Ma première nuit
Vendredi 16 décembre 2011
Après trois mois de stage au commissariat du 19ème à Paris, je change d’affectation.
Il faut vous dire qu’à mon époque (eh oui papy !), pas de stage pendant la formation mais une période de 6 mois de CI (Compagnie d’Instruction) à l’issue de la scolarité. Trois mois en service dit « à bitume » (gardes ambassades, consulats et ministères…) et trois mois dans un service dit « normal ».
Paris. Juin 1982. 9h du mat’… J’ai des frissons… Je rigole. Prise de service des stagiaires. Première illusion et… Première désillusion. Mon groupe ne commence qu’à 23h30. Merci et à ce soir.
A l’heure dite, revêtu de mon uniforme immaculé, je suis prêt à agir dès maintenant. Bonne surprise, je suis en Police Secours pour ma première nuit. Café pris avec les anciens. Enfin, c’est moi qui rince tout le monde.
Crédit photo : ©DGPN/SICOP
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Durant sa carrière un policier de terrain est confronté à toutes sortes d’individus. Des bons. Des méchants. Des gentils. Des bizarres. Bref des hommes, des femmes qui nous ont marqués pour la vie. Souvenirs éprouvants parfois. Agréables heureusement et c’est d’une petite partie de ceux-ci dont je vais vous parler aujourd’hui. Les autres, les méchants et les bizarres j’en parlerai plus tard mais sur un autre support littéraire. Chapeau mou attendait la livraison du journal devant le commissariat dès quatre heures du matin. Pourquoi si tôt ?
Allongé sur le dos, piqué de mille aiguilles et de sondes diverses. Il est bien mort. Mort naturelle.
Les élèves gardiens de la paix ont durant leur scolarité un stage de 10 semaines consécutives dans un service actif de la police nationale. Ayant le choix de leur lieu de stage, nous accueillons donc régulièrement des élèves dans notre commissariat.
Une matinée de plus à tourner sans autre but que d’assurer la tranquillité publique. Rien. Il ne se passe rien. Il fait chaud. Personne dans les rues. Le chauffeur nous promène. L’élève gardien de la paix somnole un peu à l’arrière du véhicule. Le flegme réunionnais sans doute. Et moi, je surveille la ville. Bref, une grande journée de police bien longue et monotone s’annonce. Erreur ! L’officier de police judiciaire est appelé pour une personne ne répondant plus aux appels dans un des quartiers de la ville. Ce genre d’intervention…
Entré dans la police nationale le 1er octobre 1981, au CAPU de Vincennes (actuellement ENP Paris), j’y ai appris les bases du métier de policier durant 5 mois. A la sortie de l’école, j’ai effectué ma période de Compagnie d’instruction sur le pavé parisien pendant deux mois sur le 19ème arrondissement puis deux mois sur le 8ème arrondissement. Je suis ensuite affecté sur le 18ème arrondissement en septembre 1982, pendant quelques années au Service général Brigade J1 (Poste de Grandes carrières), puis ensuite en UMS (Unité Mobile de Sécurité) (Vigie Dancourt Quartier des Abbesses)…

