une-escorte/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Mar 2010 10:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Loïc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blog-police-recrutement.com/?p=1435</guid>
		<description><![CDATA[<img src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/avion21-300x224.jpg" alt="avion2" title="avion2" width="300" height="224" class="alignleft size-medium wp-image-1438" />Quand on est, comme moi Lieutenant d’aérogare, on est amené, plus ou moins régulièrement, à prendre une autre casquette, qui est celle de chef de quart. On est alors, le temps d’une permanence, rattaché, non plus à la Division Immigration, mais à l’Etat-Major de l’aéroport.<br /><br /> Les missions peuvent parfois se recouper, mais il en est une qui incombe particulièrement au chef de quart, c’est d’être envoyé sur les escortes. 

Les escortes, souvent, se passent bien… et donc on n’en entend pas parler. Le problème, forcément, c’est plutôt quand ça se passe...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-1438" title="avion2" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/avion21-300x224.jpg" alt="avion2" width="300" height="224" />Quand on est, comme moi Lieutenant d’aérogare, on est amené, plus ou moins régulièrement, à prendre une autre casquette, qui est celle de chef de quart. On est alors, le temps d’une permanence, rattaché, non plus à la Division Immigration, mais à l’Etat-Major de l’aéroport.</p>
<p>Les missions peuvent parfois se recouper, mais il en est une qui incombe particulièrement au chef de quart, c’est d’être envoyé sur les escortes.</p>
<p>Les escortes, souvent, se passent bien… et donc on n’en entend pas parler. Le problème, forcément, c’est plutôt quand ça se passe mal.</p>
<p>La radio annonce : « Les passagers refusent de s’asseoir, le reconduit est très virulent, nous sollicitons la présence d’un officier sur place… »<br />
« Reçu. »</p>
<p>Le téléphone sonne…</p>
<p>Voilà comment débute souvent l’intervention d’un Officier sur une escorte. Il faut réagir vite, en effet, cela signifie en général que dans un avion, c’est à dire dans un espace tout à fait restreint, une escorte policière accompagnant un reconduit, est prise à partie par des passagers qui s’opposent à cette reconduite.</p>
<p>Arrivé au pied de l’avion, je constate que la Compagnie d’Intervention Polyvalente est déjà là, en ligne, casques au coté, jambières attachées, boucliers prêts. Je monte par la passerelle arrière et perçois, dès la porte, la rumeur qui gronde à l’intérieur de l’avion.</p>
<p>Le chef d’escorte vient à moi, me rend compte de la situation : comportement de l’escorté, réaction de l’équipage, attitude du commandant de bord, et conduite des passagers.</p>
<p>Je découvre effectivement que de nombreux passagers sont debout, invectivant les escorteurs, et remarque immédiatement parmi eux les deux individus que le chef d’escorte m’a décrit comme étant les « meneurs » de la contestation.</p>
<p>Je m’avance dans la travée, essayant d’expliquer à certains les tenants et les aboutissants de notre mission. Derrière moi, les collègues de la CIP se sont équipés et positionnés en bout d’allée, prêts à intervenir. La situation est tendue, c’est un échange forcément inextricable et vain entre textes de loi et convictions.</p>
<p>Cette fois, nous avons de la chance, le commandant de bord nous appuie et explique à tous les passagers que le vol ne partira pas tant que tout le monde ne sera pas assis. En vain.</p>
<p>Le calme ne revient pas : les colonnes de la CIP pénètrent simultanément dans les 2 allées, boucliers en protection, puis reculent, emmenant avec elles les deux personnes précédemment désignées.</p>
<p>Malgré cette double interpellation, la situation ne s’améliore pas vraiment, et nous n’avons  plus d’autre choix que de faire descendre l’escorte, à la demande du commandant de bord. En effet, si celui-ci estime que la sécurité de son vol est menacée, il peut demander à ce que l’escorte soit débarquée.</p>
<p>Deux personnes en garde à vue, et une escorte qui reste au sol, c’est un échec.</p>
<p>Les motivations des passagers qui interviennent peuvent être diverses : certains évoquent les Droits de l’Homme qui seraient bafoués, d’autres arguent du fait que notre présence retarde le départ du vol, d’autres encore refusent tout simplement de voyager avec un individu escorté par la police, invoquant des raisons de sécurité.</p>
<p>Dans cette situation, le rôle de l’officier est multiple : il est à la fois l’interlocuteur privilégié du commandant de bord (qui est responsable de la sécurité à bord de l’avion), tout en étant celui qui va tenter de faire revenir le calme à bord, faire procéder à d’éventuelles interpellations parmi les passagers en cas de commission d’infractions, tout en rendant compte en temps réel à sa hiérarchie…</p>
<p>Heureusement, il y a des escortes qui se déroulent beaucoup mieux.</p>
<p>A l’occasion d’une permanence récente, on m’annonce ainsi qu’il y aura dans l’après-midi une escorte de deux personnes (plus cinq escorteurs), qui voyage avec un reconduit sans escorte, sur une destination sensible… autant dire que je me prépare dès le début à devoir intervenir.<br />
D’ailleurs, je prends les devants et vais prendre contact avec la chef d’escorte, qui m’informe alors, que, pas de chance, le vol aurait de une à trois heures de retard… A la tension habituelle vont donc s’ajouter l’impatience, l’exaspération et la fatigue de tout le monde…</p>
<p>Finalement, c’est seulement 45 minutes plus tard que la chef d’escorte me rappelle pour m’annoncer qu’ils sont déjà à bord… Je me rends rapidement au pied de l’avion, prêt à intervenir en cas de besoin…</p>
<p>15 minutes plus tard, les portes se ferment, l’avion commence à rouler, et j’annonce :<br />
« Concernant le vol xxxx, je vous informe que l’avion est au roulage, je quitte les lieux, aucun incident à déplorer. »</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blog-police-recrutement.com/2010/03/11/le-depart-d%e2%80%99une-escorte/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>11</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un très long lundi matin…</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/12/09/un-tres-long-lundi-matin%e2%80%a6/</link>
		<comments>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/12/09/un-tres-long-lundi-matin%e2%80%a6/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 14:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Loïc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blog-police-recrutement.com/?p=1240</guid>
		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1241" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/T1nuit.jpg" alt="" width="306" height="230" />Il est des lundi matins encore plus pénibles que les autres…

- « Allô…Lieutenant ? Oui, on vient de nous prévenir qu’on avait un malaise grave à bord du Chicago… Les SP (Sapeurs Pompiers) et le SMU  (le Service Médical d’Urgence de Roissy) ont déjà été avisés, vous pouvez y aller ? »

Bon. Un malaise, ça va. Un malaise grave, ça craint. Je prends un collègue avec moi. Nous sommes accueillis en porte d’avion par l’un des membres de la compagnie qui nous explique ce qui se passe : une femme, de nationalité américaine...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1241  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/T1nuit.jpg" alt="" width="306" height="230" /></p>
<p>- « Allô…Lieutenant ? Oui, on vient de nous prévenir qu’on avait un malaise grave à bord du Chicago… Les SP (Sapeurs Pompiers) et le SMU  (le Service Médical d’Urgence de Roissy) ont déjà été avisés, vous pouvez y aller ? »</p>
<p>Bon. Un malaise, ça va. Un malaise grave, ça craint.</p>
<p>Je prends un collègue avec moi. Nous sommes accueillis en porte d’avion par l’un des membres de la compagnie qui nous explique ce qui se passe : une femme, de nationalité américaine s’est effondrée dans le couloir pendant le voyage. Elle est accompagnée de son mari.</p>
<p>Nous pénétrons dans l’avion. Tous les passagers ont été maintenus dans l’appareil, déjà au contact depuis 10 bonnes minutes. Il fait une chaleur moite, étouffante. La tension est palpable, et je comprends vite pourquoi.</p>
<p>Depuis l’entrée, je vois au bout du corridor un pompier en train de prodiguer un massage cardiaque sur la femme, allongée au sol dans l’allée… vaguement cachée par une couverture que tient un autre pompier. Autant dire devant tout le monde.</p>
<p>Le mari, visiblement complètement dépassé, a été assis plus loin pour ne pas avoir à assister à cela.</p>
<p>Les médecins du SMU arrivent sur place, et le diagnostic tombe immédiatement : décédée.</p>
<p>Bon. Cette fois c’est sûr, ça craint vraiment.</p>
<p>J’explique à l’un des agents de la compagnie comment nous allons procéder. Il se propose immédiatement de prendre en charge le mari de la victime afin de l’assister dans les premières formalités. Je lui suis extrêmement reconnaissant. C’est une chose difficile d’accomplir des actes de police dans un lourd contexte émotionnel, et qui s’avère encore plus compliquée du fait de la barrière de la langue : certes, je parle un peu anglais, mais être aidé par un civil bilingue, dans ces situations, c’est un vrai luxe !!</p>
<p>Après un entretien rapide avec le mari qui évoque un lourd passé cardiaque, et l’examen du corps, qui me paraît durer une éternité, observé par une centaine de paire d’yeux, le médecin conclut à une mort naturelle.</p>
<p>Nous faisons alors débarquer les passagers, qui sortent enfin, visiblement soulagés de pouvoir reprendre le cours normal de leur vie.</p>
<p>Puis, étape par étape, il faut faire son boulot : transport du corps au service médical, constatations, audition du mari (préparée à l’avance afin de le préserver), remise des effets personnels de la femme (que les médecins m’avaient confiés) au mari, récupération des bagages, contact avec la famille aux Etats-Unis… Autant de démarches chargées en émotion.</p>
<p>Et puis voilà, je suis arrivé au bout de mon rôle… Il faut ensuite expliquer au mari quelles démarches il devra accomplir seul, dans un pays étranger et dans une langue qu’il ne maîtrise pas… et lui dire au revoir, bon courage… Tous ces mots qu’il n’entend même plus…</p>
<p>Je retourne à mon bureau, cinq heures après en être parti. Vidé. En essayant de me persuader que j’ai fait ce que j’aurais voulu qu’on fasse pour moi dans une pareille situation : qu’on me traite avec professionnalisme.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/12/09/un-tres-long-lundi-matin%e2%80%a6/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>29</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Premiers pas à Roissy</title>
		<link>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/11/02/presentation-2/</link>
		<comments>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/11/02/presentation-2/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 02 Nov 2009 10:55:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
				<category><![CDATA[Loïc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.blog-police-recrutement.com/?p=1064</guid>
		<description><![CDATA[<img class="alignleft size-full wp-image-1066" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/loic1.jpg" alt="" width="301" height="227" />Bonjour, je m’appelle Loïc, j’ai 29 ans, et je suis Lieutenant de Police, affecté à la Police Aux Frontières, en poste à l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle depuis maintenant deux ans…et pour être tout à fait honnête, quand j’ai décidé d’être flic, je ne me voyais pas vraiment dans la peau d’un garde-frontière… Ma vocation est née pendant mes études : je me destinais à du journalisme, alors je suis entré à L’Institut d’Etudes Politiques de Lille…où je me suis découvert une passion pour la vie étudiante nocturne… Résultat : un renvoi de cette école dès la fin de la première année… Bon, il fallait trouver autre chose. Je me suis alors inscrit en fac de droit à Lille...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1066  aligncenter" src="http://www.blog-police-recrutement.com/wp-content/uploads/loic1.jpg" alt="" width="301" height="227" /></p>
<p>Bonjour, je m’appelle Loïc, j’ai 29 ans, et je suis Lieutenant de Police, affecté à la Police Aux Frontières, en poste à l’aéroport de Roissy Charles De Gaulle depuis maintenant deux ans…et pour être tout à fait honnête, quand j’ai décidé d’être flic, je ne me voyais pas vraiment dans la peau d’un garde-frontière…</p>
<p>Ma vocation est née pendant mes études : je me destinais à du journalisme, alors je suis entré à L’Institut d’Etudes Politiques de Lille…où je me suis découvert une passion pour la vie étudiante nocturne… Résultat : un renvoi de cette école dès la fin de la première année…</p>
<p>Bon, il fallait trouver autre chose. Je me suis alors inscrit en fac de droit à Lille, où j’ai orienté mes choix de matières vers le droit pénal et tout ce qui s’y rapportait. Mon véritable intérêt pour ces matières m’a mené jusqu’à un Master 2 de Droit Pénal des Affaires à la fac de Montpellier.</p>
<p>Mais après le confort des études, il a fallu finir par faire des choix parmi les concours qui me permettraient d’utiliser ce que je m’étais évertué à apprendre pendant toutes ces interminables années.<br />
J’ai donc passé les concours de commissaire et d’officier de police. J’ai raté les écrits d’officier mais suis allé jusqu’au oraux de patrons…ratés aussi.</p>
<p>Heureusement pour moi, il existe une passerelle pour ceux qui sont allés jusqu’aux oraux de patrons, une sorte de deuxième chance permettant, en passant un oral supplémentaire d’intégrer le corps des officiers…et me voilà en train d’intégrer cette école 6 mois à peine après la fin de mes études.</p>
<p>Je ne reviendrai pas sur la scolarité en elle-même, qui a déjà été évoquée ici par d’autres blogueurs, en revanche, je vais vous parler de mon métier, au quotidien, en commençant par le début : mon affectation à la « Direction de la Police Aux Frontières des Aéroports de Roissy Charles de Gaulle – Le Bourget ».</p>
<p>Mon but, en venant écrire ici, est en effet de présenter une facette qui me semble non seulement mal connue du boulot de flic, mais qui est en plus mal comprise et en général pas très appréciée…c’est vrai que la PAF, vue comme ça, de loin, ça peut ne pas paraître très glamour… mais vue de l’intérieur, croyez-moi, ça vaut le coup !</p>
<p>Une aiguille dans un boite d’épingle. C’est un peu comme ça que je me suis senti en arrivant dans mon service en sortant d’école. Et pour cause, Roissy, c’est le 5ème aéroport au monde en terme de trafic de passagers (≈ 61 millions en 2008), implanté sur 3200 hectares (environ 1/3 de la superficie de la ville de Paris) répartis à cheval sur 3 départements, assurant l’emploi de 90 000 personnes dans 700 sociétés… Le tout sous la surveillance de 1500 fonctionnaires de police… c’est à dire un service énorme et forcément tentaculaire !</p>
<p>Je vous laisse imaginer l’organigramme : 1 Contrôleur Général comme « big boss », 6 commissaires dont 3 divisionnaires, une petite cinquantaine d’officiers, et tout le reste des effectifs réparti entre gardiens et gradés…organigramme déjà complexe auquel il convient d’apporter constamment des modifications au gré des mutations, changements de grades et donc souvent de services en interne, sorties d’écoles affectées chez nous…il n’est pas rare d’évoquer un collègue dans une conversation et d’apprendre qu’il a changé de service depuis 6 mois, ou pire, qu’il est parti en « mut’ » depuis 1 an…</p>
<p>Bref, vous l’avez compris, en arrivant à la PAF Roissy, on se sent pris dans une énorme machine en perpétuelle activité. Il faut des mois pour réussir à ne pas se perdre entre les aérogares et ne pas avoir à faire comme les millions de touristes plantés au milieu des aérogares, le nez en l’air à essayer de déchiffrer les panneaux plus ou moins clairs, déplier un plan et faire demi-tour au milieu d’une ligne droite en se rendant compte que l’on n’est pas dans la bonne direction… et le pire… devoir demander son chemin à un collègue croisé par hasard et qui vous indique votre chemin avec un sourire au coin des lèvres…</p>
<p>Combien de fois m’a-t-il fallu mettre mon orgueil de côté et attendre qu’un collègue soit disponible pour m’emmener d’un point à un autre, que ce soit à pied ou en voiture… ? Sans parler des déplacements sur pistes… là, pas de panneaux. Juste le tarmac à perte de vue, où l’on croise des poids lourds, des bus, des camions citernes, des portes bagages, des berlines siglées du nom de compagnies aériennes, des camions de pompiers, et des avions… et où l’on ne peut se fier qu’au marquage au sol, parfois tellement passé par le soleil et la pluie, que par temps de pluie ou de brouillard, il n’est pas rare de se retrouver au milieu d’un « no man’s land »… où la moindre erreur peut être délicate : Vous vous imaginez face à face avec un avion ?? Une voiture posée derrière un réacteur au moment où le pilote met les gaz c’est minimum 5 tonneaux garantis ! C’est pourquoi dans les premiers jours de son affectation, chaque fonctionnaire passe une demi-journée dans une salle de réunion pour passer son « permis piste » : un diaporama, expliquant les risques, les sens de circulation, les différentes zones autour des aéronefs, le tout sanctionné par un petit questionnaire récapitulatif.</p>
<p>Depuis récemment, ce stage est accompagné d’une mise en pratique qui vous permet d’acquérir finalement le précieux sésame…Et malheureusement, le sens de l’orientation n’est toujours pas fourni avec…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.blog-police-recrutement.com/2009/11/02/presentation-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>34</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

